ÉPILOGUE
sant à l'abbé, qui est son vis-à-vis.
VOUS pas comme moi dans la vision de l’ami
Paul une sorte d'avertissement qui devrait sti- ‘Muler l’enrôlement ?
Le curé eut un petit hochement de tête plutôt négatif.
—Hum! fit-il, l’enrôlement, l’enrôlement, c’est Mais Pourquoi, messieurs les An-
‘que vous autres.
— N’exagérons rien, interrompit le marié, qui €n un pareil jour Pouvait se Permettre bien des libertés. Votre COmparaison avec l'Alsace et la
Pologne ne me paraît pas juste, Monsieur le
curé. Il n'ya Pas ici de lieutenant Von Forstner Pour fouetter les infirmes à Coups de plat de sabre
comme à Saverne, non plus que de maîtres d’éccie pour enseigner l’allemand aux enfants à coups de bâton comme en Pologne. Qu'il se commette chez nous des abus de pouvoir, hélas! ce n’est que trop vrai. Mais c’ést le propre de toute autorité, quand elle ne sent pas le frein; d’abuser de sa force et de l’exploiter outre mesure.
— Sous ce rapport, dit un des jeunes confrères de Belmont, l’une des têtes chaudes de la presse québecquoise, il ne manque pas d’Allemands par chez nous; j'en connais qui ne seraient point fâchés d'introduire ici le régime de fer et de faire leurs petits Bismarck.
— Heureusement, reprit Paul, les minorités ont dans notre excellente constitution le frein qu’il faut pour morigéner les majorités quand celles-ci ruent trop fort. Ne confondons donc pas nos petites disputes locales, qu’on peut régler en famille, avec la guerre mondiale du Droit contre la Force. C’est le jour et la nuit. Comme groupe ethnique, l’élément de langue française en Canada est numériquement supé-