‹ Similia similibus, ou, La Guerre au CanadaChapitre 10 sur 20 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

ou le tic-tac des horloges qui venaient de sonner cinq heures.

A l'intérieur d'une de ces paisibles habitations de cultivateur où nous conduisons encore une fois le lecteur, cette paix profonde allait pourtant être troublée dans quelques minutes par un incident dont on parlerait longtemps sous le chaume, et même, qui sait aussi? dans les gazettes.

La chambre la mieux meublée de la maison était pour le moment occupée par trois personnages qui, à en juger par leur attitude et leur silence, n'avaient rien à se dire.

Les rideaux avaient été soigneusement tirés sur l'entière largeur des croisées toutes grandes ouvertes pour laisser circuler l'air, ce qui créait dans la pièce un demi-jour reposant et légèrement rafraîchissant, par contraste avec l'ardente lumière extérieure. Dans une embrasure, un jeune homme sérieux et imberbe semblait très absorbé par la lecture d'un magazine anglais dont les pages enluminées étaient placées de manière à recevoir le peu de jour qui pût filtrer par l'écart des rideaux.

A l'autre extrémité de la chambre, une jeune fille, en fraîche toilette blanche et dont la personne semble fort agréable pour autant qu'on puisse discerner ses formes, agite très consciencieusement un élégant éventail de plumes audessus d'un canapé près duquel elle est assise. Il est vrai que le canapé n'est pas vide. Il y a là un autre jeune homme, celui-là à moustache prononcée, apparemment plongé dans un profond sommeil, à en juger par son immobilité.

Mais voilà que tout à coup son être s'agite fiévreusement, à la joie manifeste de sa veilleuse. Ses lèvres s'entrouvrent presque aussitôt pour laisser échapper de petits cris étouffés; puis il porte brusquement les deux mains à son cœur, appelant, d'une voix faible, à peine perceptible:

— Helpl Jimmyl

Aussitôt le liseur attentif jette son livre à terre, entrouvre le rideau et accourt auprès du dormeur.

Celui-ci ouvre de grands yeux ébahis, se fait un petit massage de tête avec ses deux mains comme quelqu'un qui cherche à rattraper ses

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