CHAPITRE LXXIV
ces, leur confessa qu'il avait à la vérité lancé des fusées en l'air, mais que son intention était plutôt de les amuser que de leur nuire, et pour prouver que ces feux d'artifice n’avaient rien de criminel, ce folâtre, comme le nomme Com:
mines, en jeta trois ou quatre devant les princes, et par-là détruisit bien des soupçons. Chacun se mit à rire, en voyant qu'une aussi petite cause avait produit tant d’alarmes : on alla se désarmer, et puis se coucher.
Le savant M. Dreux du Radier s’est trompé, en disant que les premières fusées furent tirées en 1618 dans l’île Louvier, lorsqu'on célébra à Paris la canonisation de sainte Thérese *.
L’invéntion était déjà connue : Bassompierre , dans ses Mémoires, parle d'une fête donnée quelque temps avant au roi, par le duc d’'Eperhon, qui fut suivie de feux d'artifice. U y avait même sous lé règne de Henri IT des maitres artificiers en titre d'office. Froumenteau , dans son livre intitulé le Secret des finances, met au rang des dépenses qui furent faites à la cour, depuis lé commencement du règne de
doute donnés à cet home à cause des fusées qu'il avait
inventées, qui sont encore appelées serpenteaux.
1 Voyez Récréations historiques, tome LE, page 183.
Henri IT jusqu’au 350 décembre 1580, les feux artificiels, Il paraît que ces feux n'étaient pas alors fort dispendieux, puisque dans l’espace
de trente-un ans, ils ne coûtérent que neuf
mille livres tournois.