‹ Silves et rimes légèresChapitre 65 sur 244 · LE TOMBEAU · texte numérisé non relu

LE TOMBEAU

Je fus, un jour de mai, Voir le lit de verdure Où celle que j'aimai Dort, pauvre créature!

Un rosier des plus verts Fleurissait auprès d'elle :

Il embaumait les airs De son odeur nouvelle.

Je restai bien longtemps Devant, les yeux en larmes.

Les tombes au printemps Revêtent tant de charmes!

Quand je voulus partir, L'arbre à la fleur divine,

Semblant me retenir, M'accrocha d'une épine.

Las! je crus un moment Que l'âme de ma mie Avait en mouvement Mis la branche fleurie;

Et je pensai soudain Au temps où, douce chose!

Me retenaient sa main Et ses lèvres de rose.

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