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nùfactnres réunies par un étroit réseau de Chemins fleier. Depuis quinze ans les villesy ont pris uçi rapide développement. Déjà, en 1875, on comptait plus de 26,000 habitants à Kœnigshiitte, près de 20,000 à Beuthen, 14,000 à Gleiwitz. Dans le môme groupe on trouve plus de dix-sept autres villes ayant de cinq mille à douze mille habitants. Breslau, la capitale de la Silésie, a participé à cette prospérité et est devenue une ville manufacturière de premier ordre. Elle avait, en 1880, 2*72,912 habitants, c'est la ville d'Allemagne la plus peuplée après Berlin et Hambourg.
Si les houillères, les industries et les immenses forêts de la Silésie font de cette province Tune des possessions les plus précieuses de la Prusse, cette région est, au contraire, peu favorisée sous le rapport de l'agriculture. Le sol, assez fertile dans les deux régences de Breslau et de Liegnitz, est très aride dans la partie supérieure (Oppeln), surtout sur la rive droite de TOder, et comme la population y est très dense, les famines se reproduisent périodiquement. La Silésie supérieure est, de toute la Prusse, la contrée où la situation du paysan est la plus précaire. Il ressort des tableaux dressés par "M. Miaskowski, professeur à "Breslau, que la terre est tellement morcelée que la plupart des paysans ont de trop petites cultures pour faire vivre leurs
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familles. C'est la conséquence des lois sur les successions ; les partages sont une nécessité et aucune restriction n'y est apportée. En outre les paysans, qui depuis 1821 sont affranchis de toute dépendance des seigneurs, ont emprunté en engageant leurs terres et rien ne les protège contre les exigences des usuriers.
La principale culture est celle de la betterave, aussi la Silésie est-elle, pour la production du sucre, la première province de Prusse, après celle de Saxe. La production de l'alcool y est au$si très forte, mais cependant inférieure à celle de Posnanie. La Silésie ne peut exporter ses produits en Autriche, car elle y trouve pour l'agriculture et l'industrie une trop forte concurrence. Elle ne peut exporter en Russie, la frontière étant fermée par des droits prohibitifs. Il faut pourtant que les habitants de la Silésie vendent au dehors leur houille, leurs fers et leurs eaux-de-vie. A défaut de l'Autriche et de la Russie, la Turquie reste la seule cliente, aussi les Prussiens ont-ils un grand intérêt à entretenir avec les Turcs des relations étroites et à s'assurer chez eux des débouchés pour leur commerce.
La question agraire qui a été résolue heureusement au commencement du siècle en Posnanie, grâce au concours de la noblesse polonaise, est encore en suspens dans la Silésie supérieure où les
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grands propriétaires ne se sont pas montrés aussi conciliants. Il y a môme une partie notable des * petites propriétés qui sont. restées englobées dans de grands domaines. Une loi de 1881 a prescrit certaines mesures pour améliorer le sort des paysans et faciliter la séparation des terres. En général, on peut dire de la population de la haute Silésie que tout ce qui est pauvre est polonais et que tout ce qui est riche est allemand. Le fond de la population est resté polonais aussi bien dans les districts industriels que dans les campagnes, tandis que la haute aristocratie est formée de familles allemandes. On voit qu'il y a une certaine analogie entre la Silésie supérieure et la Bohême où nous avons trouvé une démocratie tchèque en présence d'une aristocratie allemande, maîtresse des grands domaines.
La noblesse polonaise a disparu peu à peu en Silésie. Quelques gentilshommes sont devenus Allemands dans les siècles passés, d'autres ont émigré, beaucoup de familles se sont éteintes, le reste s'est appauvri, de sorte que, depuis cinquante ans, ce qu'il en reste n'a plus aucune signification et qu'on trouve même parmi les artisans- les derniers rejetons des vieilles souches. j
La haute aristocratie qui est établie actuellement dans la Silésie supérieure a des origines allemandes,
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polonaise», moraves. . . . . ^ Toutes ces* famiUes^ sont dévouées à la cause allemande, toutefois elloân'exercent pas» en général dépression sur les paysans polonais qui habitent leurs domaines, et font tout ce qui dépend d'elles pour maintenir avec eux de bons rapports. Bans les assemblées qui. ont eo. lieu en Silésie à ^occasion du Gulteirkampf, cellear de ces familles qui sont catholiques ont môme &it cause commune avec les paysans polonais.
