LE TOMBEAU
Je fus, un jour de mai, Voir le lit de verdure Où celle que j'aimai Dort, pauvre créature!
Un rosier des plus verts Fleurissait auprès d'elle :
Il embaumait les airs De son odeur nouvelle.
Je restai bien longtemps Devant, les yeux en larmes.
Les tombes au printemps Revêtent tant de charmes!
Quand je voulus partir, L'arbre à la fleur divine,
Semblant me retenir, M'accrocha d'une épine.
Las! je crus un moment Que l'âme de ma mie Avait en mouvement Mis la branche fleurie;
Et je pensai soudain Au temps où, douce chose!
Me retenaient sa main Et ses lèvres de rose.