PONTS SUR LA VISTULE
En territoire russe il n'existe de passage fixe sur la Vistulc qu'à Varsovie : un pont de cbemin de fer et un pont cbausâée.
En territoire prussien : Thorn. Pont de chemin de fer.
Pont chaussée.
Dirschau. Pont de chemin de fer.
Pont de bateaux.
Marienburg. Pont de chemin do
fer. Pont de bateaux.
Kurzebrack près de Marienwerdcr. Pont volant.
Il y a en outre quinze petits ponts et bacs en Prusse, qu*on ne pourrait utiliser en cas de guerre, mais qui sont aux endroits où le fleuve et le terrain offrent les dispositions, les plus favorables pour établir rapidement un pont. Avec l'organisation actuelle du train de pontonniers, il faut le rassemblement de trois corps d'aroiée sur un même
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point pour pouvoir établir un pont sur la Vistule car les pontons dont dispose chaque corps d'armée prussien ne permettent pas de construire un pont de plus de 200 mètres et la Vistule a partout une largeur de 600 à 700 mètres.
mârchb des armées.
Nous allons suivre maintenant Tauteur dans sa description des opérations de guerre. Ni description de batailles» ni surprises^ ni marches invraisemblables ; la simple indication des directions que peuvent, vu Tétat des lieux, suivre les divers corps d'armée.
Armée russe, — Il faut d'abord remarquer que la frontière russe est toujours gardée par une armée qui au premier signal peut envahir les provinces orientales de la Prusse. Ces forces se composent de 22 régiments de cavalerie régulière, de 10 régiments de cosaques, de 14 batteries d'artillerie à cheval, de 4 brigades de tirailleurs.
Ces troupes légères doivent se répandre dans le pays ennemi pour détruire les voies ferrées, empêcher la mobilisation, faire des réquisitions et enlever tout ce qui pourrait servir à approvisionner les armées austro-allemandes. Cette invasion subite produit toujours un grand afifet moralsur les populations ; l'auteur déclare que sous ce rapport la Russie a une supériorité réelle sur la Prusse et l'Autriche.
Remarquons cet aveu. Il a dû coûter à un Allemand ; mais la brochure dont nous donnons l'analyse a déjà été lue par les maires, notaires, instituteurs, pasteurs et curés de tous les villages qui avoisinent les frontières. Les populations sont ainsi prévenues des risques auxquels elles sont exposées. Que le fait se produise maintenant au lieu
de se sauver en tresordre et de fuir vers rinlérieur du pays en encombrant les routes dont les troupes ont besoin pour leur concentration, elles sauront attendre que le gros de l'armée prussienne arrive et chasse ces masses de cavaliers.
Il est probable que les Russes formeront trois armées : au nord : Tarmée de Lithuanie, la moins importante, concentrée à Kowno.
Au centre, Tarmée de Pologne, ayant pour base d'opérations le triangle polonais. Elle sera la plus forte, car son objectif sera Berlin .
Au sud, Tarmée de Volhynie, destinée à opérer contre les Autrichiens.
L'armée de Liêhuanie s'avancera à travers la Prusse orientale, traversera le Pregel et poussera jusqu'à la Vistule, en laissant Kônigsberg sur sa droite. Elle combinera sa marche avec la flotte qui tentera une descente sur le littoral. Il faut rappeler que les opérations de la flotte russe sont rendues très difficiles parles étangs qui protègent Kônigsberg. — L'armée russe ne rencontrera pas d'obstacles sérieux jusqu'à la Vistule, mais elle s'affaiblira beaucoup, car elle devra laisser deux corps importants devant Kônigsberg et devant Danzig ; de plus elle devra se protéger contre les troupes prussiennes venant de la place de Thom. A cet effet la grande armée de Pologne devra l'appuyer dans les deux directions de Bialystock-Lôtzen et de Nowo-Georgiewsk-Mlawa-Deutsch Eylau.
Ici deux hypothèses se posent ; ou bien l'armée de Litbuanie essaiera de forcer le passage de la Vistule à Graudenz pour gagner la vallée de l'Oder, ou bien elle se contentera d'occuper les deux provinces de Prusse orientale et occidentale en attendant la reddition de Kônigsberg et de Danzig. L'auteur croit que l'armée déjà affaiblie par les corps qu*il aura fallu détacher pour bloquer ces deux places devra se résigner à ce dernier parti.
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La grande année de Pologne peut choisir entre deux dircc lions, l'Ouest ou le Sud-Ouest. En marchant vers l'Ouesl oUe rencontre Posen. En suivant la ligne Sud-Ouest, elle ])énètre en Silésie et si un effort sur Breslau réussit, clic ne trouve plus jusqu'à Berlin que Glogau qui n*est qu'une place de second ordre ; en outre le terrain se proie à de frrandes opérations militaires. Malgré ces avantages, il faut exclure cette marche des probabilités, parce que la ligne d'opéra lions s*allonge indéfiniment et la moindre diversion l'aile par une armée pmssionno ou autrichienne sur l'un des flancs couperait la ligne de communication. Comme les Russes n'ont sur la Vistule qu'un seul pont, celui de Varsovie, cette diversion pourrait amener un désaslre complet.
Il n'y a donc de possible qu*uno marche par la vallée de la Wartho. L'armée suivra- l-clle la rive droite ? Ce n'est guère probable, le terrain entre la Warlhe et la Vistule est couvert de grands lacs. La marche par la rive gauche n'est pas bien préférable, on trouverait des forêts, (les marais, la vallée de l'Obra ; les communications ne sont pas bonnes et l'armée serait prise entre les deux places fortes de Posen et de Glogau.
Quant à la troisième armée, celle de Volhgnie, qui sera destinée à combattre les Autrichiens, il est plus que probable qu'elle n'opérera pas sur la rive gauche de la Vistule, car l'unique pont de Varsovie sera encombré par l'armée de Pologne et son flanc droit serait exposé aux attaques de l'armée prussienne dont l'objectif sera Varsovie. 11 faudra néanmoins faire avancer de ce côté un corps secondaire qui se dirigera sur Cracovie. — Le gros de l'armée de \'olhynie aura Luck et Dubno pour base d'opérations et Brody et Lemberg pour objectifs.
Forces dont la Russie peut di^ser. — La nation russe a % millions d'habitants. Son armée est de 800,000 hommes