ACTE PREMIER
MADAME DILMER.
Sa musique est délicieuse.
MADAME DE NAULES.
Je dirai même troublante.
IRÈNE
Et suggestive.
ROSE
Vous êtes trop aimables, mesdames.
IRÈNE
Je crois que j'ai déjà eu Thonneur, avant votre mariage, de vous rencontrer chez madame de Stampes.
ROSE
En effet, madame, je crois me rappeler...
IRÈNE
Je lui avais même demandé de vous amener chez moi... Elle n'en a rien fait. Je lui en ai beaucoup voulu.
ROSE
N'en veuillez pas à Simone, madame... J'ai toujours été une jeune fille timide, sauvage, même.
IRÈNE
Ikfais à présent que vous n'êtes plus une jeune fille; que vous avez épousé un homme célèbre, j'espère que j'aurai le plaisir de voir mes invitations acceptées par Lucien Mauryas et par sa femme.
ROSE, s' inclinant.
Madame...
Allons, Charlotte.
MADAME DE NAULES.
Allons.
Les trois jeunes femmes se dirigent vers la porte. Simone les reconduit; près du seuil
de la porte, elles s'arrêtent, examinant Rose.
IRÈNE
Comme elle est jolie !
Oui, n'est-ce pas ?
MADiME DE NAULES.
Mais déjà pâlotte !
MADAME DILMER.
Pauvre petite !
MADAME DE NAULES.
Mariée !
IRÈNE
Quel dommage!
MESDAMES DILMER et DE NAULES.
Au revoir, chère... au revoir, chère...
Au revoir.
Soignez- vous bien.
Elles sortent, Simone les accompagne.
ROSE, à madame de ChauTiëres.
Pourriez-vous me dire ce qu'avaient ces dames à me dévisager d'un air de commisération?
MADAME DE CHAUVIÈRES.
C'est que vous êtes mariée, ma chère Rose, et que ces dames considèrent cela comme un affreux malheur.