‹ Slaves et Teutons: notes et impressions de voyageChapitre 16 sur 73 · L:V PRESSE DE PRAGUE · texte numérisé non relu

L:V PRESSE DE PRAGUE

Le journalisme politique a été créé en Bohême par Havliczek, un patriote ardent, qui fonda en 1848 L^5 nouvelles nationales [Narodni Novinî), Longtemps contenue par une censure sévère, la presse tchèque ne put se développer. C'est seulement depuis la constitution de 1860 qu'elle a commencé à jouer un rôle important. Les principaux journaux politiques sont les suivants :

La Politique {Politik), organe du vieux parti tchèque, inspiré par le docteur Rieger, chef des conservateurs-libéraux. Il est rédigé en allemand pour pouvoir défendre plus facilement la cause tchèque contre le parti allemand.

Le Progrès [Pohroh), organe du môme parti, dirigé par M. Zeithamer et rédigé en tchèque.

L£S nouvelles tchèques (Ceshé noviny) a aussi la même tendance, mais a peu d'influence.

Les Feuilles nationales (Narodni List y). C'est le journal desjewies tchèques. Ce parti s'est formé en 1863 pour protester contre l'alliance du vieux parti national avec la noblesse et l'épiscopat ; il a des tendances radicales qui tranchent avec la modération que les vieux tchèques se sont imposée comme ligne de conduite. Tout en étant d'accord sur la question nationale, ils prennent le contrepied de leur système. Palacky déplorait en 1863 l'insurrection polonaise, la Politik condamnait dernièrement l'insurrection de l'Herzégovine, — les jeunes tchèques au contraire firent l'apologie de la première et se gardèrent bien de blâmer les Herzégoviniens. Le système d'abstention préconisé par le docteur Rieger, vis-à-vis du Reichsrath et de la diète fut aussi combattu par le Narodni Listy. Les vieux tchèques sont très catholiques, les jeunes tchèques sont en grande partie protestants et ne seraient pas. très éloignés de revenir à la tradition hussite. Le docteur Greger dirige ce journal. Des trois députés que les jeunes tchèques ont au Reichs-. rath, le docteur Trojan est le plus en vue. La nécessité de faire opposition à la Politik et de justifier l'existence d'un parti distinct entraîne souvent le Narodni Listy à exagérer ses propres tendances.

Le Tchèqice (Cecfi) est le Journal du clergé.

7i SLATES ETTEtrrONS

Les journaux politiques allemands de Bohême sont: La Bohemia, Le Prager Tagblatt, qui a adopté le genre de nouvelles à la maia et donne à sa politique une note moins acerbe que la Bohemia.

Le Prager Zettung (journal officiel) ; la Politih, le Narodni lîsty, la Bohemia et le Prager Tagblatt tirent chacun de six à sept mille exemplaires

La Tribwie, qui parait à Tienne, est rédigée en allemand et a pour directeur M. J. S. Skrejsovrifcy. Elle défend la politique tchèqae dans la capitale de l'Autriche. A Brunn, les Tchèques de Moravie ont pour organe le Moravaka Orîice ^' Aigle de Moravie). A Saint-Marton, dans le ccwfiitat hongrois de Turoc, qui est peuplé de Slovaques, les 5Zoveski noviny entretiennent la propagande riave.

Il faudrait citer un trop grand nombre de journaux, pour avoir une nomenclature complète des feuilles en langue tchèque qui paraissent en Bohême et en MoraTle.

LES EXPLORATEUHS TOÏÈQCES

Lee peuples qui luttent pour reprendre une place au soleil n'oublient jamais ceux qui ont quitté la naère-patrie et courent le monde pour de nobles entreprises ; les succès des absents font rejaillir mr eux «quelque chose de leur gloire. Au loin, explorateurs, arti&tes, savants en mission se senteoi; soutimm par la pensée que le pays veille sur eux. Il n*est pas au naK>nde un Hongrois^ un Sert^e^ un Tchèque -dont à Fest, à Belgrade ou à Prague on ne fjodve la traoe et dont on n'attende avec intérêt la ttoinâj!^ nouvelle. Quand un pwple a de U nobles §0i$fii»^ son histoire n*est pas près de flnir.

%. Naprsitek» un ifégociant de Prague, a réussi à ioroe de persévérance à eomstituer un musée d*objet» provenant de diverse parties du monde. U est ai, Mlations suivies avec plusieurs des ex#l(Orateurs

tchèques. On peut s'étonner qu'un aussi petit pays, situé au centre de l'Europe, entouré de hautes montagnes donne à la science autant de grands voyageurs. On m'a nommé : — Le D"* Feistmantel, qui a été chargé par le gouvernement anglais d'études ^ géologiques dans les Indes et est maintenant professeur à l'institut polytechnique de Prague. — Le D"" Pavel Durdik, qui est au service du gouveme- . ment hollandais dans l'île Nias, près Sumatra. — Le D»* Stecker qui fit partie en 1879 de l'expédition allemande du D' Gerhard Rohlfs dont l'objectif était la contrée de Wadaï dans l'Afrique centrale. 11 est actuellement en Abvssinie. — Le D»" Emil Holub, qui a passé sept ans dans l'Afrique méridionale chez le roi Sepopo et qui a rendu compte de ce voyage dans un ouvrage important. — Le D"^ Curda, qui est au service du gouvernement hollandais dans les Indes Orientales et qui a doté Postelberg, sa petite ville natale, d'une collection ethnographique. Le musée de Naprstek a été aussi enrichi de nombreux objets par M. Masek de Chicago et par M. de Mracek (ingénieur à Odessa), qui a visité la région du fleuve Amur et le Japon pour des projets de colonisation. — Les frères Korbel, propriétaires des factoreries à San Francisco envoient à Prague, depuis une vingtaine d'années, des études d'histoire naturelle et d'ethnographie sur la Cahfomie*

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