La nationalité polonaise' en Silésie n'a guère trouvé plus de protection dans le clergé que dans la noblesse. Les prêtres sortis de l'Université de Bresh lau, où l'éducation est allemande en tous pointa, n'ont souvent même qu'une connaissance insufftsanté de la langue polonaise. Aussi pendant longtemps furent-ils les meilleurs auxiliaires de la germanisation. Ce n'est que très tard qu'ils ont cornsh taté que le' Polonais qui adoptait la langue allemande courait grand risque de devenir protestant;.
Cette population polonaise livrée à elle-même devait fatalement dans un temps donné se fusionnei; dans la masse allemande. Elle n'offrait pas les
1 FamilUf^ catholiques : Duc de Ratibor (Hohenlohe), pnnoa Lichnowsky, comtes Renfcrd, Schaffgotsch, Matuschke, Praschma, Saurma, Ballestrem, Henkel von Donnersmark dont une ligne eti protestante.
Familles protestantes : Duc d'Ujest, prince de Hohenlohe, prince de Pkuv duD de Wurtemberg. ....
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méoies. éléments:; de résistance que les Polonais du grand dtohé de Posen et n'était môme pâ3 ratta»chée à la cause polonaise par les souvejiirs historiques^ Séparée de la Pologne dès le xii^ si^cte^ la. Silésie fut divisée ^i plusieurs duchés que réunit la couronne de Bohême au milieu du xit* siècle. Gqqk fuise sur l'Autriche par Frédéric H, elle a fait déftlutÎTement partie de la Prusse depuis nsa. — Ceci exjJique pourquoi les Polonais de Sdlésie- n'ont pa». dans les élections la même attitude que ceux du: grand-duché de Posen, qui ne furent séparés de la Pologne cfue lors du second partage et retrouvé*rentmôme un instant leur indépendance quand Napoléon les annexa au grand-duché de Varsovie^ Tandis que les représentants de la Posnanie peuvent se poser dans le Parlement en députés de la protestation, ceux de la Silésie n'auraient pas la même base- pour asseoir leurs revendications. Si «n dépuité polonais était élu en Silésie, il pounrait hien voter avec les députés polonais de Posnamie et de Prusse oecidentale, mais il ne pourrait signer le même programme et faire partie du même groupe*. Ce n'est guère qu'à dater de 1848 que les Polonais de la Silésie supérieure ont eu conscience de leur nationalité distincte ; mais ce sentiment n'était pas bien vivace, car, il y a dix ans, oa nommait encore dans ces districts des députés altemands protestants»
La persécution religieuse entreprise, en 1812, par M. de Bismarck a provoqué une assez forte réaction. Ily a eu à ce sujet quelques assemblées de catholiques, notamment à Breslau et à Leschilitz. Les discours qui ont été prononcés dans ces circonstances ont produit leur effet, et le peuple a commencé à comprendre qu'un jour il pourrait bien être en mesure de jouer un rôle politique. Toutes les circonscriptions électorales nomment maintenant des catholiques allemands. Les Polonais en agissant ainsi ont fait preuve d'esprit politique. Les catholiques •allemands et polonais sont au moins pour, moitié dans la population delà Silésie. Au lieu de nommer dans trois ou quatre circonscriptions des députés polonais, ce qui les eût mis en opposition directe avec le parti catholique allemand, les Polonais ont fait alliance avec lui pour la défense des intérêts religieux et ont pu ainsi faire passer des catholiques allemands dans tous les collèges électoraux de la Silésie supérieure, ce qui a donné un appoint au centre ultramontain dont M. Windthorst est le chef. Le Culturkampf a été ainsi contre son but. Ce système qui devait écraser le parti catholique a surexcité dans certaines régions le sentiment national et a poussé au Reichstag cent vingt députés catholiques, tandis qu'avant les lois de Mai on n'en comptait que soixante-dix.
