SlXTE-QUINT AU GRAND-DUC FRANÇOIS DE MÉDIGIS
Rome, 1" août 1587.
(La marine pontificale.)
Dilectefilij nobUisvir^ etc. Nous avons déjà fait connaître à Votre Altesse parGerini, notre intention de construire quelques galères pour la défense de nos côtes de Rome continuellement ravagées par les bâtiments
des Barbaresques. Déjà, l'an dernier, ils ont fait de grands dommages. Dernièrement, ils se sont montrés près de Terfacine. Les populations, averties par les gardes des lours, les ont empêchés de débarquer; mais les corsaires ont pris en mer quelques petits bâtiments, beaucoup de marchandises et un grand nombre d'Ames chrétiennes; en sorte que, n'étaient les galères de Votre Altesse, nous serions à peine en sécurité, ici, à Rome. Maintenant, ayant résolu d'exécuter notre projet et sachant que Votre Altesse possède du bon et vieux bois propre à la construction des navires, nous comptons profiter de Ses offres en La priant de nous faire faire deux galères, ou du moins une, avec la plus grande promptitude possible. Quant à la forme et aux particularités de la construction, comme nous ne nous y entendons guère, nous nous en rapportons au jugement et à l'expérience de Votre Altesse, en exprimant seulement le désir que ces bâtiments soient légers et aptes à donner et à supporter la chasse. Pour le reste, nous voudrions n'avoir à penser à rien, excepté à faire remettre l'argent à Florence, dès que Votre Altesse aura fait connaître au nonce le montant de la dépense. Nous ne dirons pas ici combien sera grand le plaisir que vous nous ferez ; nous dirons seulement que mieux ces bâtiments seront construits, mieux ils serviront de conserve avec les nôtres, à courir sus aux infidèles, ennemis du nom chrétien.
Arch.Fir. fil. 5715.