‹ Silhouettes canadiennesChapitre 1 sur 36 · A L'HABITATION · texte numérisé non relu

A L'HABITATION

0 mm 1615)

— la nuit a' linr.

I i Humés à l'a

amplain mi>M«um

bru\ ■ — < . \\«(

iuHj nid le venl pan

; »lu^ au \

2 SII.IIOl !

l'une <lrs cheminées, la fumée s'échappait encore et montait

distincte, dans la demi-obscurité.

Malgré la fatigue du voyage, malgré rheure avancée, Champlain ne songeait pas au repos. Trop d'espéran trop de souvenirs peuplaient pour lui ce coin de terre ign

Jusque-là, Chainplain n'avait pu emmener de missionnaires. Son manque de ressources et le mauvais vouloir des compagnies l'en avaient toujours empêché. Aussi sa joie était grande d'en voir à Québec, et passionnément heureux de se retrouver à son foyer, il se plaisait à regarder le feu, en causant avec le Père Jamay, supérieur de la nouvelle mission.

Les flammes de Pâtre éclairaient souvent le crucifix, placé sur lavcheminée. Par instants les grandes lueurs faisaient briller les lis d'or du drapeau pendu à la poutre. Mais les murs de la salle disparaissaient dans l'ombre avec tous les détails mesquins, et la forêt environnante projetait sur le rude foyer une étrange et poétique grandeur.

— Est-ce le berceau d'un peuple ? demanda tout-à-coup Champlain avec une émotion visible. Y aura-t-il sur les bords du Saint-Laurent une autre France ?

— En doutez-vous ? répondit le missionnaire qui leva sur lui un regard brillant.

— J'ai marché sur bien des feuilles mortes, dit le grand explorateur . . . sur bien des feuilles mortes ... et sur bien des espoirs anéantis.

— Mais aussi, répliqua le religieux, souriant, vous a^

des noyaux devenir des arbres, vous avez vu des espoirs réalisés.

— Ah ! mon Père, s'écria douloureusement Champlain, que dites-vous!... c'est surtout aux rêves accomplis qu'il faut mourir. . . Le 3 juillet prochain, il y aura sept ans que j'arborais ici le drapeau de la France. . . sept ans que je donnais

niche à un • il n'y a

|U€ I»- |»' tan-

LU boni »:•

i brusquement et se mit à r de long en large

tes, avec les grands 1 des

— fflt sa place,

écout t la respiration du

qu'une 1 1 soir

illei L608, paraissn n autre-

Ce rameau d< !

, comme je I grandir ! 1

— . il g]

— ii, il le faut bien 1

les sauvages, j'ai réussi à fc ^ ces marchands ne songent

bibelots s fourrures

bientôt

>e, la flamme de Kf vmx noirs <li Mais le Récollet avait m forts tomfo Il fut .lit avec

qui n à une grande a

n homn I Mais

ii s'appelle la gl- \

t lu i

4 SI I.l IOI ! WAI'IIA'

•• J'ai planté, disait .saint Paul, j'ai arrosé, m

Dit u qui donnera l'accroissement.*1

In sourire éclaira Le visage bronzé de Cliamplain.

— J*espère, «lit-il, mais je n'en suis pas moins comme un

père condamné à voir son enfant languir, chétif, souffre

«t t'est si amer.

— Après la foi, la souffrance est la plus grande des for C'est la souffrance qui fait le travail généreux de 1;.

\ it . . . D'ailleurs, vous le savez, l'œuvre que vous ayez entreprise entraîne des frais infinis et conviendrait plus à une nation qu'à des particuliers.

— Oui, mais la France est fille de la guerre et de la gloire . . Ses forces vives se dépensent sur les champs de bataille. . . Le Français n'émigre pas volontiers. . . Et à ceul qui sont en mal de colonisation le roi accorde tout au plus le privilège de la traite. . .

— Et vous êtes réduit à faire petitement une grande œuvre, à vous associer des marchands qui vous entravent, qui ne comprennent rien à la beauté, à la noblesse de vos vues.

— C'est un conflit toujours renaissant d'intérêts personnels. . . Un amas de petitesses écrase l'œuvre de ma vie.

Il était devenu triste. Un mortel — même héroïque — ne se défend pas toujours de la lassitude et du dégoût. Le Récollet le savait et il dit vivement :

— Monsieur, il n'y a rien sur terre de plus grand que le travail obscur, que le travail ingrat ; et en ce monde on ne construit, on n'édifie rien que par le sacrifice.

Champlain ne répondant point, le religieux reprit :

— Une fois l'été fini l'isolement est absolu à Québec ?

- — Oui, et l'on dirait que les Français ne peuvent supporter d'être sans communications avec le monde civilisé. damais je n'oublierai le regard de mes hommes, quand le

Page 1