SIXTE-QUmT àV GRAND-DUC FRANÇOIS DE MÉDICIS
Rome, 23 avril 1586.
(PourpaHers sur les entreprises projetées contre Alger et l'Angleterre.)
Dilecte fili^ nobil^ tnV, salutem et apostolicam benedktioneim^ etc. Par Luigi Dovara nous avons reçu la lettre de Votre Altesse du 28 février, et par Gerini, celle du 15 mars, relatives à l'affaire que Dovara a traitée en Espagne. Quoique ce dernier ne fut pas
* Cette lettre et les pièces que je donne sous les n" 15, 15, 17 et 18, prouTent que les négociations secrètes entamées, dès son avènement, par Sixte-Quint avec le grand-duc François, n'avaient pas pour but, comme quelques auteurs Font supposé ou même affirmé, la conquête de Naples, mais une expédition contre Alger qu'il comptait entreprendre avec le concours du roi d'Espagne, de la Toscane, de Gênes et de Malte
muni d'un mandat spécial, ainsi que cela devait être, vu l'importance de l'affaire en question, mais seulement d'une simple lettre de créance de Sa Majesté pour Votre Altesse, néanmoins telle est notre confiance dans les paroles de Votre Altesse, que nous avons ajouté foi à tout ce que ledit Dovara nous a communiqué en Son nom, de vive voix et par écrit au sujet des intentions de Sa Majesté. Et nous nous sommes résolu à concourir à l'entreprise (contre l'Algérie*) à l'époque qui sera jugée convenable, avec, quinze mille fantassins et mille cavaliers, et pour couvrir d'autres frais, à payer en outre, pendant quatre mois, 40,000 écus par mois, ce qui fait un total beaucoup plus considérable que les subsides donnés par nos prédécesseurs en semblable occasion ; car nous avons voulu vérifier ce qui a été donné par Paul III à Charles-Quint pour la guerre d'Allemagne , par Jules III pour celle de Parme, par Paul IV à l'occasion de l'arrivée, en Italie, des Français, et dernièrement par Pie V pour la flotte, et nous avons trouvé que ces subsides n'arrivent pas à 100,000 écus par an, tandis que ce que nous comptons faire dépassera de beaucoup çffiXe somme, chaque mois. Mais nous le faisons volontiers, ayant pleine confiance dans la grande prudence de Votre Altesse qui saura diriger Qette affaire au profit de notre dignité et réputation. Votre Altesse pourra en informer Sa Majesté, à qui nous écrivons un bref en nous référant à ce que vous Lui aurez communiqué.
Arch.Fir. fil. 5715.
* Cela résulte du rapport d'Hieronimo Lippomano au doge. Madrid, i6 décembre 1586.