UN RAYON DE SOLEIL
Qui pei^t voir les trésors de vos têtes blondines,
Vos prunelles d'azur, vos lèvres purpurines
Toujours prèles à rire et prêtes à jaser,
Sans avoir le désir d'y placer un baiser ?
Que d'autres, enflammés d'une vertu stoïque
Et poursuivant, l'œil haut, quelque but héroïque,
Dédaignent en chemin de s'arrêter un peu
Pour respirer les fleurs qu'à leurs pieds sème Dieu ,
Pour moi je ne le puis : j'ai besoin que sans cesse
L'enfance avec sa voix tendrement me caresse,
Et du haut de mes ans me ramène le cœur
Aux jours insouciants de sa frivole ardeur.
J'ai besoin d'oublier aux bruits de sa folie
Les cris assourdissants de l'orageuse vie ,
Le monde aux plaisirs creux, et plein de fausseté,
Et de me retremper en sa naïveté.
Comme au courant d'une eau d'autant plus pure et belle
Qu'elle brille encor près de la source éternelle.