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Sir Robert Peel

J’ai revu, rectifié et complété avec soin cette Étude historique sur sir Robert Peel. Je la crois exacte comme récit de sa vie, et fidèle comme portrait de son caractère et de son influence. Elle m’a fourni l’occasion de retracer et d’éclaircir quelques faits de notre temps et de ma propre vie, naguère bruyants et déjà entrés dans les calmes régions du passé. C’est bien vraiment une Etude d’histoire contemporaine , de cette histoire qui a pour nous l’importance et l’attrait d’un ami auquel on vient de dire adieu , et dont on se sépare le cœur plein de son souvenir.

»l PRÉFACE.

J’ai ajouté à cette Étude des fragments extraits des Mémoires de sir Robert Peel lui-même sur les principaux actes de sa vie publique. Pendant ma visite à Drayton-Manor , en novembre 1 848 , sir Robert m’ouvrit un jour , dans son cabinet , de

grandes armoires, et me montrant les papiers soigneusement classés dont elles étaient pleines : « Ce sont là, me dit-il, les lettres et les documents que j’ai conservés sur l’histoire de mon temps et de ma vie. J’ai rédigé, sur quelques époques particulières, de courts Mémoires. Je laisserai ces papiers à des amis sûrs qui en feront, après moi, l’usage que je leur indiquerai. » Quatre mois plus tard , en effet , le 24 mars 1 849 , sir Robert Peel ajoutait à son testament un codicile par lequel il léguait tous ses papiers , sans exception , à lord Mahon, aujourd’hui comte Stanhope, et à M. Cardwell , les instituant , sur ce point , ses exécuteurs testamentaires , et leur donnant plein pouvoir pour le choix et la publication des diverses parties de ses manuscrits, « bien assuré, dit-il, qu’ils exerceront ce droit de telle sorte qu’aucune confiance honorable ne soit trahie, qu’aucun sentiment particulier ne soit blessé sans nécessité , et qu’aucun

PRÉFACE. vu

intérêt public n’ait à souffrir d’une publication , prématurée et indiscrète. »

Fidèles à leur mission, lord Stanhope et M. Cardwell ont publié, au mois d’avril dernier, sous le titre de Mémoires du très-honorable sir Robert Peel , un premier volume en tête duquel on lit: « Parmi les nombreux manuscrits confiés à leurs soins, ceux qui ont attiré d’abord et surtout l’attention des

éditeurs sont deux Récits ou Mémoires rédigés par

sir Robert Peel, écrits de sa main et placés l’un près de l’autre : le premier, sur la question de l’émancipation des catholiques romains, le second sur les lois relatives à l’importation des grains. Au commencement du premier de ces Mémoiresy sir Robert a placé un compte-rendu fort court de l’un et de l’autre. Mais outre ces deux Mémoires , il y en a un troisième dont sir Robert ne dit rien dans ce petit avant-propos, et qui, dans l’ordre des temps, est placé entre les deux autres. Ce Mémoire, rédigé probablement à une époque très-antérieure, est d’un grand intérêt, quoique peu étendu, car il a pour objet les circonstances qui accompagnèrent la formation du premier ministère de sir Robert Peel en 1834 et 1835, et contient les lettres qui

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