‹ Slaves et Teutons: notes et impressions de voyageChapitre 35 sur 73 · ORIGINE DBS COLONIES ALLEMANDES · texte numérisé non relu

ORIGINE DBS COLONIES ALLEMANDES

ne tient pas comme pour les Polonais à un développement normal de la population, mais à Timmigration de 80,000 Allemands parmi lesquels est toute une légion d'employés.

Quand on tient compte des efforts de Tadministi^tion pour faciliter aux Allemands leur établissement dans ces provinces et que Ton compare Taccroissement des deux populations, en 1828-1848 et 1868, on comprend que les statisticiens de Berlin ^ craignent, pour le jour oii des conditions normales seraient rétablies, Tanéantissement complet de la nationalité allemande au profit de l'élément polonais.

Voici les chiffres que donne le D^ Bœckh :

DiSTBiGTS. 1828. 1848. 1863.

Roscnberg.

Polonais 28.000 37.700 40.900

AUemands.. 2.700 4.800 5.600

r. ot V* (Polonais 29.900 44.200 51.200

Gross Strelitz. . ] ^ „ ^ . „^^ ^ ^^^ ^ ^^^

/Allemands.. 1.700 4.200 8.900

Kpsel.

Polonais 25.800 41.700 52.200

Allemands.. 9,900 8.700 11.300

C'est dans le grand-duché de Posen que la lutte entre les Allemands et les Slaves se présente sous les formes les plus yariées. Près de 1,200,000 Polonais sont livrés aux Prussiens qui, maîtres absolus, peuvent tout à leur aise expérimenter sur eux

les méthodes de germanisation qui ont pu réussir ailleursi

Dèt^ que le second partage de la Pologne eût mis les Prussiens en possession de la Posnanie, au lieu de laisser les colons allemands livrés à euxmêmes, ils leur donnèrent l'appui le plus énergique. On pouvait s'attendre à ce que, secondées par Tadiminîstration et à l'aide des ressources pécuniaires que l'autorité consacrait à cette œuvre, les tentatives de colonisation eussent un plein succès. Il en fut tout autrement : — Dans le district de Netz, le gouvernement dépensa 180,000 thaler pour établir dans les villes et dans les campagne . x familles, soit 4,629 colons. En ITOS, l'insfa l.:î' n » 4 378 immigrants dans la circonscripi;' -. h^ ^- mberg coûta au Trésor 183,975 thaler, .v. ';»•; .v Oc. par tête. Ni Tun ni l'autre de ces essi • ' '. -. -i. Habitués à d'autres cultures et à >■ . v or^ns aa autre milieu, la plupart de ces colom r .r^uMit bientôt le pays. Dans le grand- duché i':

treize colonies wurtembergeoises furent ri.M à la même époque. Les résultats n'ont paséti ;•!-;' satisfaisants, malgré les dépenses considéri * .'-'n faites par le Trésor. On a calculé que cette ex)^» rience avait coûté jenviron 750 francs par tête de colony 1,000 thaler par famille. Sous Frédéric- Quiilauaie lU on a dépensé annuellement pour cette

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coloBisâtioii 16,500 thâler pris sur les revenus de la proYiflice et en outre, de 1198 à 180*7, on a £i^ 2,043,083 thaler de dépenser» extraordinaires.

En définitive ces essais^ de colonisation n'ont paa réussi, seuls les artisans allemands établis dans les villes y sont restés.

L'administration prit dans le même temps un puis* sant moyen pour assurer la suprématie prussienne»

Elle constitua d'un seul coup toute une aristocratie^ foncière. Il fut décidé que les vastes propriétés ecclésiastiques et royales serviraient à récompenser les services rendus à la maison du roi. De 1194 k 1198, de Hoym, chargé de radministratiim de la Prusse méridionale, opéra cette répartition. H fut plus tard accusé d'avoir plus favorisé ses amis personnels que les serviteurs du roi, et de Held, qui dut justifier l'accusation qu'il avait lancée contre de Hoym, dressa, en juin 1801, la tote des domaine» qui avaient été donnés par de Hoym. Ce précieux document, connu sous le nom de registre noir^ est une des pièces capitales de l'histoire de la germani* sation du Grand-Duché de Posen *. Dans le seul dé* partement de Posen, on compte viogt^eux dona*

^ Le registre notr est intégralement reproduit dans un ouvrage publié à Leipzig en 1861 : Materialien mw Qteehkkie polnischêr J^andestheile unter preussischer Verwaliung, — C'est à ce môme travail que j^ai emprunté les renseignements sur fimmigratioi» allemande tVaat le partage de le PoliogiM*

taires, presque tous ont reçu trois, cinq, sept, et jusqu'à onze et treize domaines distincts. Le comte ' de Liittichau, un émigré danois, reçut treize domaines dans le département de Posen et huit dans celui de Kalisz, d'une valeur d'environ 800,000 thaler. L'auteur du rapport a soin d'ajouter que le comte deLùttichau avait été choisi comme personne interposée et devait revendre ces terres à prix convenus, à des donataires qui ne voulaient pas paraître en nom dans Tafifaire. Pour mieux masquer cette spoliation, Tadministration fit pour chacune des terres des évaluations dérisoires que de Held a soin de rectifier. C'est ainsi que les onze domaines donnés au marquis de Lucchesini, ministre, et qui fut ambassadeur à Paris en 1801, ne furent évalués qu'à 151,000 thaler, tandis qu'une évaluation faite par les Tribunaujv peu de temps après est de 500,000 thaler. La terre de Lagiewniki donnée au Major Brodowski et estimée 2,650 thaler fut vendue, en juin 1801, 25,000 thaler. Les dix domaines dans la région de Bomst ofierts par le roi de Prusse au major de Hûnerbein, à l'occasion de son mariage avec une demoiselle d'honneur de la princesse Louise, sont estimés à 100,000 thaler, tandis que le revenu annuel était de 10,000 thaler. Toutes ces donations n'ont pas d'aussi louables motifs. Eisenberg, président de Cour à Berlin, chargé de

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