FRUITS ET GRAINES OLÉAGINEUX
Coprah, — Le Coprah, ou amande desséchée de la noix de coco, est le produit de ce chapitre le plus intéressant pour la France. Voici les exportations de Saigon depuis quatre ans :
1897 i. 112 tonnes
11 y a eu malheureusement une baisse en 1901 : 1.456 tonnes.
Exportations de Saigon.
I.es exportations de 1895 n*avaient été qm* de 2.358 tonnes ; et celle sde 1 89fi de 2 . 334 tonnes. i,e débouché métro- Il y a donc eu progrés indiscuUible jusqu'en 181KL La majeure partie de cette exportation est à politain.
destination de France (maximum : 3.0.^) tonnes en 1897 ; dXM tonnes en 1899) (<). Mais si la production se développait il y a unt* énorme marge pour des expéditions plus importantes vers la Métropole. r.elle-ci absorbe tous les ans environ 75.(HX) tonnes de coprali, d'une valeur de 20 à 25 millions de francs, en provenance suilout des Philippines et de Java. Les cotes de la Gochinchine et du (Cambodge .sur le golfe du Siam et W sud de IWnnam (Itinb-dinh) se prêteraient au développement du cocotier.
Arachides. — I/Annam a 'xporté 302 tonnes d'arachides en 1897; 89 tonnes seulement tMi Baisse des exporta- 1898; et 221 tonnes en 1899. De Cochinchine, cette exportation a aussi baissé sensiblement. tiens.
Certaine» régions de l'Annam (côtes sablonneuses) se prêtent pourtant admirablement à la réussite de cette culture, dont l'Administration se préoccufie.
Sésame. — En revanche, les graines de sé.same (en provenance du t^mhodge) figurent en Hansse des exnorquantités croissantes à l'export de !<aigon : tations .
1897 254 tonnes.
1899 2<KÎ -
L*Annam en exporte également un peu (138 toimes en 1^'>tK); 221 tonnes en 19^M)y. ' l^s arachides et les sésames sont dirigés sur liong-kong.
■ Bien que les Huilent fassent partie d'une rubrique douanièri; dillérenle, lous croyons devoir les passer en revue ici, comme se rattachant t*iut naturellement aux fruits ou graines oléaghieux dont elles sont extraites.
(1) Lt TtÊttt ta à Siogapour.
Huiles de coco. — Elles ne constituant d'ailleurs qu*an commerce pen important et si^et à de grosses fluctuations. I^ Cuchinchine et l'Annam ont exporté 358 tonnes d*huile de coco en 1897 ; 41 tonnes on 1898; 113 tonnes en 181)9 ; 9S tonnes en 1900 ; et 113tonnesen 1901. (1)
Huiles d'arachides. — L'Annam qui exportait tOi tonnes d'huile d* arachides en 1895. et encore 183 tonnes en 1897, n'en a plus expédié à Hong-kong que 144 kilos en 1898 et 43 tonnes en 1899.
Huile de Hein du Tonkin. — Les exportations d'huile de ricin do Tonkin, après avoir baissé de 1895 (142 tonnes) a repris depuis 1899 (1899: 173 tonnes; 1900: 261 tonnes; 1901 : 182 tonnes). Elles sont destinées à Hong-kong. I^ ricin pousse à Tétat sauvage en Annam et au Cambodge, et pourrait se multiplier dans ces pays.
8o HUILES ESSENTIELLES ET SUCS VÉGÉTAUX
Nous modifions un peu le titre de ce chapitre douanier, les huiles propreroents dites ayant figuré au paragraphe précédent.
Caoutchouc. — L'année 1900 a vu prendre une importance très considérable, sous cette rubrique, par un produit qui ne figurait même pas à l'exportation de 1897, qui n'était inscrit quepour 2 tonnes en 1898 et pour 53 tonnes en 1899 aux statisitiques douanières de Tlndo- Chine : le caoutchouc.
Hausse scadaine L'exportation de caoutchouc du Tonkin (caoutchouc en provenance surtout du l>aos et de *« J ojq[M)rtaUons r Annam) a atteint 300.400 kilos en 1900, celle de Saigon 39.000 kilos (caoutchouc du Laos).
Ce mouvement a ilonc plus que sexMplé en deux ans. Par suite, à la fois d'une- concurrence
désastreuse entre acheteurs, qui ont fait monter les prix du produit d'une façon anormale en
Indo-Chine, et d'une baisse au contraire sur les marchés de consommation, par suite aussi
Baisse en 1901 ; ses d^un soin moindre apporté dans le choix des gommes, on a dû noter une baisse sensible dans
causes. les exportations en UK)1 : 266.000 kilos (76 tonnes de Saigon ; 190 tonnes de Haiphong).
Mais les ressources del'Indo-Chine en caoutchouc n'en existent pas moins.
