‹ Singularités historiques; contenant ce que l'historie de Paris et de ses environs offre de plus piquant et de plus extraordinaireChapitre 52 sur 219 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

esprit de vertige s'empare de tous les citoyens ; ils s’ameutent, répandent l'alarme dans toutes les rues, enfoncent les portes des prisons en criant : {uez, tuez, ces chiens traistres Arminaz. Ils égorgent et dépouillent tout ce qu'ils rencontrent. Les prisons du palais, de Saint-Eloy, du petit et du grand Châtelet, du For-l’Évêque, de Saint-Magloire, deSaint-Martin-des-Champs, du Temple, remplies de prisonniers distingués, furent en proie à la fureur des Parisiens, et n’offrirent bientôt que du sang et des monceaux de cadavres.

Le prévôt de Paris voulut arrêter ce carnage; on lui répondit : Malgré-bieu, sire, de votre justice, de votre pitié, de votre raison. Mauldit soit de Dieu qui aura jà pitié de ces faulx traistres Arminaz, Angloys !... si, ne nous en parlez plus, de par le diable, que pour nous n’en laisserons rien à faire, par le sang bieul

Ils furent assiéger le grand Châtelet dont les prisonniers s'étaient défendus; ils mirent le feu aux portes, ils jetèrent du haut de la tour plusieurs prisonniers dont les corps, tombant sur des pointes de piques , de javelots et d’autres armes placées exprès , étaient cruellement déchirés. Dans l'espace de douze heures, cinq cent dix-huit prisonniers furent égorgés, par-

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mi lesquels une grande quantité de personnes distinguées, cinq évêques, plusieurs magistrats, le chancelier de Marle, le connétable d’A{rmagnac. Ces derniers furent traînés pendant trois jours dans les rues de Paris, puis jetés à la voirie. Comme le connétable d’Armagnac portait une bande en écharpe, on lui leva une bande de sa peau depuis l'épaule jusqu'aux genoux, et on lui en fit une écharpe.

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