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CHAMBRES DE COMMERCE ET D'AGRICULTURE

Les Chambres de commerce de Hanoi et de Haiphong ont été instituées et réglementées par les arrêtés du 8 novembre 1884, du 3 juin 1886 et du 16 février 1889. L'arrêté du 16 novembre 1901 a réglementé à nouveau la formation et le fonctionnement des Chambres de commerce et agrandi le cercle de leurs attributions.

Les Chambres de commerce donnent au Gouvernement les avis et les renseignements qui leur sont demandés sur les questions commerciales et industrielles et notamment sur les changements apportés dans la législation commerci île, sur l'exécution des travaux qui peuvent intéresser le commerce et l'industrie et sur l'établissement des banques locales. Elles présentent leurs vues et leurs observations sur l'état du commerce et de l'industrie et les moyens d'en accroître la prospérité.

Les Chambres de commerce peuvent, depuis l'application de l'arrêté du 14 novembre 1901 , être autorisées à fonder et à administrer des établissements à l'usage du commerce, tels que magasins généraux, salles de ventes publiques, entrepôts, écoles de commerce et écoles professionnelles, cours pour la propagation des connaissances commerciales et industrielles. Les autorisations sont, à cet eiïet, données aux Chambres de commerce par le Gouverneur Général. Elles peuvent, avec l'autorisation du Gouvernement, acquérir ou construire des bâtimenls pour leur installation, etc..

La Chambre d'Agriculture du Tonkin a été réorganisée par arrêté du 24 février 1900. E3]e donne son avis sur les questions d'intérêt agricole qui lui sont soumises par le Gouverneur Général ou le Résident supérieur au Tonkin et peut émettre des vœux sur les objets de sa compétence.

^meset enconra - Pour encourager les planteurs français dans leurs entreprises agricoles et récompenser le

gements à l'agrir résultat de leurs efforts, le Gouverneur Général a décidé, par arrêté du 26 juin 1898, d'accorcnltore.

der annuellement des primes en argent aux exploitations convenablement établies et entretenues et comprenant les cultures suivantes :

Café;

Thé;

Coton à longues soies ;

Indigo;

Jute;

Ramie.

Des primes exceptionnelles peuvent être également attribuées, aux termes dudit arrêté, à des exploitations agricoles ne comprenant pas ou ne comprenant que partiellement les cultures désignées ci-dessus, pour la bonne tenue de Texploitation, les recherches faites et les progrès réalisés.

Les demandes présentées par les colons pour l'obtention d'une prime sont examinées par une commission qui tient compte ilans l'attribution des primes, des efforts faits par le planteur, de leur utilité au point de vue de l'intérêt général et du développement de la colonisation au Tonkin, des sacrifices consentis et des résultats obtenus.

Une somme de 18.000 piastres est inscrite au budget de 1902 pour les primes et encouragements à l'agriculture.

La Chambre de Commerce de Hanoi avait émis, en 1898, un vœu tendant à la création d'une £qq\q nrofeaflionécole professionnelle qui serait instituée spécialement pour les indigènes et qui serait placée nelle.

sous son patronage et sous sa direction. L'Administration approuva cette délibération et autorisa la création d'une école professionnelle qui fut installée dans les locaux dépendant de la Chambre de Commerce. Un nombre déterminé d'élèves indigènes suivent, dans celte école, des leçons de dessin, de comptabilité, d'art décoratif, d'architecture et de construction pratique. La Chambre de Commerce s*est appliquée notamment à rénover et à développer les diverses branches de l'art indigène au point de vue des travaux d'incrustation, de laquage, de sculptures sur bois, de broderies sur tissus, d'orfèvrerie, etc. . .

En 1900, deux artistes japonais ont été attachés à l'Ecole professionnelle en vue d'apprendre aux indigènes à perfectionner les procédés employés au Tonkin dans l'industrie du laquage.

Les progrès réalisés par les élèves qui ont fréquenté cette école pendant deux ans font bien augurer de l'avenir.

L'industrie de la soie est très répandue au Tonkin, mais les procédés rudimentaires et défec- q. . tueux qu'emploient les indigènes dans la culture du mûrier, l'élevage des vers et la préparation Nam-Dinh

du ni donnent un produit qui s'écoule facilement sur place, mais qui ne saurait être livré à l'exportation.

Sur la proposition du Couvemeur Général, le département a confié à un sériciculteur de la Métropole une mission ayant pour objet d'étudier les améliorations qui pourraient être apportées à l'industrie ^éricico1e au Tonkin. Des essais et des expériences ont été faits, en 1899| pour la culture du mûrier. L'année suivante, une filature a été installée à Nam-dinh sous la direction de M . Dadre, chargé de cette mission et de ces travaux séricicoles. De sensibles progrès ont été d'ores et déjà réalisés et les résultats obtenus à Nam-dinh permettent d'espérer que les Annamites s'assimileront rapidement les procédés usités en France pour l'élevage des vers à soie, lu sélection des graines, la manipulation des cocons et le tissage des fils de soie de manière à obtenir des produits qui pourront lutter sur les marchés d'Europe contre les produits similaires importés de Chine ou du Japon.

Un crédit de 7433 piastres a été aflecté en 1902 au fonctionnement de la station séricîcole de Nam-dinh,

titution de l'orre de Mérite.

