Microgranites
Ces roches occupent la lisière orientale du Tonkin, depuis Lang-son jusqu'à Cao-bang, Bao-lac et même un peu au delà. Elles paraissent être en relation avec les cassures qui affectent les terrains primaires (schistes siluriens dévoniens, calcaires carbonifères) et dont la plus importante est la grande faille, dite de Langson, à Cao-bang. La venue éruptive suit sensiblement cette grande faille, mais, à la hauteur de Thàt-khé, elle offre une digitation très importante, qui se dirige vers Thai-nguyen au sud, à travers le maôsif du Caï-kinh. M. Termien, professeur à l'Ecole des mines de Paris, a examiné ces roches. Il leur a reconnu une texture générale microgrenue et la composition minéralogique des microgranites avec passage aux microsyénites et aux microgabbros. Nous nous trouvons manifestement en présence d'une venue de roches hypoabyssiques, c'est-à-dire de roches cristallisées en profondeur sous une faible épaisseur de terrains séd inventaires. Cette manière de voir repose sur 1 étude des conditions géologiques de ces roches, non moins que sur le résultat de l'examen microscopique. Partout où la roche a été vue, il a paru en effet qu'elle formait non pas des coulées interstratifiées ou superposées aux terrains sédimentaires, mais des amas qui percent à travers les terrains sédimentaires. Dans certains cas d'ailleurs, on a pu constater la superposition directe des terrains sédimentaires (primaires ou secondaires) etdes roches éruptives. D'autre part, on a observé dans iescalcairescarbonifères desfilons très nets de roche éruptive, dont l'épaisseur varie depuis dix mètres jusqu'à plusieurs centaines de mètres, dans des conditions telles qu'il ne peut faire aucun doute que ces filons sont en relation profonde avec les grands amas précités de roches éruptives.
On peut conclure de tout ceci que la roche éruptive a dû se loger dans les schistes primaires, sous la couverture des calcaires carbonifères qui ont été ensuite démantelés.
Enfin, dernière observation importante, on constate un métamorphisme faible, il est vrai, mais très net, au contact de la roche éruptive et des schistes encaissants.
L'âge de la venue des microgranites parait devoir se placer, soit dans la période crétacée, soit au début de l'époque tertiaire. En dehors du quadrilatère Thai-
nguyên, Lang-son, Cao-bang, Bao-lac, dont on vient de parler, on retrouve encore les microgranites au nord de la région de Moncay, où ils percent à travers les terrains primaires d'âge indéterminé et les terrains rouges.
Une coupe géologique très intéressante est donnée par la route du col de Langtu, entre Hanoi et Hounh-mo. Qn y voit le microgranite passer en profondeur au granité micropegmatitique et Ton constate ainsi positivement ce que déjà pouvait laisser supposer l'étude de la région de Lang-son-Cao-bang, à savoir que le microgranite du haut-Tonkin constitue la croûte supérieure d'uo puissant massif de granité.
Au voisinage immédiat des terrains sédimentaires, le microgranite oflre fréquemment une pâte très fine et passe même au rhyolite holocristallin.