‹ Simple histoire comedievaudeville en un acteChapitre 32 sur 46 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

NARCISSE, ADOLPHE

narcisse, à part. Un secrétaire d’ambasside, ce n'est pas de la petite bière, et s'il vuuiuii iuo donner un coup d'épaule, je serais bien sûr d'obtenir le brevet que je sollicite... Il faut le flagorner... soyons fl.ignrneur...

adolphr. Eh bien! monsieur, êtes-vous décidé à rester au bal ?

narcisse. Oui , monsieur , oui , j’ai changé d'idée... Dans la nuison, ils ont l'air de braves gens... de dignes gens... et puis tout-à-l'hcurc ma société a paru vous être agréable... vous tenez à m’avoir avec vous... et vous êtes un homme trop remarquable pour qoa je m'avise de vous taquiner.

adolpue. Un vérité, monsieur, vous interprétez singulièrement...

narcisse. Allons, je vois que vous êtes vexé, parce que je vous ai refusé le servioe en que*tion... J’ai eu tort, ou pour mieux dire, je n» suis conduit comme un animal. Mau à présent, mottez-raoi à l'épreuve— je suis à vos ordres...

adolpue. Ah! monsieur I NAECiME. A vos ordres, c'est le mot... vous me feriez fabriquer de la fausse monnaie I...

Adolphe, fl part. Quel drôle de corps ! {Haut.) Eh bien! monsieur, entrons ensemble...

narcisse Entrons , je mo risque. (Ils remontent tous deux vers le fond.)

adolphe, qui a jeté un coup^Tceit à gauche.) Grands Dieux I que vois-je?... la baronne, cl Camille un peu plu» loin !...

narcisse. Est-ce que noua n entrons pw?

adolphe, le retenant, Un inslautl...

narcisse. Jo ne suis pas pressé.

adolphe. La baronne ici!... moi qui croyais, d'après»» réponse... Aurait-elle des souprons?... Comment éviter ses regards?... Cumment parler à Camille?

narcisse. Vous no sembler pas duo» votre •*sklte?

adolphe. Monsieur, vous m'avez offert vos services... Puis-je vraiment compter sur votre obligeance ?

saucisse. Trop heureux si l'occasion se présenta t !..

adolphe. Eb bien! elle se présente...

narcisse. Où est-elle, que jo la saisisse!

.inoLPiiK , lui indiquant Camille. Tenez , làbas, près de la cheminée... Voyez-vous celle jeune personne, en robe blanche... des fleurs dans les cheveux?. .

narcisse. Oui... c’est pas mal... Pourtant, ce serait plus harmonieux si les fleurs, au lieu d'être disposées horizontalement...

ADOLPHE. Il ne s’agit pas de ça I Faites-moi l'amitié daller l'inviter à danser.

narcisse. Cette jeune personne ?..

adolphe. Est-ce que cela vous contrarie?

nabcisse. Au contraire!... La petite est fort bien... et voilà ce que je n« comprends pu... Si c'était une tante ou une grand'mamon, à la bonne heure... ça se fait!.. C'eut une chose qui se fait !

Aib de ! École de village.

On voit un ami complaisant Inviter un' mer' de famille ,

Tandis que d*»on côté l'amant A l'écart fait danser la fille.

Lu sentiment poursuit Son cours,

Quand plus loin la maman figure..*.

El c’est ainsi qu'au bal toujours ,

L'amitié protège les amours ,

A la barbe de la nature.

Adolphe. Adressez-vous à la jeune personne... ça vaudra nueux...

narcisse. Cependant, permettez... il était convenu que je vous rendrai» service, et pas du tout, c’est vous qui me procurez de l'agrément. Alors , je vous devrai de la icconnaissonce... et ça ne fait pas mon compte.

Adolphe . tirant ton portefeuille, et écrivant sur un det feuillet*. Qu’à cela ne tienne... Voici de quoi vous satisfaire... Je la préviens que je suis au bal, et que j'ai besoin de lui parler...

narcisse. Coal déjà mieux.

Adolphe , déchirant te feuillet. Tâchez en dansant, de lui remettre ce billet de ma part... do la part d'Adolphe...

nabcisse. Adolphe !.. Très bien !.. Une intrigue, un billet... Jo ne sais comment vous remercier...

adolphe. Soyez persuadé que mes vues n'ont rien que d'honorable...

nabcisse. Ça ne me regarde pas...

adolphe. Pardonnez-moi, vous pourriez supposer... Celle jeune personne cal fort honnête... Je l’ai connue dans une pension où m’appelaient me? laibles talents en peinture...

nabcisse. Oh! faible?, vous êtes modeste !

ADOLrus. Je ne forme qu’un vœu... celui de l'épouser... mais sa tante s’y oppose... Il existe des obstacle! que je ne puis vous dire...

nabcisse. Je suis scn»ib!e à tant de confiance. (CM entend dan* la coulisse la ritournelle.)

adolphe. Ah ! mou Dieu !.. J’entends la ritournelle... si un autre allait vous prévenir...

narcisse. C'est vrai... Nous nommes là à bavarder...

UN BAL IJU GRAND MONDE

adolphe. N’oubliez pas le billet... A charge de revanche...

narcisse. Je ne dis pas non... J’ai une grâce à vous demander... Une piHiliun que j'ai là dans ma poche...

adolpue. Nous en causerons... Mais dépêchezvous !

nar> IME. J'y cours , tête baissée 1 (il tort tn courant par le fond à gauche.)

Page 1