‹ Simon de Nantua ou Le Marchand ForainChapitre 34 sur 54 · UN AUTRE FERMIER · texte numérisé non relu

UN AUTRE FERMIER

Moi , je trouvais que nous ne ferions pas mal de donner nos voix à M. Legrand : c'est un acquéreur de biens nationaux, et ce serait une sûreté de plus pour nous. .

Oh! si vous n'avez pas d'autre motif que celui-là, il ne signifie rien du tout, attendu que ce qui doit vous tranquilliser tout-à-fàit sur ce point , c'est la charte cou-

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sfitutionnslle , qui a consacre toutes les ventes, et sur laquelle on ne peut jamais revenir. Voulez - vous que je vous dise quels sont les hommes que vous devez chercher à nommer? Si vous avez dans le pays quelque bon propriétaire qui soit connu pour aimer sa patrie, la constitution et le Roi, qui ait montre de la fermeté dans les temps difficiles, qui ait fait du bien aux habitans malheureux , qui soit d'un caractère sage et paisible , qui passe pour avoir un esprit éclairé; c'est celui-là qu'il faut charger de vos intérêts , parce que vous serez sûrs qu'il les défendra bien. Savez-vous que c'est un beau droit que la constitution vous donne, que celui de nommer ainsi v©us - mêmes les hommes qui doivent faire les lois auxquelles vous devrez obéir? Cela vous assure que les impôts ne seront jamais plus forts que les besoins de l'état. ne l'exigeront, et qu'ils n'excéderont pas vos moyens. Il y a des gens qui négligent d'aller à l'assemblée électorale user de ce droit précieux. Ces gens-là sont des citoyens fort indifférens au bien général et à leurs propres intérêts. Je vois avec plaisir que vous n'êtes pas de ce nombre^ Messieurs, et que vous songez

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sérieusement à cette affaire iïèiprtaate. Mais , comme je viens de vous le dire , il faut faire de bons choix, cela est bien essentiel.Il se faut garder, par exemple , de nommer de ces tètes turbulentes qui ne trouvent leur bien-être que dans l'agitation et dans un continuel mouvement. Les insoucians ne valent rien non plus ; car les fonctions de député exigent du zèle , de l'attention et du patriotisme. Je vous répète ici ce que je disais l'année dernière à mes compatriotes de Nantua : Allez, mes amis, allez à l'assemblée électorale; c'est un devoir pour tous les citoyens que la loi y appelle. Mais prenez bien garde à ce que vous y ferez. Ne vous laissey influencer ni à gauche , ni à droite. Vous devez savoir, mieux que les autres, ce que vous voulez ; vous avez des yeux et des oreilles pour connaître les gens; ainsi,' faites d'après ce que vous aurez vu et entendu par vous-mêmes. Que vous faut-il pour défendre vos droits? Des hommes qui connai'^sent bien vos moyens et vos besoins; des hommes qui vous soient dévoués, et qui ne sacrifient point vos intérêts aux leurs. Choisissez ceux - là , et TOUS aurez rendu service à vous et au

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Roi; car ce Roi ne veut que votre bien , et fait consister son bonheur à vous rendre heureux. Il vous a donné une constitution, et il vous a dit : Voilà vos droits, connaissez-les et conservez-les ; voilà vos devoirs^ connaissez- les et observez-les.

Tout est là-dedans : c'est à cela que nous devons nous attacher. Lorsque tous les Français connaîtront la constitution de leur pays , pour l'aimer et la défendre , c'est alors que nous serons grands et forts,

LE FERMIER GIRAL'D.

Voilà qui est bien dit, père Simon , et nous pensons tous comme vous. Je savais bien qu^il nous donnerait quelques bonavis. Il y a long-temps que nous nous cons naissons, et nous en avons assez vu depuis ce temps-là, Dieu merci.

Oui vraiment , nous en avons vu , et tout cela a dû nous apprendre qu'il faut être sages et faire tous les sacrifices possibles pour conserver une tranquillité pré* cieuse. N'est-il pas vrai, Messieurs?

LE FERMIER GIRAUD

Ah ! VOUS avez bien raison. Tenez, mes amisp d'après tout ce que nous a dit le père

Simon , je serais d'avis que nous donnassions nos voix à M. G...

UN ALTPxE FERMIER.

C'est Justement ce que j'allais vous proposer.

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