Principaux centres L'arrière-pays des provinces de Ha-tinh et de Vinh, dans le nord de l'Annam, les Hua-panhs
du caoutchonc eu et le Tran-ninh, toute la chaîne annamitique, sur ses deux versants du 12® au 19* parallèle
nao-Lûine. (surtout à partir du 16«), et enfin les forêts de la vallée du Mékong, sont les principaux centres
où Ton rencontre les lianes à caoutchouc; mais on les trouve aussi, en quantités plus on moins abondantes, dans les forêts de l'est de la Cochinchine, du moyen-Tonkin (massif do Bao-day) et du Cambodge. 11 est longuement question de ces lianes dans le rapport sur le développement de Tagriculture. l^ur produit est coté de 7 à 9 francs le kilo sur le marché métropolitain.
L'arbre à gutta de Produits guttoîdes. — Sous la dénomination Gutta-Percha, la Douane de Saigon a relevé rindo-Ghine. des exportations de quantités très peu importantes (2) de produits difficiles à identifier, mais
qui ne sont certainement pas de la gutta proprement dite VjQ qu'il faut retenir à ce sujet, c*est l'intérêt que présente le latex du Dichopsis Krantziana (Thior des Cambodgiens), arbre qui existe dans la province de Kampot, et même sur quelques points de la chaîne annamitique. 11 en est parlé dans le rapport agricole, de même que des expériences qui se poursuivent par les soins du Ministère des Postes et Télégraphes sur Vutilisation du thior pour la fabrication des câbles sous-marins.
1 Ghiflre pour 1* Annam seulement.
(2) 60 kilos OQ 1897. 290 en 1 H»8, 1 . 51 3 kilot en 1899.
Gùmme-ifutte. — La Gomme-gutte est un produit cambodgien (1) qui sort par Saigon. I/exportation n*a pas progressé depuis quatre ans, comme le prouvent les chiffres suivants :
1897 22.000 kilos
1900 12.000kilos
Ce produit est exporté à Singapour. Le Siam, l'Inde et Ceylan sont les autres pays producteurs Destinations et emde cette gomme, qui sert surtout à faire des émulsions d'un beau jaune pour la peinture à l'eau, ploi.
et aussi pour la coloration de nombreux vernis à l'alcool et à l'essence.
Gemme laque, — Elle est d'ailleurs moins intéressante qu'un produit ayant une destination analogue; la gomme laque {sticklac des Anglais)^ de provenance cambodgienne ou laotienne, dont les exportations, par Saigon, ont été en progrés (sauf un arrêt en 1898) jusqu'en 1900, pour redevenir stationnaires.
1897 196.000 kilos Mouvement des ex-
1898 59.000 — porUtions.
Cette gomme laque va à Singapour, qui en reçoit également du Siam.
Au Tonkin, les exportations de gomme laque sont également en hausse, ayant, passé de 68.000 kilos en 1897 à 170.000 kilos en 1899, 185.000 kilos en 1900, et 170.000 kilos en 1901. La FVance en a reçu un peu plusde 100.000 kilos enlOOl, contre 242.000 kilos en 1900.
Benjoin. — Le Benjoin^ qui provient des Hua-phas (Haut-I^os), présente des fluctuations Fluctuations, sensibles, et est en somme en baisse (1897: 38.000 kilos, 1898: 9.000 kilos, 1899: 18.000 kilos) Saigon en a exporté pour la première fois une quantité appréciable (5.022 kilos) en 1899 (2) Le benjoin est demandé surtout par la Métropole.
Huile de badiane. — L'huile de badiane est un produit intéressant en ce sens que la région de Langson, au Tonkin et la province voisine du Kouang-si, ont une sorte de monopole pour la production de cette huile essentielle.
1893 Pas d'exportation
1894 23.000 kilosi «
«895 3.129 - «raV
Augmentation : 50 V, 1901 : 44 960 kilos.
1897 41.000kilos Mouvement com-
1898. . . . ^4.000 — ) mercial de 1893 à
Pakhoi était jusqu'à ces derniers temps le gros port d'exportation d'huile de badiane: Concurrence victo- 95.000 kilos en 1898; 58.000 kilos en 1899; 45.720 kilos seulement en 1900. 11 expédie rieuse d'Haiphong également des fruits de badiane : 121 .000 kilos en 1898 ; 86.000 kilos en 1899 ; 3.960 kilos ■'"' Pakhoi. seulement en 1900. Mais le Tonkin a réussi à prendre une place égale dans ce commerce spécial.
i Produit par le « Gardnia Mérella » {Hong des Cambodgiens;. L'arbre se retrouve également on Gochinchine.
(t) BxportâtkM» de 1900 : 15.178 Uloe i . ,,. . p. ,„^
ISOl; 19.000 a { de llndo-Caiine.
doni». — 18.000 à degtfnatfoB de Wtmot.
Toute l'huile de Badiane exportée est exclusivement à dessination de la France depuis trois ans. La plantations de ces arbres est encouragée dans le deuxième territoire militaire. La question de la récolte des fruits plus ménagère de Tarbre, et celle de la distillation méritent également qu'on s'en occupe.