Par arrêté du 30 avril 1900, le Gouverneur Général a institué en Indo-Chine l'ordre de Mérite pour récompenser les service rendus à l'aj^riculture, au commerce, à l'industrie parles indigènes et Asiali<|U(s élranj^crs. Les tilulaires de la croix du Mérite de I"', ^cetS*^ classes auront respectivemeni ranjj, dms les cérémonies publiques, de Tông-dôc, Phu et Huyôn. I^ croix du mérite peut être éj^alement accordée aux personnes qui ont libéralement exécuté des œuvres d'intérêt public ou fondé des institutions de bienfaisance.

Les principales entreprises dues à Tinitialive privée, dans le domaine industriel, sont les suivantes :

eloppement de rindustrie.

La situation des charbonnages de llongay est très prospère et leur production va en s'élevant constamment avec le chiffre de ses exportations et de ses ventes.

Une usine importante vient de s'élever à llaiphong pour la fabrication de la chaux hydraulique et des ciments. Cette usine est complètement terminée et fonctionne depuis quelques mois dans d'excellentes conditions.

Parmi les autres établissements industriels de premier ordre, il faut citer les filatures de coton Meiffre et Cousins à Hanoi, de la Société cotonnière à Haiphong, Dupré à Nam-Dinh, les briqueteries et fabriques de produits céramiques Blazeix à Dap-Cau, Meiiïre et Bourgouin à Hanoi, sans compter les innombrables briqueteries indigènes réparties sur le territoire du Delta et toutes en pleine activité, sudisant à peine aux besoins de la consommation actuelle .

L'usine électrique construite à Hanoi et destinée à fournir la force motrice au réseau de tramways installé dans celte ville est terminée et le service d'exploit'ition fonctionne depuis deux mois sur doux lignes. Dans quelques jours, une troisième ligne de tramways sera livrée à l'exploitation.

Dans la province de Haiduong la construction de la ligne de tramways sur route, qui doit relier le centre important de Ninli-giang à Késat, est sur le point d'êlre achevée. D'autres projets de tramways sur route sont à l'étude ou en construction dans les provinces de ^amdinh et de Son-tay.

rice des Epizooties.

Les nombreuses épizooties qui, dans le courant de ces dernières années, à des périodes régulières et malheureusemcMil trop rapprochées, ont décimé le bétail du Tonkin, ont appelé l'attention du Gouvernement sur la n<!'cessité de créer un Service Vétérinaire chargé de la surveillance de TéUit sanitaire du bîHail, de l'application des mesures de précaution contre les maladies contagieuses et, en général, de Tétude de tous les moyens tendant à la conservation et à l'amélioration des races d'animaux domestiques.

En 1897, une épizootie de peste bovine, probablement introduite au Tonkin par des animaux importés du Quang-tong et du (juang-si, se propagea sur une grande partie du territoire et fit périr une ({uantité considérable de béUiil. Le lléau se développa si rapidement esévit avec une telle intensité «pie, sur plusieurs points, la totalité des bœufs^et des buffles fut presque anéantie et que des rizières ne purent être ensemencées, les propriétaires n'ayant put se procurer des buflles pour les travaux de labour.

L'Administration prit immédiatement des mesures éncrgi<iues pour restreindre la marche de l'épizootie et éteindre les foyers d'infection. Un de ses premiers soins fut de demander la promulgation de la loi du "21 juillet 1881 sur la police sanitaire des animaux.

Ce décret fut promulgué par arrêté du 29 avril 1898. En même temps, des parcs quarantenaires > t des sl:itions sanitaires furent installés soit dans la province de Ninh-binh, sur la frontière de l'Annam, soit sur la frontière de Chine et notamment à Moncay et à Nam-quan. Des circulaires indiquant les mesures à prendre contre la peste bovine et la fièvre aphteuse, furent adressées aux chefs de province et portées, par voies d'instructions et d'affiches, à la connaissance des autorités indigènes et des villages.

Mais il n'existait pas encore auTonkin un service rôfçulitTcment organisé au point de vue Arrêté du 13 des ('pizooties et des éta])Iissements zootechni(|U('.s. L'arnHé du 13 novembre 1001 a comblé vembre 1901 cette lacune en organisant le service vétérinaire vi d'inspection dos épizooties, sous la direction technique d'un vétérinaire, inspecteur du service des épizooties et des établissements zooteclini(|ues.

Le service des épizooties au Tonkin, placé sous l'autorité du Résident supérieur, assure la surveillance de l'état sanitaire du béUiil o.l l'application des mesures contre les maladies contagieuses. Les vétérinaires inspecteurs des épizooties peuvent être chargés, suivant les besoins, de rinspection des viandes et animaux de boucherie, de l'inspection des marchés, foires, abattoirs et du matériel de transport ou de dépôt servant au bétail et aux denrées ou produits en dérivant.

Des aides-vétérinaires, vaccinaleurs indigènes, sont adjoints, dans cbacun des pays de Vaccinatears il rindo-Chine, aux vétérinaires du service des épizooties. Ils sont nommés après un stage gènes.

d'études à l'Institut Pasteur de Nha-trang et sur un certificat d'aptitude délivré par le directeur de cet étabhssement.

Grâce à la réglementation ([ui vient d'être exposée, l'Administration se trouvera mieux armée que précédemment pour lutter contre les maladies contagieuses qui ont si souvent décimé le bétail au Tonkin et qui ont des résultats si funestes pour l'agi-icullure et, en général, pour l'état éconoraiciue du pays.

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