A JEANNE DARC
C'est là que tu tombas, héroïne au cœur bon, Victime du malheur et de la trahison ; C'est là que commença ta cruelle agonie, Qui devait s'achever au feu d'un incendie. Horreur! Depuis ce jour pourtant la France en pleurs A couronné ton nom de sublimes honneurs; Sainte fille, en maints lieux s'élèvent tes statues, Et tes vertus partout, sur les cordes tendues Des lyres, sonnent haut... C'est juste, mérité; C'est le bon mouvement d'une société Réparant de son mieux le forfait exécrable D'un pouvoir étranger. Mais, ô vierge admirable, Pour toi qui tant souffris, ces hommages, hélas! Ne sont que pur néant, car tu ne les sens pas... Heureusement que Dieu dans son giron immense Te garde avec la vie une autre récompense.
Ville de Compiègne, 1854.