‹ Simon Terre-Neuve, vaudeville en 1 acteChapitre 21 sur 24 · SCENE XV · texte numérisé non relu

SCENE XV

MAURICE , LE NOTAIRE, Marins, puis LOUISE.

MAURICE

Par une telle bourrasque 1 ah ! mes amis, fasse le ciel qu’il ne lui arrive pas malheur! (Voyant Louise.) Mon Dieu! qu'as-tu donc? les yeux rouges, la figure bouleversée, un jour de mariage!

LOUISE

Mon père, j’ai trop compté sur mes forces, sur ma soumission... je voulais vous cacher, cacher à

tout le monde cc qui se passait en moi, mais depuis une heure j’ai trop souffert. Je voulais vous obéir aujourd’hui comme toujours, acquitter non votre dette, mais la mienne, envers celui qui m’avait conservé mon père, cette idée me donnait du courage, du bonheur même... Ah! si je ne l’avais pas revu , j’aurais pu être heureuse, mais à présent...

MAURICE

Si tu ne l’avais pas revu ? qui ça?

LOUISE

Christophe, ami de mon enfance, celui qui autrefois avait reçu mes sermens, j’ai senti que mon cœur lui appartenait encore tout entior et que je ne pourrais jamais rendre M. Simon aussi heureux qu’il le mérite.

Au : Ce que f éprouve , etc.

Jo voudrais souscrire à Vos verux.

Mais je sens au fond do mon ame Que si je devenais sa femme,

Je ne pourrais le rendre heureux,

Lui si noble et si généreux.

J' dois toute ma reconnaissance A celui qui fut vol’ sauveur ;

Mais pourrais-j' faire son bonheur

En venant par obéissance

Lui donner ma main sans mon coeur (bis) ?

MAURICE

Et c’est maintenant que tu viens me faire un aveu pareil! dans ce moment où il expose encore sa vie pour sauver quelque malheureux en péril, comme il m’a sauvé, moi... au risque d’étre englouti lui-méme!

LOUISE

Qu’est-il donc arrivé ?

MAURICE

Un accident à la mer, et au premier cri de détresse, Simon, comme toujours, s’est élancé pour porter secours.

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