‹ Simple histoire, comedievaudeville en un acte (volume 2)Chapitre 17 sur 19 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

Les précédens , LORD ELMVOOD.

FRÉDÉRIC

Eh ! bien , Milord ?

elmvood.

Ah ! vons voilà , mes amis !

FRÉDÉRIC

Est-ce que mon oncle , est-ce que l'honorable membre <lu parlement aurait changé d'opinion ?

ELMVOOD.

Non, vraiment... ,

FRÉDÉRIC

C'est donc le ministre qui a refusé nia nomination ?

ELMVOOD.

La voici.

Je suis colonel I

FRÉDÉRIC

ELMVOOD.

Et rien maintenant ne s'oppose à votre bonheur... Tout est prêt, et l'on vous attend... Venez...

IWrSS MILNER.

Un moment , Monsieur. . , est-il vrai , comme on me l’a annonce , que vous êtes décidé à nous quitter... aujourd'hui même ?

FRÉDÉRIC

Nous espérons du moins que nos prières...

E1.AIVOOD;

Non, Milord, elles seraient inutiles... ; des moti£t imprévus... , des raisons que voik ne pouvez connaître... m^ forcent à m’éloigner... , il y va de mon repos... et de mon honneur...

FRÉDÉRIC

S’il est ainsi je n'ose plus insister. ..

EIMVOOD.

Je serais déjà parti.., si, comme tutepr de miss Milner.., je ne devais assister k son mariage et la conduire moi-méme à l'autel. ,

FRÉDÉRIC

Ça c'est trop juste...

eiuvooD.

Oui... , c'est mon devoir, et aujourd’hui je les remplirai tous.. ( au domestique ) Avertissez monsieur Sandfort, et priez-le de descendre... ( à miss Milner') C'est lui qui, avec moi, vous servira de témoin... , si toutefois le Chois ne vous déplait pas , et si votre haine pour lui...

HISS SULNBR.

Je ne le hais plus... , je ne hais personne.'. . , d'ailleilrs. Monsieur , dès que vous l’ordonnez , vous savez bien que j'obéirai toujpvtfs avec empressement et avec plaisir,.. ,

ELMVüOD.

Et d’oii vient donc ce trouble ? d’où viennent ces jar-mes?...

Ne sont -elles pas naturelles ? quand je pense que vous vous éloigne*, que nous allons être séparés... peut-être pour toujours. '

EtMVOOD.

Air : Rappelez-moi , reviendrai {d‘ Amedée Beauplan^

l'Ion , 51 i’en crois raen espérance , '

J’attends un meilleur avenir ;

Je serai , malgré la distance, -

Prés de vons par le souvenir.

Errant snr un autre rivage^ ' ■’

De loin encor je vous suivrai ,

Et sur vous, si grondait l’orage, llappelex-moi, je reviendrai.

Mais avant de nous, si^parer, s'il il^est permis de^âtiré entendre ici les conseils d'un ami... Vas, ma fille, sois vertueuse , aime ton époux , pratiipie tes devoirs ; tranquille et heureuse dans ton ménage , tâche surtout de défendre ton cœur de toute funeste passion... ; car si la raison nous donne la force d’en triompher , elle ne nous donne pas celle de nous en consoler... -, elle n’empéche pas les regrets qtii nous ■> poursuivent..'. , les tourmens qui nous déchirent... Venea, mon enfant..., venez miss Milner cnibrassez-m.>i et partons... ! ( miss Milner se jette dans ses bras en pleurant^ tandis que Frédéric les regarde en souriant et en esst^ant uneiarme\

' SCÈNE’XTm ET DEBl\l£REa

Les pRécédens , SANDFORT.

6ANDFOBT , entrant par le fond et apercevant ce tableau.

Que vois- je ? miss Milner dans ses bras I Ç courant à Frédéric ) tout est donc connu et arrangé...

FRÉDÉRIC

Eh , sans doute. ^

SANDFORT.

Comment cela est- il arrivé?.... comment avez -vous su qu’elle l’aimait ?

FRÉDÉRIC

Eh qui donc ?

SANDFORT. * . c

- Son tuteur. ' , .',j ; i....

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EtStroOD ST r»ÉD«IC. ,

Qu’ai-je entendu? . >

MISS MILNER , oUant à Sandfort pour le faire taire. Malheureux î ils l'ignoraient.

SANDFORT.

Dieu, qn'ai-je fait !... non , non elle ne l’aime pas, mette» que je n'ai rien dit ( à Frédéric ) j c'est vous seul qu'elle ‘ aime, ou du moins qu’elle épouse... il n’y a que cela de vrai.

FRÉDÉRIC

'Vous avea raison... telle est la vérité qu’on voulait me cacher j et que> grâce à vous , je connais enfin. ^

. ELMTOOD.

Monsieur, vous pourriez supposer.

FRÉDÉRIC-

Oui, Milord, c’est vous' que j’accuse de m’avoir méconnu, de m’avoir outrage.,, avez-vous pu penser que, dans la lutte qu’il s’établit entre nous, je resterais continnellement Aargé du poids de vos bienfaits? oa me jugez-vous incapable de m’acquitter jamais *î... vous ave* épargné mes jours \ vous m’avez raccommodé avec mon oncle ; vous avez assuré ma fortune , mon avenir... voiUk de grands bienfaits , de grands services sans doute. . . . eb bien ! d’un seul mot je les égalerai, je les surpasserai encore {regardant miu Mitner), Je l’aime, je l’adore , elle est h moi , vous me l’avez donnée... eh bieu ! ( prenant la main de lordElmvaoi , et celle de miss Milner') épouses -là; et soyons quittes...

EI.MVOOO.

Dieu ! qu' entends-je ?

Quelle générosité!

FRÉDÉRIC

Je savais bien que je prendrais ma revanche , et vous voyez , miss Milner , qu un fat peut quelquefois avoir du. bon... mon seul tort est d’avoir pu me croire aimé...; cel*’ m'était arrivé tant de fois , que l’habitude peut-être pouvait me servir d’ excuse. - .

. SANDFORT,

Monsieur , malgré cette dernière phrase là , votre cona«te est belle, et je l'approuve.

FRÊDÉaiC.

Vous êtes bien bon..,

SANDFORT.

Et TOUS , miss Mibier , me pardonuereZ'Vous d'avoir , malgré moi , trahi votre secret ?...

MISS MII.NER.

Ah ! je ne vous en veux plus...

FRÉDÉRIC

Ni moi , docteur... , au contraire cela doit me porter Mnhear... ; et s il y a une Justice en ce monde , d'autres belles me doivent des consolations.

SANDFORT.

Voilà un vrai philosophe !... perdre une maîtresse et prendre aussi galment son parti.

FRÉDÉRIC (ra/NJen/V

Oh! j'y suis habitué. « ;•

SANDFORT. *

Habitué ! ... >•

FRÉDÉRIC

OuL.. depuis mou voyage en France. . <

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