‹ Singularités historiques; contenant ce que l'historie de Paris et de ses environs offre de plus piquant et de plus extraordinaireChapitre 137 sur 219 · CHAPITRE LXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXIX

ont , par leur conduite et leurs fables , une ressemblance dont on peut faire aujourd’hui une application fort heureuse.

Un homme qui produisait des merveilles, lisait dans l'avenir, guérissait gratuitement les malades, et laissait partout des traces de sa générosité, parut à Lyon, en 1501; il possédait le secret de la pierre philosophale ; il possédait aussi le secret de s’attirer la confiance et l’admiration générales.

Il vint à Paris; les grands seigneurs qui, dans ce temps-là, savaient à peine écrire leur nom, rendirent hommage à ses rares taléns.

Encouragé par ces succès, l’alchimiste se présenta deyant Louis XII, et fit présent à ce roi d’une épée et d’un bouclier doués de vertus occultes, merveilleuses, et surtout très-salutaires pour le guerrier qui devait s'en armer.

Pour le récompenser de ce présent dont là valeur était chimérique, Louis XII lui en fit un autre d’un prix plus réel; il lui donna une somme considérable en or, que le philosophe ne reçut que pour ensuite la distribuer aux pauvres, en disant que sa pauvreté était bien préférable aux richesses. Ce dernier trait donna

un nouvel éclat à sa réputation.

Sous le règue de Henri IV, un autre aven-

turier fut peut-être aussi célèbre , aussi adroit, mais moins heureux.

Francois Fava , né aux environs de Gênes, commença sa brillante carrière par professer la médecine. Il pensa qu'en unissant à son sort une femme jolie, elle pourrait contribuer à ses succès. Il épousa en conséquence Catherine Oliva. En changeant d'état, il voulut aussi changer de nom : il prit celui de César Fioti. Après ces changemens, il en fit d’autres encore; il changea de costume et de pays.

Il arriva à Naples, vêtu en abbé; s’introduisit chez un banquier, où, en lui vantant ses secrets dans l’art de guérir, il apprit à contrefaire son écriture, et découvrit les noms de ses correspondans à Venise.

De Naples, il fut à Padoue, jouer:le rôle d’évêque, chez un évêque même, et par le récit d’un roman bien tissu, il gagna sa confiance, et escroqua son argent, et des lettres pour Venise.

À Venise, il fut tour-à-tour médecin, évéque, et marchand de diamans ; sous ces trois qualités, il tripla ses friponneries, puis il partit prudemment, et vint à Paris, au commencement de l’année 1608, chargé de bijoux, de

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