GIOVANNI GRITTI AU DOGE
Rome 12 juillet 1586.
(Angleterre et Alger.)
i.i Parlant des affaires d'Espagne, Sa Sainteté m'a
dit que Tambassadeur du Roi Catholique s'était complu à s'appesantir sur les forces des royaumes de son souverain. Selon lui, le roi était maître d'une partie du monde plus grande que celle où commandait le Turc, et, en mettant en regard, soit les États, soit les peuples, les sujets du roi d'Espagne étaient, sans comparaison, plus valeureux que ceux du Turc, qui étaient une race asiatique et peu propre à l'action. A ce sujet, Sa, Sainteté m'a fait observer que, néanmoins, une femme (la reine Elisabeth), tenait tète à ce puissant monarque, que des bâtiments anglais côtoyaient l'Afrique, en dehors du détroit, détruisant dans les eaux du cap Vert toute la navigation espagnole, et que le corsaire Drake avait ravagé l'île espagnole (Saint-Domingue) qui était la fleur de l'Occident, pendant que le roi de Navarre faisait avec succès des incursions sur le territoire espagnol. Le pape ajouta que le Roi Catholique lui avait fait espérer de vouloir faire quelque entreprise (contre les Barbaresques), mais qu'il s'était refroidi et comptait se diriger contre l'Angleterre. . .
Arrcb. Ven. Disp. Roma.