Etudes sur Bayonne, Rép. au vie. de Castillon
5. La lettre du roi qui contient ces détails ajoutait que Simon pour* rait prendre telles mesures qu'il croirait utiles, au sujet de l'échange de Bourg et de Fronsac, dont Guillaume de Chaeny était venu entre*
Un moine nommé Gaillard, de la famille des Rostein, avait pris sans doute une part active à l'émeute du 28 juin, car il fut très vivement poursuivi. Le comte lui interdit l'entrée de Bordeaux, et défendit que personne eût avec lui le moindre commerce. Elu cependant doyen de Saint-Seurin, le comte attaqua la validité de son élection. Gaillard se rendit alors en cour de Rome (à Lyon) ; le comte Yj suivit, le décria auprès du pape et lui intenta un procès devant la curie romaine; pendant ce temps, il faisait enlever ses troupeaux, couper ses moissons, vendanger ses vignes. Le malheureux doyen, évaluant plus tard en argent et ces pertes et les injures dont il avait été accablé, réclama du comte la somme considérable de seize cent six marcs d'argent*.
Ainsi traqués de toutes parts, les partisans de Rostein s'adressèrent au roi et lui envoyèrent deux députés : Guillaume Bener, et un moine, autre fils du vieux Rostein. Henri III parut d'abord compatir à leur infortune *, mais l'arrivée du chef de la faction contraire, Guillaume-Raimond Colon % maire de Bordeaux depuis lé 28 juin, modifia cette première impression : les députés et leurs amis furent arrêtés et conduits à la Tour de Londres; le conseil décida qu'ils seraient traduits devant la cour de Gascogne^. En vertu de cette décision, quand Simon vint en Angleterre (mai 1250), on remit entre ses mains Pierre Delsoler, Guillaume-Arnaud Muneder et Vidal Lecomte, qu'il ramena avec lui; mais au lieu de les faire passer en jugement, il les mit en prison'', et ne les relâcha pas qu'ils n'eussent payé une forte rançon. Rarement le mépris de toute légalité fut poussé plus loin.
La Réole fût châtiée à son tour. Plusieurs membres de
tenir le roi de la part du comte (Lettre du 30 novembre 1249 dans Rymer).