FRAGMENT D'IDYLLE
A HECTOR BERLIO Z.
L'autre jour, un chanteur assis au pied d'un frenc
En sons mélodieux épanchait son haleine,
Et les sons émouvants, dans leur sublime essor ,
Semblaient, sans qu'on les vît, autant de chaînes d'or
Qui liaient à ses flancs nos frémissantes âmes ;
Et lui, comme en délire et le visage en flammes,
11 disait : « La musique est un vin généreux
Qui fait battre le cœur et rayonner les yeux.
Aussitôt qu'à flots doux il pénètre les veines ,
Baume réjouissant, il dissipe nos peines.
C'est lui qui des héros excite le grand coeur,