‹ Simple histoire, comédie-vaudeville en un acteChapitre 24 sur 29 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

Sfiss MILNER, SANDFORT,

SANDFORT.

Enfin nous voilà dotic tous d'accord, ce n'est pas Sans peine... Je puis vous le dire maintenant, j'ai cru que jamais nous n'en sortirions ; mais , grâce au ciel, tout est fini à la satisfaction ge'ne'rale, et j'espère que vous devez être bien contente.

MISS MÎLNER.

Ah ! je n'y tiens plu-! j'en mourrai je crois !

SANDFORT.

Eli bien ! qu'avez-vous donc? u 'allez-vous pas pleurer. . Maintenant que vous êtes heureuse, maintenant que vous épqusez celui que vous aimez. r.

MISS MILNER

Et si je ne l'aimais pas !...

SANDFORT.

Qu'est-ce que ça signifie? Est-ce que nous allons recommencer ?

Monsieur Sandfort.., daignez m'e'couter.

SANDFORT.

Non, Mademoiselle; c'en est trop; et je n'écoute rien... Il s'agit ici de l'aimer une fois pour toutes, et ci ue ça finisse...

MISS MILNER

Et si je ne le puis.. Si j'en aime un autre.

SANDFORT.

Un autre P.. Est-ce qu ; cela est possible?.. Est-ce que je puis récuser le témoignage (le oies yeux ?.. Est-ce que je n'ai pas vu tout- a-1' heure encore la te ?d e ;e qu • crus portiez > léric?.. Votre par-

leur.., voue effroi, au moment du coaibat.

MISS MILNER

Était-il do:)C le seul dont le;, jours étalent menaces?. Êtes-vous donc si aveuyle, mo isieui Sai dtort, i pensez-vous que je ne prenne aucun intérêt a iord Eluivood?...

S^NDFOHT.

Lord Elmvood ?

MISS MILNER

Oui, je l'aime; et c'est lui seul que j'ai toujours aime'..,

SANUFORT.

Bonté' de! Dieu! que me diles-vous In!., el que de malheurs je prévois !.. Dansée moment u1 tout, ;<p es ce duel, ce combat, après la parole donnée... Pourquoi aussi ne pas dire ce que vous pensez ?.. et pourquoi ne pas le dire de suite ?...

MISS MILNER. 'ViSU*. h

Est-ce que je le pouvais? lorsque mon tnfour frétait pas libre.., quand des iwmrfi sacrés l%riçi î~ naient à jamais1 Cette idée même était un crime; et, loin d'avouer un tel amour, j'aurais vouki me le cicher à moi-même... De là les inconséquences , les contradictions que vous blâurez dans ma conduite. .5 ces adorateurs dont j'encourageais les ho tau âges.., ces soirées brillantes , ces ;>hisirs dont je m'env ronnais, tout cela était autan! d'arme? que je cherchais contre lui; et, loin de l'oublier, je me trouvais encore plus malheureuse

SANDFORT.

Eh bien* alors pu'sque cela vous rendait malheureuse, pourquoi Faim "z vous?

MISS MILNER

Àli ! c'est que ces toui mens mêmes avaient leurs charmes...

* Air nouve\u de M. Charles Plantade.

J'étais en proie à la sou;Trunce , Mais je soulfr. is mprès de lui ; I Et <\a- s ces bal« , d ihs cette foule immense V Où de mes maux j 'aii-is chercher l'oubli ,

Autour de moi regardant à la ronde, J'aurais donné , regrettant mon enaui,

Les plaisirs que m'offrait le monde , Pour les chagrins qui m'attendaient ici.

Par exemple voilà des choses dont je n'avais jamais eu l'idée...

MISS MILNER

Je suis bien coupable sans doute, mais je souffre^ et je n'ai plus d'amis, je n'en avais qu'un , et il ne m'est pas permis de lui confier mes peines..; il ne me reste donc que vous, monsieur Sandfort, mon bon monsieur Sandfort ! soyez mon guide.., mon conseil, que dois-je faire?

SANDFORT.

Pauvre jeune fille! vous êtes venue à moi , dans le jour de l'affliction.., et je ne tromperai point votre confiance... Quoique ce soit la première fois que je suis consulte dans une pareille affaire, il me semble qu'il faut de la franchise avanttout..; etpuisque vous aimez lord Elmvood... eh bien' je vais le lui dire...

MISS MILNER

Y pensez-vous! lui faire un pareil aveu!., plutôt mourir de honte...

SANDFORT.

C'est juste, cela ne se peut pas..; ça n'est pas convenable..; mais pourquoi l'aimez vous? il n'y aurait qu'un moyen c'est de faire cet aveu à lord Frédéric

MISS MILNER

C'est encore pire, après ce qui s'est passé, il croira qn'on s'est joué de lui... et ce duel que ^e voulais empêcher sera maintenant inévitable..; ce sera un combat k mort.

SANDFORT.

Vous avez raison , il y va de ses jours.., mais alors je vous demanderai encore, pourquoi l'aimez-vous? est-ce donc une chose si difficile? que diable ! on se raisonne, on se dit : je n'y dois plus penser; et ou n'y pense plus...

MISS MILNER

Monsieur Sandfort, vous n'avez jamais aimé, Simple Histoire. ti

Page 1