‹ Simon de Montfort, comte de Leicester: comte de Leicester, sa vie (120?-1265Chapitre 31 sur 232 · Mat. Paris, V · texte numérisé non relu

Mat. Paris, V

Ch. Bémont. Simon de Mont fort, 3

nouvelle trêve^ qui devait durer cinq années ^ C'était un beau succès, d'autant plus opportun que la Gascogne profitait de l'absence du comte pour s'agiter à nouveau.

Le 26 mars, en eflfet, Simon de Montfort écrivait de Paris à Henri III % que certains chevaliers de Gascogne, dont il avait pris les terres, et qui n'osaient les réclamer devant la cour de Gascogne, s'étaient décidés à les revendiquer les armes à la main. « Et ils sont certaine* ment entreliés, eux et leurs amis. J'apprends qu'ils commenceront tôt après cette Pentecôte (15 mai) de courir en la terre ; mais quel pouvoir ils auront, je ne puis mie encore être certain D'autre part, par ost ne peut-on pas

arrêter de telles gens, de la manière qu'ils font la guerre, car ils ne feront que piller et brûler le pays, prendre les habitants et les mettre à rançon, chevaucher de nuit à la façon des larrons, par bandes de vingt, trente ou quarante. » Il faut donc que Simon aille trouver le roi en Angleterre, avant de se rendre en Gascogne. Il sait d'ailleurs qu'on a fait entendre « moût de senestres choses » de lui, il veut se justifier. En attendant, il a envoyé à Bordeaux son lieutenant. Vital de Caupenne, chargé de tout surveiller et de tout empêcher jusqu'à l'arrivée du sénéchal.

La permission que Simon demandait ainsi en termes respectueux lui fut sans doute accordée, car il débarqua en Angleterre le 2 mai avec Richard de Cornouailles, qui revenait de Lyon avec un brillant cortège '. Il obtint sur le champ l'argent qu'il demandait; à la fin du mois il rentrait en Gascogne.

Il avait fait assez grande diligence, et son lieutenant l'avait assez habilement remplacé pour qu'il trouvât la situation moins compromise qu'il ne l'avait craint d'abord. Les Compagnies j dont il parlait plus haut, n'avaient pas

1. D'après un acte transcrit au registre J. J. 26, fol. 324, la trêve devait aller du 21 mars au 29 septembre, et de là se prolonger pendant 5 ans. La lettre du chapelain d Alfonse donne une indication un peu différente.

2. Cette lettre, inexactement publiée par Shirley, II, 52, et dont on trouvera le texte à TAppendice, n® 4, est rapportée par l'éditeur à Tannée 1249 ; mais si on la rapproche de la lettre du chapelain d'Alfonse et des passages de Mat. Paris allégués plus haut, on verra qu'elle est de 1250. Elle est datée de Paris la veille de Pâques qui, en 1250, tombe le 27 mars.

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