‹ Sir Hughes de Guilfort, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 33 sur 33 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

Les Précédens , LORD KOOKVILLE , MISS NELLY, plusieurs Seigneurs de

la COUR.

LORD KOOKVILLE, entrant le premier. khi sire , je venais, vous sachant ici.

MISS NELLY, courant à sir Hugues. Mon père !..

lord KOOKVILLE, apercevant su -Hugues.

Sir Hugues!

(Le roi, après avoir jeté un regard de courroux sur sir Hugues, s'apprête h sortir.)

MISS NELLY, à son père. Le roi! oh!

alors, nous allons peut-être savoir ce qui s'est passé... quel est cet homme qui a été blessé sous les fenêtres de la reine.

GEORGES, redescendant le théâtre. Que dites-vous ?

SIR HUGUES , avec effroi , et se levant. Blessé !

Miss nelly. Mort peut-être... C'est une nouvelle qui vient de se répandre dans le bal. Aussitôt, les quadrilles se sont dispersés, la musique a cessé, tout le monde est parti... etladv Suffolk m'a fait conduire jusqu ici ou j ai rencontre monsieur le comte qui m'a donné la main.

GEORGES, re gardant Kookville .Et qui sans doute est au fait de ce qui vient d'arriver.

KOOKVILLE. Oui , sire;-; je regardais de loin l'ancienne favorite, lady Rennelord. . . que tout le monde fuyait et qu'on saluait à peine.

LAVINIA, altérée. Ociel!

Georges. Vous tairez-vous !

kookville. Lorsque j'ai vu ces dames saisies d'une terreur facile à dissiper, car c'était moins que rien; je tiens tous les détails du capitaine de service.

GEORGES, avec impatience. Dites-les donc alors.

kookville. Il paraît que sur les neuf heures... les uns disent un conspirateur... d'autres un voleur... ce qui est plus probable. . . un voleur donc cherchait à se glisser par un balcon, dans les appartemens de la reine.

GEORGES. Achevez!

SIR HUGUES

kookville. Lorsque, sur son silence, le factionnaire a tiré.

georgel, vivement. C'est bien... il est mort î

KOOKVILLE. On l'a cru d'abord; mais un instant après, et malgré la nuit, on l'a vu courir si vite dans le jardin, qu'on aurait pu te croire sans la moindre blessure, si ce n'étaient plusieurs traces de sang.

SIR HUGUES ; il est pâle et défait ; il respire à peine, quand tout- à-coup il aperçoit lord Oswald qui paraît par la porte du fond; sa figure prend l'expression de la joie , et il étouffe un cri. Ali !

sce:ne xv.

Les Mêmes, LOUD OSWALD.

(Il porte un antre habit que celui qu'il avait au eorn-

nienceruent de l'acte, et s'approche lentement de sir

Hugues, qui dansle commencement de cette scène,

est le seul qui l'ait remarque.)

GEORGES, avec colère. Les maladroits!..

il leur est échappé. (S} approchant de sir

Hugues, et à voix basse.) Mais vous qui le

connaissez... son nom, son nom !

SIR HUGUES, de même. La tête sur l'écbaffaud, je ne vous le dirais pas.

(Il serre la main de lord Oswald qui en ce moment se trouve place' près de lui, à sa gauche.) GEORGES, à part. Tant d'audace ne restera pas impunie. (A voix haute.) Je ne reprendrai point les biens que je vous ai rendus.

SIR HUGUES, fièrement. Ils m'appartenaient... mais vous n'avez qu'à dire... j'y renonce, sire.

GEORGES , avec dignité et émotion. Sir Hugues, vos amis ont dû vous apprendre que le roi Georges méprise la vengeance. I {Avec colère.) Votre présence me le ferait oublier. {Avec calme.) Partez, monsieur, partez dè^> demain pour le Northumberland. Vous quitterez à jamais Londres.

SIR HUGUES. J'allais vous le demander, sire.

Georges. Quant à vous, milady, vous avez droit à des hommages que tous les cœurs ne sont pas dignes de vous offrir... restez près de la princesse, ma sœur.

KOOKVILLE , d'un air triomphant. La place de lady Kennelord!

GEORGES, voyant le geste d'indignation de Lavinia. Vous êtes libre , milady.

lavinia. C'est parce que je suis libre que je refuse un affront que je n'ai point mérité, et que je ne puis comprendre, après la lettre que sir Oswald a dû, remettre à votre majesté.

oswald. La voilà, sire. N'ayant pas rencontré votre majesté de la soirée. ..

GEORGES, prenant la lettre. Il suffit. [Il lit la lettre avec émotion:, puis la donnant à sir Hugues.) Tenez; lisez, et jugez-nous. (A Kookville. ) Milord, suivez-moi.

( Il salue Lavinia et sort avec sa suite, pendant que sir Hugues, sur le devant du théâtre, lit la lettre.)

SIR HUGUES, lisant. «Si je suis coupable en vous écrivant, votre majesté me pardonnera la nécessité qui m'y oblige. Ne venez pas ce soir, ne venez plus jamais, car je veux toujours rester digne de mon mari. Oui, sire, c'est là ce que je voulais vous demander, et que je suis bien forcée de vous écrire. Evitez ma présence... respectez le repos de sir Hugues, le mien., et, du sein de ma retraite, je bénirai l'honneur et la loyauté démon souverain. Lavinia.»

(Sir Hugues reste un instant la tète dans ses mains.)

OSWALD

Air d' 'A ris lippe.

Qu'est-ce donc?

MISS KELLY

Quel trouble l'agite?

sir hugues, tendant la main à Lavinia d'un air da reconnaissance.

Lavinia, ma femme !

lavinia, se jetant dans ses bras.

Mon ami !

SIR HUGUES

Loin des lieux que l'intrigue habite , Dans le comté tu suivras ton mari.

(A miss Nelly, montrant Oswald.) Avec le tien, tu partiras aussi...

nelly, saisissant le bras d1 Oswald.

Quel bonheur !

oswald, poussant un cri de douleur.

Ah!

NELLY, parlant. Qu'est-ce donc ?

sir hugues, lui mettant la main sur la bouche. Silence ! [A part.) Par un traître, Par un ingrat, je me crus outrage; Il l'osait du moins, et peut-être De lui je me suis trop vengé.

[Lavinia se jette dans les bras de sir Hugues, qui l'embrasse avec transport. Miss Nelly donne la main à lord Oswald. Le rideau to nbe.)

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