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Tant que le Culturkampf n'aura pas complètement disparu, les Polonais de la Silésie supérieure auront la môme conduite à tenir : maintenir une alliance étroite avec les Allemands catholiques, n'exiger de leurs mandataires que la défense des libertés religieuses, réclamer l'instruction en langue polonaise dans les écoles primaires et ne nommer que des candidats sachant la langue polonaise, pour qu'ils puissent directement rendre compte à leurs électeurs du mandat qu'ils en ont reçu.
En même temps que le gouvernement faisait la guerre à l'Eglise, il s'attaquait à la langue polonaise, qui était en usage dans les écoles jusqu'en 1870. La presse catholique allemande fut la première à condamner ces tentatives de germanisation et môme les Polonais protestants des trois districts de la région de Breslau comprirent que le Culturkampf était aussi bien une querelle de race qu'une querelle religieuse. Leur intérêt est désormais de soutenir comme leurs frères de la Silésie supérieure des candidats allemands catholiques, car les Allemands protestants sont les plus dangereux adversaires de leur nationalité.
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OUSIRE SES COLONIES ALCEICÀiniES SB SILÉSIE KT DU &BAND-IHJGHÉ DE POSEN
Les descendants de Yladislas n, à qui fut attribuée la Silésie yers la fin du xii* siècle, partagèrent cette province en plusieurs duchés. Ces ducs appar*tenaient à la famille des Piasts, qui occupait le trône de Pologne, mais Us se germanisèrent peu à peu par des mariages avec des princesses aile-» mandes, et attirèrent de divers points de rÂUemagne des colons qui s'établirent dans la basse Silésie. En même temps des religieux de Tordre de Gteaux fondèrent plusieurs établissements. Ces premiers centres de colonisation furent Paradies, Blesen,
Obra La colonisation allemande ne s'arrêta pas
à la Silésie, elle pénétra au cœur même du royaume de Pologne. D'ailleurs cette immigration n'était pas considérée comme un danger. La Pologne avait été
ORIGII^B DBS COLONIES itlkLBlIAI^DBS «3S^
rayi^ée* par les Mongols an cours du xui* siècle, les hordes barbares s'étaient avancées jusque- dans lat basse Silésie. Uy avait tant de* mânes à répacer qxs» rarrlvée de fanûlles industrieuse» qui repeur plaient les villes était considérée comme un élément de psotstpéritéi Aussi les rois de Pologne accordèrei]^ ils souvent à ces immigrants le droit de Magdehourffi poiir Les* villes qu'ils habitaient Ce droit impliquait pour la ville raffî^aachissement de la domination d» lai. noblesse, la faculté de s'administrer elle-même et d'arvoir pour ses bourgeois un tribunal spécial, où la droit germanique était seul appliqué.
Il est remarquable que ces colons, BMSsk bien que ceiDi qui arrivèrent pendiant les siècles suivants, sens lai «bfnastie des Jagellons, ne tardèrent pas à soi ^sionner avee les Polonais, et un grand nombre da localités qui sont aujourd'hui polonaises ne sont asutre» que^ ces anciennes colonies allemandes.
Ikimmign^on.allemande iMrit d'immeaises propor^ Hirns^ pendant la Réfbrme. Chassés de Silésie, da BohÉmev <^d Moravie, les protestants allemands cherehèrenÉ un. asôle en Pologne. Depuis: Casimii! le Grand, ce royaume s'était offert comme un asUe pour tous les persécutés du monde civilisé. A la ^ Diète de Vilna, en 1573, on accorda à ces réfugiés les mômes droits qu'aux Polonais. C'est de cette époque que date Faccroissement de la population
allemande dans quelques villes du grand-duché de Posen'.
