‹ SigurdChapitre 8 sur 59 · D ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

D ACTE PREMIER

Fêtons Gucther, fêtons ses hôtes, Gloire aux envoyés d’Attila! | Gunther prenant place au milieu sous un dais. Rudiger et ses compagnons à sa droite à la place d'honneur

GUNTHER

J'aime à voir assis à ma table Avec vous, mes guerriers, ces chefs pleins de valeur Que le noble Attila, roi d’un peuple innombrable Envoya vers ma sœur.

Emplissez ma coupe profonde,

Versez l'hydromel à la ronde,

Amis, avec moi buvez tous!

Au roi des Huns, à ses guerriers, à vous!

LE CHOEUR

Que les échos des salles hautes > Répètent un joyeux hurrah,

Fètons Gunther, fêtons ses hôtes,

Gloire aux envoyés d’Attilal

HAGEN, se levant.

Donnons encor ce soir aux fêtes:

Pour de nouveaux combats, nous partirons demain, Voyez à ces parois briller nos armes prêtes.

LE CHOEUR, à Gunther.

De quelles nouvelles conquêtes Vas-tu nous montrer le chemin ?

GUNTHER

Hagen, prends ta harpe sonore Et devant les guerriers assis à ce festin,

Au roi Gunther redis encore Le chant de Brunehild, prisonnière d’Odin,

HAGEN

Il est une île sombre où le sol calciné Cache des lacs de feu sous des pleines de neige.

8 SIGURD Autour d'elle mugit l'Océan déchainé, De ses noirs tourbillons la tempête l’assiège.

LE CHŒUR

C’est l'Islande.

GUNTHER

C'est là que je veux, mes amis, Portant la lance et la framée, Combattant seul contre une armée, Conquérir un trésor sans prix!

LE CHOEUR

Le froid, le feu, la nuit ni l’onde

N’arrêtent les cœurs généreux,

Nous te suiv'ons au bout du monde, Roi valeureux.

HAGEN

Odin, dieu farouche et sévère, Odin qui voit dans sa colère Trembler le monde épouvanté, Odin, de courroux transporté Un jour chassa du ciel une vierge guerrière Qui, pour combattre sur la terre, Ava osé quitté le séjour enchanté.

C'était Brunehild, la plus belle, Ses sœurs intercédant pour elle, N'ont pu fléchir le dieu cruel!

La Valkyrie est condamnée

A subir notre destinée

En entrant au lit d’un mortel.

: Qu'un guerrier au cœur fier se lève, Qu'il marche hardi vers la grève Où flamboie un château de feu!

Que brisant tes fers, à déesse!

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