‹ Sir Hughes de Guilfort, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 12 sur 33 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

Les Mêmes, LORD KOOKVILLE.

LORD KOOKVILLE *. Sir Hugues de Guilfort...

sir nuGUES, allant a lui. Monsieur!...

LORD KOOKVILLE. Permettez au comte de Kook ville de saisir avec empressement une occasion qui lui procure l'honneur de vous connaître.

* Oswald, sir Hugues, lord Kookville.

SIR HUGUES , avec embarras. Monsieur le comte enchanté.... surpris de recevoir un homme... un seigneur... dont la haute réputation. . (Sas à Oswald.) Qu'estce que c'est?

OSWALD. Un ami du roi....

lord kookville. Ne parlez pas de cela, milord... vous me rendez confus; ce ne sont pas des complimens que je viens vous demander... c'est votre amitié —

Sïr HUGUES. C'est moi qui serai trop honoré, si la vôtre...

lord kookville. Elle vous est acquise, milord, je viens vous en donner la preuve en accourant le premier , vous faire part d'une nouvelle qui vous concerne , et qui est encore un secret pour tout le monde.

Sïr HUGUES. Qu'est-ce donc?

lord kookville. J'avais à rendre compte à sa majesté d'une mission particulière dont elle m'avait honoré., et j'arrivais à son cabinet par l'escalier dérobé..

oswald. En vérité!

lord kookville. Oui; j'ai les petites entrées... et j'entendis, de la porte, le roi qui disait à llobert Walpoole, le premier ministre... «Sir Hugues Guilfort, sera chevalier de mes ordres. »

GUILFOïit. Est-il possible!.... et à quel titre ?

lord kookville. C'est justement ce

que répondait le ministre et le roi a

répliqué : « Je le veux!... » je suis entré en ce moment, et sa majesté s'est écriée : « Qu'est-ce? que voulez-vous?... » me reconnaissant alors ; « Ah ! c'est vous, laisseznous... nous parlons affaires!. .» Je me suis retiré... parce que les affaires politiques ne sontpointde mon département, mais j'avais entendu ce qui m'intéressait le plus .. l'élévation d'un ami., je suis accouru vous en faire part, et précéder les félicitations qui, de tous côtés, vont vous accabler!

sir HUGUES. En vérité, je reste confondu tant de bontés..... que je ne puis m'expliquer... à moins que vous-même...

milord...

lord kookville. Je puis dire du moins que je n'y ai pas nui...

STR HUGUES. Ah ! je l'aurais parié....

et moi, qui n'ai pas encore remercié le roi, de ses premières faveurs... je suis impatient de lui serrer la main... (se reprenante) ah! non de me jeter à ses

pieds, pour lui dire... pour lui exprimer..

pour je ne sais plus ce que je dis

Mon cher Oswald, conduisez-moi... présentez-moi...

oswald. Je n'ai aucun titre pour cela, mais enfin, nous pouvons essayer... et si

SIR HUGUES

nous n'obtenons pas audience, le roi saura toujours que vous avez fait vos efforts pour parvenir jusqu'à lui !...

sir iiugues. C'est cela même !... je veux qu'il le sache... j'y tiens.

Ain : Dieu tout puissant.

Ah ! le bon prince , ah ! que son ame est grande !

Quand d'autres font valoir leurs droits , Il pense à moi, sans que je le demande, Et cependant on accuse les rois ; On est pour eux d'une injustice étrange, Comme ingrats ils sont proclamés...

De leur coté désormais je me range ; Moi, je défends toujours les opprimés.

{Entraînant Oswald.) Venez, venez.... (A Kookville.) Nous nous reverrons, milord.

LORD kookville. .Je l'espère bien...

nous sommes déjà de vieilles connaissances, et pour ma part', je me regarde comme l'ami de la maison.

ENSEMBLE

SIR IIUOUES.

Ah .' le bon prince, ah ! que son ame est grande ! Etc., etc.

OSWALD et KOOKVILLE.

Ah ! le bon prince, ah ! que son ame est grande !

Quand d'autres font valoir leurs droits, Jl pense à lui, même sans qu'il demande , Et cependant on accuse les rois.

(Sir Hugues lui serre la main, et sort par le fond avec Oswald.)

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