CAUSÉ DE LA RÉFORMATION DÉ L ABBAŸE SAINTE- GENEVIÈVE
Sous le même règne de Louis VII, dit le Jeune, le pape Eugène IIT, chassé de Rome.
vint à Paris en 1145. Quelques jours après son arrivée , il voulut célébrer la messe à Sainte-
Geneviève. Les chanoines , pour l’'honorer, fi-
rent étendre devant l'autel un grand tapis de soie, sur lequel le pape s’agenouilla pour prier.
Ce pontife, après la messe, s'étant retiré dans la sacristie , ses domestiques , prêtres ou laïcs, s'emparèrent de ce tapis , prétendant qu'il leur appartenait, par cela seul que le pape s’en était servi. Les serviteurs des chanoines , d’un avis contraire , arrachèrent le tapis des mains des valets du pape. Le tapis, objet de la querelle, tiré d’un côté, tiré de l’autre avec violence , est bientôt mis en pièces. Aux injures succèdent des coups de poing, des coups de bâton. Le roi présent à ce tumulte, s’avance pour le faire cesser. Son autorité est impuissante contre le mouvement de fureur des combattans ; il est même frappé dans la mêlée. La victoire resta aux familiers de Sainte-Geneviève. Ceux du pape vinrent les habits déchirés, le visage ensanglanté, se présenter à leur maître qui se plaignit au roi, et lui demanda justice d’une telle insulte. Le pape et le roi convinrent de réformer le monastère de Sainte- Geneviève.
Il fut d’abord résolu de renvoyer les chanoines de cette abbaye, et d'y substituer des moines de Clugny, mais on abandonna cette résolution pour adopter celle-ci: on nomma un