Quelques seigneurs de Silésie ayant adopté la Réforme, comme on était encore au temps où prévalait la maxime Ciijus regio ejus religio, une partie de la population polonaise fut entraînée dans le protestantisme. C'est ainsi que Ton trouve encore aujourd'hui, non loin de Breslau, une population polonaise protestante assez nombreuse.
La guerre de Trente ans fut le signal d'une nouvelle immigration allemande. Les protestants allemands, fuyant devant les armées de Tilly et de Wallenstein, peuplèrent des villes entières* et accrurent notablement la population des villes polonaises^. La noblesse polonaise, les grands propriétaires, les possesseurs de terres ecclésiastiques firent aux réfugiés l'accueil le plus cordial, facilitèrent leur installation en leur cédant des forêts à défricher, de vastes territoires à cultiver et en leur donnant les plus grandes libertés. Les nouveaux venus purent garder leurs lois, leurs coutumes, leurs écoles et leurs églises distinctes, ils reçurent même d'importants privilèges. Aussi le courant ne
* Schmiegel, Posen, Meseritz, Fraustadt. . ,
* Zaborowo, près Lissa, et RaWicz furent bâties par des Allemands.
5 Lissa, Reisen, Punilz, Bajanowo, Jutroschin, Zduny, Eobylin, Schocken, Woilstein, Birnbaum, Earge. . .
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\ 8*aiTéta plus, et sous la maison royale de Saxe, au jxviii* siècle, les Allemands arrivèrent par masses. . Comme on Ta vu plus haut, cette situation ne faisait alors courir aucun danger à la nationalité polonaise. Tant que la Pologne fut un royaume indépendant, les colons allemands bien accueillis finissaient par adopter la devise, uM hene, ibi patria. Dans les villes surtout les Allemands s'assimilaient si rapidement aux Polonais qu'après deux générations la langue polonaise était devenue leur langue maternelle et que les noms allemands trahissaient seuls Torigine des familles. Quant aux immigrants qui avaient conservé leurs coutumes et leur langue, ils n'en adoptèrent pas moins avec une parfaite sincérité la cause de leur nouvelle patrie et l'histoire de Pologne conserve fidèlement les noms de nombreuses familles d'émigrés allemands qui se sont signalées par leur dévouement à la cause polonaise et ont même payé de leur vie leur participation à l'insurrection de 1831. Il faut pourtant remarquer que cette sympathie, que l'on rencontre chez un certain nombre d'Allemands pour les Polonais, n'existe que chez les Allemands catholiques et qu'au contraire les Allemands protestants sont animés le plus souvent des sentiments les plus hostiles à regard des Polonais.
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L'^xti^me TÔserve avec laquelle les irtatistidenB de Berlin touôlient la question de nationalités donne une réelle importance à une étude que M. Bœckh a piAliée «n 1869, à Faide des documents du bureau statiiâtique de Prusse *. L'auteur est très impartial et son ouvrage est aussi exact que peut l'être un liyre basé sur des statistiques de populsrtions polonaises dressées par des fonctionnaires prussiens. Cette étude a du moins l'avantage de donner aux Polonais de Silésie un moyen de constater que, malgré la situation défavorable où ils sont, leur nombre augmente dans certains districts. M. Bœckh reconnaît que dans plusieurs villages de la Silésie supérieure les Allemands reculent devant les Polonais. Dans d'autres localités où les Allemands au contraire refoulent les Polonais, il attribue ce fait non pas à une vitalité supérieure à celle de la race polonaise, qu'il déclare être une race dure (harte race)j mais à l'immigration constante de nouveaux colons allemands.
Population polonaise de la basse Silésie.
D'après M. Bœckb, dans la basse Silésie, sur ^6 350 communes groupaiït 2,245,000 habitants il
1 Der Deutchen ' Volkzahl ûnd Sprachgehiet^ par M. Richard Bœckh, sous-directeur du bureaiu de statistique à Berlin.