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L'ABEILLE

Dis-moi, dis-moi, petite abeille, Où donc t'en vas-tu si matin?

Aucune cime encor vermeille Ne brille sur le mont voisin.

Les petites fleurs parfumées Dans les buissons dorment, hélas !

Toutes encore bien fermées, Le corps penché, la tête en bas.

Et toi, tu fatigues ton aile, Déjà tu te mets en chemin :

Dis-moi, dis-moi, ma chère belle, Où donc t'en vas-tu si matin?

Chercher des sucs. — Ah ! prends haleine, Ne t'épuise pas à courir; Car je vais t 'apprendre où sans peine Tu peux toujours en recueillir.

Tu connais bien celle que j'aime, Ma Juliette aux tendres yeux ; Ses lèvres ont un charme extrême, Une douceur digne des cieux :

Va donc sur sa bouche vermeille Ravir le baume des amours ; C'est le miel divin, chère abeille !

Suce-le bien, suce toujours.

Imité du Sicilien Meli.

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