‹ Slaves et Teutons: notes et impressions de voyage (volume 2)Chapitre 11 sur 55 · POINTS DE CONTACT DES SLAVES BT DES TEUTONS · texte numérisé non relu

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rance au service du bon droit, teair tête aux Allemands et reformer une nation, — triomphe dont l'honneur revient tout entier à la démocratie et aux trois hommes qui ont su se faire écouter d'elle.

La Galigie nous montrera un reflet de la Pologne des beaux jours : Une aristocratie puissante exerçant sur toute la province une influence incontestée et qui s'étend môme aux autres contrées polonaises. A Cracovie, tout respire le cuUe du passé hisUhriqiie, des grands hommes, de la gloire, tout ce qui forme le capital social sur lequel on assied une idée 'nationale. Nulle part on ne sent mieux ce qu'a voulu exprimer M. Renan par ces mots : Une nation est une âme, un principe spirituel^. Ici c'est la noblesse qui est la fidèle gardienne de ce principe.

En SiLÉsiE, dans le Grand-Duché de Posen et dans la Prusse royale, c'est-à-dire dans toute la partie orientale du royaume de Prusse, la situation des Polonais se présente sous des aspects très divers. La conservation de la race polonaise en Silésie, où elle est privée de tout élément de résistance, l'attitude énergique des Polonais du Grand-Duché qui ne peuvent opposer que la force

^ Qu^est-ce qu^une nation 9 E. Renan. 11 mars 1882.

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d'inertie à la propagande prussienne, le réveil «ubit du sentiment national dans la Prusse royale sont des faits qui méritent l'attention, surtout de la part d'un peuple dont deux provinces sont depuis douze ans entre les mains de ces mômes Prussiens qu'on voit opérer sur leurs frontières orientales d'une manière si méthodique et si fatale à la race slave. — Là, comme en France pour le gouvernement, le prêtre est l'ennemi qu'il faut écraser. La guerre à outrance soutenue depuis dix ans par M. de Bismarck contre les prêtres prouve jusqu'à l'évidence que le rôle du clergé n'est pas près de finir dans les sociétés modernes. Le catholicisme romain est le dernier rempart de la nationalité polonaise. La réaction qui a été provoquée par la persécution religieuse ne permet plus de douter de la vitalité des Polonais.

L^action des Allemands sur le territoire russe •s'exerce principalement dans deux régions. Dans la partie occidentale du royaume de Pologne et dans les trois provinces bal tiques, la Courlande, la Livonie et l'Ësthonie.

L'influence allemande dans les provinces baltiques date de plusieurs siècles. Les Allemands forment la classe riche, la masse du peuple est composée de Lettes. Ces provinces jouissent d'un régime exceptionnel ' qui assure à ces popula-

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tions une véritable autonomie. Dans ces conditions rien n'attire ces Allemands vers la Prusse ; ils ont avantage à rester sujets russes, à moins que le gouvernement ne continue à éveiller des idées nationales chez les Lettes pour contrebalancer Tinfluence allemande. C'est une faute grave, car il froisse les intérêts légitimes d'Allemands , sujets russes, et il ne sera peut-être pas maître un jour d'empêcher l'explosion de sentiments hostiles aux Allemands qu'il stimule aujourd'hui dans la masse populaire. Or les Prussiens ne peuvent manquer de faire valoir quelque jour leurs prétentions sur ces territoires, comme ils le font pour tout pays où les Allemands jouent un rôle quelconque, et le gouvernement russe risque, par sa manière d'agir, de leur donner plus d'un prétexte à intervention.

En ce qui touche le territoire russe, cette étude se borne à l'exameù de la situation actuelle du royaume de Pologne. C'est dans cette partie de la Russie que l'on constate les progrès les plus rapides des Allemands. Leur rôle dans Tindustrie est déjà considérable. Il se produit dans cette région un fait tout particulier. Le Polonais a af- •faire à deux ennemis. — L'un le garrotte, c'est le Russe, l'autre en profite pour le dévaliser, c'est l'Allemand. La race polonaise a-t-elle le moyen do

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se dégager et de se défendre ? Il 7 a deux forces daBS le roj'ftitme de Pologne : la petite noblesse <les eavpaignes (szlachta) et le tiers^tat des villes BOtamÊÊÊfÊà de YursoTie. Les destisées de la race dépesdnut ée la conduite fue sauront tenir les iKMsrgeoîft et tes gentiMdMMiaaes.

En eai» de goerre entre F ADemagne et la Russie, en s^ra infatilliUement amené à une oouyelle délimitation éè- frontières dans la Tallée de la Yistule. Qii«Ue est la situation aetœlle des populations de cette région; est'^e vers rÂliemi^e on vers la Knssie que tes portent leurs intérêts politiques et ëconoiiûques?Ces questions font l'objet de toutes les conTersatîons. en Pologne. J'ai rassemblé ici tes immcipaux éléments qui peuvent aider à les résoudre. On est assez disposé en France à croire que la Pologne démembrée, affaiblie par de contiluieUes insiionrections, germanisée dans toute la part» occidenitate, se russifiera peu à peu dans la partie orientale et que les éléments sociaux en sont déjà complètement désagrégés. On en conclut qa'eââMsée depuis un siècle de la carte de TËurope, cette nation ne peut plus avoir désormais de signiflcation politique. Partant de ces données, la masse des Français paraît ne plus avoir pour les Polomâis que Tadmiration platonique due à leur couraige et i leurs malheurs» Il est de l'intérêt

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