SCENE VII
LAVINIA, SIR HUGUES , MISS ftELLY, OSWALD.
SIR nUGLES **. Venez , Oswald , venez.. . Lavinia , ma fille ! . . .
* Georges, Nelly, Lavinia.
** Oswald, Nelly sir Hugues, Lavinia.
Air nouveau de M* Hormilfe.
Venez, qu'en mes bras je vous presse, Ce beau jour rend à ma tendresse Et ma famille et mes amis !
Ab ! de bon cœur je le be'nis.
Lavinia , venez de grâce !
T.AVIMA.
Ce retour a comble' mes vœux.
SIR HUGUES
Viens, ma fille, que je t'embrasse.
oswald, à part.
Ab ! que ces pères sont heureux.
ENSEMBLE
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Ce beau jour rend a sa tendresse,
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Ah ! de bon cœur je le bénis.
MISS nelly. Ali ! que c'est bien de nous surprendre ainsi , mon bon père !
SIR HUGUES , tendant la main à sa femme. Eh bien! Lavinia vous ne dites rien?...
lavinia. Pardon!... c'est que le saisissement, le plaisir...
sir Hugues. Oui vous êtes tous surpris de me voir à Londres, n'est-ce pas?... ma foi! je le suis plus que vous... mais le moyen de rester là-bas , seul , avec mes meutes, mes chevaux, après les bonnes nouvelles que j'avais reçues!... mon procès gagné , mes biens rendus , et une charge que le roi me fait annoncer!... me voilà puissant dans le comté... ( Tendant la main à Oswald. ) Je devine tout ce que mes amis ont dû faire pour moi !...
oswald. Milord, je n'y suis pour rien... malheureusement.
sir HUGUES. Allons donc ! est-ce que vous êtes devenu discret par hasard ?
OSWALD , gaîment. Non, je ne crois pas... mais c'est quelque inconnu plus puissant que moi...
(Lavinia se détourne avec émotion.)
SIR hugues. C'est égal ; je vous remercie toujours .. en attendant!... mais, milady, on dirait en vérité que cela vous chagrine ! . . .
lavinia. Moi , mon ami , pouvez-vous le penser?... je suis heureuse de ces nouvelles que je savais déjà... et j'éprouve comme vous une reconnaissance pour tous ceux qui vous causent tant de joie!...
Miss nelly. Une joie que je partage assurément I... Aussi, ce soir au bal , je danserai comme une folle ! . . .
sir hugues. Un bal, une fête? à la cour, peut-être ; j'ai bien fait devenir... vous en êtes... alors j'en suis!... je n'y danserai pas... je vous en demande bien pardon, milady... mais j'espère retrouver là de ces bonnes gens du comté qui me croyaient perdu., et qui n'en étaient peut-
SIR HUGUES
être pas fâchés... on m'écrivait d'attendre les ordres du roi , mais], ma foi ! j'étais pressé de le remercier ce bon et excellent prince qui fait le bonheur de ses sujets... et qui me rend ma fortune, {Il passe auprès d' Oswald , Lavinia va s'asseoir à gauche auprès de la table, miss Nelly est auprès d'elle. Baissant la voix.) Ce que c'est que la prévention.... voyez un peu... moi qui m'étais jeté dans un autre parti... que diable! un prince de Brunswick, qui n'était pas des nôtres... je le détestais sur parole!... mais maintenant que me voilà en faveur , je l'ai toujours aimé.
Air : Vaudeville de Vintêrieur d'une étude. Ma conversion est complète , Dans le comte', voisins, amis , Vont me traiter de girouette ; Girouette... ma foi tant pis...
De son cœur on n'est pas le maître , Il est, pour un bon citoyen , Impossible de ne pas être Du parti qui vous fait du bien.
OSWALD. A la bonne heure. . . d'ailleurs Georges est un prince qui aime à pardonner... et vous ne tremblerez plus pour vos beaux domaines de Guilfort.
SIR HUGUES. Ma foi ! non , mon voisin,
et
j'aime mieux ça '
vous aussi , j en
suis sûr!., je puis du moins suivre le penchant de mon cœur à présent que me
voilà riche, heureux, je puis me rappeler certaine confidence pour vous faire une offre toute franche, toute amicale, que mes embarras de fortune ne me permettaient pas jusqu'à ce jour... et qui, si j'ai bien compris tout le monde... vous causera un certain plaisir...
OSWALD. Milord ! . . .
sir HUGUES. Vous aimez ma fille...
ma fille vous aime... mes enfans, soyez heureux !
MISS NELLY, allant à sir Hugues et lui prenant la main. Mon père ! . . .
SiR HUGUES. Je reçois d'une main et je donne de l'autre.. . pour que tout le monde soit content!... (à Lavinia) avec votre permission, ma chère.
lavinia, distraite. En doutez- vous?...
OSWALD. Ah ! monsieur.... je voudrais en vain vous cacher la joie dont vous remplissez mon cœur!.. (Regardant miss Nelly.) Je le devrais peut-être ; mais nony j'aime mieux vous remercier du trésor que vous m'accordez... et si miss Nelly me rend justice...
miss nelly. Oui, monsieur... et c'est pour cela que je refuse...
sir HUGUES. Hein! je croyais...
Miss nelly. Vous vous trompiez, mon
* Oswald, sir Hugues, miss Nelly, Lavinia.
père... et puisque vous êtes heureux, vous ne voudrez pas me condamner à un mariage qui ne peut faire que mon malheur. ( Elle baise la main de sir Hugues, salue Oswald et sort. )
OSWALD, la suivant des yeux. Ah ! c'est indigne ! . . .
SIR HUGUES. Bah!.. (A Lavinia qui est plongée dans ses réflexions.) Dites donc1; est-ce que les cœurs changent si vite que cela à la cour, milady ?
lavinia, sortant de sa rêverie. Plaît-il?.. Milord... que voulez-vous dire?..
(Elle se lève.)
sir hugues. Eh bien!... concevezvous quelque chose au caprice de cette petite fille... qui refuse Oswald... Oswald qu'elle aimait... j'ensuis sûr ; elle me l'a dit.
oswald. Elle vous l'a dit!...
lavinia. Je ne puis comprendre... mais je la rejoins, milord, et quoi qu'elle fasse, il faudra bien que je sache son secret. {A part.) Ah! sortons!., je me sens mourir !
(Elle sort par la gauche. )
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