‹ SilvesChapitre 64 sur 119 · UN RAYON DE SOLEIL · texte numérisé non relu

UN RAYON DE SOLEIL

Qui pei^t voir les trésors de vos têtes blondines,

Vos prunelles d'azur, vos lèvres purpurines

Toujours prèles à rire et prêtes à jaser,

Sans avoir le désir d'y placer un baiser ?

Que d'autres, enflammés d'une vertu stoïque

Et poursuivant, l'œil haut, quelque but héroïque,

Dédaignent en chemin de s'arrêter un peu

Pour respirer les fleurs qu'à leurs pieds sème Dieu ,

Pour moi je ne le puis : j'ai besoin que sans cesse

L'enfance avec sa voix tendrement me caresse,

Et du haut de mes ans me ramène le cœur

Aux jours insouciants de sa frivole ardeur.

J'ai besoin d'oublier aux bruits de sa folie

Les cris assourdissants de l'orageuse vie ,

Le monde aux plaisirs creux, et plein de fausseté,

Et de me retremper en sa naïveté.

Comme au courant d'une eau d'autant plus pure et belle

Qu'elle brille encor près de la source éternelle.

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