Arbres qui les fournissent.
Emplois de l'huile d'abrasin.
Progrès des exportaUons des huiles à laquer.
Exemple de l'étranger.
Huiles à laquer. — Sous cette dénomination les statistiques du Tonkin inscrivent à la sortie des huiles siccatives (woodoil ou huile de bois des Anglais) et des vernis qui proviennent de deux arbres principaux :
jo L'abrasin, ou faux bancoulier {AleuriUs Cor data) Cây-trâu, ou Cây-dâu-san des anhairiites (i).
2° L'arbre à vernis (Rhus Vernicifia; Cây son des Annamites).
Le premier produit (extrait des fruits par pression) est le plus intéressant pour nous, car .sa puissance siccative extraordinaire pourrait en faire, au moins pour la préparation de certains vernis, un remplacement partiel et avantageux de l'huile de lin dont l'importation en France atteint 125.000 tonnes par an.
Les Huiles à laquer du Tonkin sont toutes exportées vers Hongkong. Les quantités ont été les suivantes:
1897. . . .• .........:....; ; . . : .....;..;:.;. 52i. 000 kilos
Ces deux essences pourraient être multipliées par des plantations de villages dans le moyen Tonkin. Quelques Européens ont planté des abrasinset des bancouliers comme « arbres abris » dans leurs concessions. On. le retrouve en Annam et au Laos, et dans l'Est de la Cochinchine. On rencontre un arbre analogue au Rhus Vernicifera, le Mélannorhea vsitata au Cambodge. Cet appoint commercial éventuel n'est pas à négliger. Hankéou exporte à lui seul de 15 à 20.000 tonnes d'huile de bois. Le Jipon en exporte également. Les fruits du Rhus vernicifera fournissent une sorte de suif végétal très recherché . L'existence et la multiplication possible de ces essences en Indo Chine, le petit courant commercial qu'elles alimentent déjà, sont donc des garanties pour l'avenir, en prése ice surtout de la destruction systématique des arbres en Chine.
Progrès des exportations de M cunao ».
Signalons enfin, comme pouvant se ranger, dans les produits forrestiers, les progrès très sensibles d'un tubercule tinctorial, le cunao, qui est très demandé dans la Chine méridionale. Son exportation a passé de 3. 424 tonnes (année moyenne 93-96) à 5.274 tonnes (année moyenne 97-1900). L'exportation de 1901 a été encore supérieure (6.566 tonnes).
Récapitulation des Si nous récapitulons maintenant les valeurs d'ensemble de toutes les exportations de l'Indo-
progràs (yaleurs) Chine, telles qu'elles ressortent du tableau figurant en tète de ce rapport, on se souvient
des emortations 1 1 '
de 1892 a 1901. ^»i'elles présentent les accroissements suivants, par moyenne quinquennale comparée .'
(1) On trouve é^lement au Tonkin le liancoulicr proprement dit, ou noyer des Moluques, dont les fruits founiissent une huile siccative
S 1^8 Uipiirocarpie* (Cdy Dâu Rai principalement) de TEsi de la Cochinchine, du Cambodge et da Laos fournissent des olèo-résines employées localement au calfatage des barques, mai& qui n'ir.léicFtfi.l fas le commerce d'exportation.
milliers de francs
Exportations (valeurs)
Soit un gain de 55.55Va Sur ces totaux, les marchandises expédiées en France figurent pour les chiffres suivants :
r Année moyenne i89M896 97.275
} Année moyenne 1897-1901 U0.9I9
Milliers (Je francs
Milliers do francs
1899 34.566 ^^oyenne
MouYement des exportations globales vers la France.
moins l'Extrême- Orient.
Augmentation de la valeur moyenne des exportations T .
globales vers la France I
On sera surtout frappé de la régularité du mouvement d*accroissement, qui a plus que triplé depuis 1893 (sauf un arrêt en 1890).
Cependant il ne faut pas perdre de vue que l'immense marché chinois, voisin de notre i,e principal déboa- Colonie, et à moindre degié, les aulres pays d'Extrême-Orient, du Japon à Tlndc, en passant cbé reste néanpar les Pilippines, les Indes néerlandaises et la Péninsule Malaise, demeurent le marché principal des produits de Tlndo-Chine.
En ce qui concerne plus spécialement les deux centres d'attraction de Hongkong et de Singapour, ils ont absorbé pendant les deux dernières années pour lesquelles nous possédons des relevés complets (1), les valeurs suivantes:
Milliers de francu
"TssT" Tgoo
Hongkong 65.010 67 .034
Singapour 12.299 13. 797
sur une exportation respective vers l'étranger de 114.370.000 francs et de 120.791.000 f»ancs. 11 y a là un phénomène naturel contre lequel rien ne peut prévaloir, et que traduit si bien ce nom symbolique : Vlndo-Chine,