‹ Slaves et Teutons: notes et impressions de voyageChapitre 42 sur 73 · INSTITUTIONS POLONAISES · texte numérisé non relu

INSTITUTIONS POLONAISES

lonaise qui ont une réelle importance. — Le Katolih à Kôjaigshùtte et la Qazeta Gornoszlazha, Gazette de la Haute Silésie à Beuthen. 11 y a en outre deux journaux agricoles pour le peuple en langue polonaise.

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On sait l'insuccès de la persécution religieuse (Ciitlurhampf) que M. de Bismarck entreprit, il y a dix ans, contre les catholiques polonais et allemands. Les liens qui rattaclient à la cour de Rome quinze millions de catholiques, sujets de l'Empire, étaient aux yeux du chancelier un des principaux obstacles à ses projets d'unification. Il avait pensé que, privés de leurs évêques et de leurs prêtres, les fidèles, de guerre lasse, s'accommoderaient d'un clergé qui, soustrait à l'autorité du pontife romain, viendrait demander tous ses pouvoirs au ministre des cultes. Il s'est trompé. Les catholiques ont tout supporté, mais ils n'ont pas cédé. Bien plus M. de Bismarck a vu se former au sein du parlement une coalition devant laquelle il a dû s'arrêter. Il a même été oHigé de revenir sur la voie où le mi-

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nistre des cultes, M. Falk, l'avait follement entraîné.

Jusqu'en 1870 personne ne songeait en Prusse à s'attaquer à l'Eglise catholique, et ce n'est que, fort de ses récentes victoires et en face de l'accroissement des populations catholiques englobées dans l'Empire, que M. de Bismarck résolut de soumettre l'Eglise catholique à une discipline rigoureuse, pour en faire comme de l'Eglise protestante une simple dépendance de l'administration civile. Dès le début de cette campagne, le chancelier a voulu marquer lui-môme le caractère du conflit : il a soutenu que cette lutte n'était ni confessionnelle, ni cléricale, mais purement politique, que c'était une phase de Vayitique conflit de pouvoir entre la royauté et la prêtrise. En môme temps il dénonçait l'attitude hostile d'une fraction de la noblesse polonaise dont la tendance a toujours été de se séparer de l'Empire allemand et de la monarchie prussienne, pour reconstituer l'ex-Pologne dans ses anciennes frontières. « Ces tendances, ajoutait-il, ont été favorisées par le clergé catholique, môme . de langue allemande, elles sont traitées par celui-ci avec bienveillance et secondées autant que cela peut se faire sans enfreindre la loi pénale. » (Z)i5cours du Prince de Bismarck à la Chambre des députés prussienne, le 9 février 4 81 S).

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C'était doue le groupe des trois milUoiui de Polo* nais de la partie orientale du royaume de Prusse que le CuHuriuunpf visait en premier lieu. Le dar^é dtt grand-duché de Posen s^est toujours distingué par sa sévère discipline, ses lumières et son patriotisme ; il s*est appliqué A maintenir raccord entw les paysans et la noblesse, Tbarmonie de oes rtp^ . ports lui paraissant te seul moyen de défense qu'eût la race pcdonaise pour lutter contre les AU^ maads.

lia lutte commença en février 1872, par uae loi prussienne qui enleva la surveillance des écoles primaires aux curés catholiques et aux pa»* teurs protestants, pour la confier k des inspeo* teurs de l'Etat, qu'on eut soin de choisir parmi les gens les plus hostiles aux catholiques et mt Polonais.

Le 4 juillet 1812 le Beichstag expulsa les g4^ suites du territoire de tous les Etats dépendant de l'empire d'Allemagne.

La Constitution prussienne du 31 janvier 1850 ne permettait pas de faire plus. La liberté et IHndérpendance y étaient assurées à toutes les commur nautés religieuses par les articles 15 et 18.*«^ Aux termes de cette loi fondamentale, l'Eglise évangélique et TEg^ise romaine avalent la possession et la disposition des biens, des sommes et des établisse-

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mesits destinés aux cultes, à Tinstruction et à la bienfaisance, — le droit dénomination, proposition, élection ou conârmation pour les charges ecclésiastiques était supprimé en tant qu*il appartenait à rÉtat ou qu'il reposait sur le patronat ou sur des titres spéciaux. — Une loi du 8 janvier 1873 renyersa cet obstacle et modifia ces deux articles. Désormais les églises sont soumises à la surveillance de VÉtat réglée pair la loi et la loi réglera les droits de VEtat par rapport à V éducation premiére, à la nomination et à la révocation des ecclésiastiques, et fixera les limites du pouvoir disciplinaire de l'Eglise.

Le terrain était ainsi déblayé et rien n*empécliait plus d'enlever à TEglise Tadministration de ses propres affaires. On vit apparaître alors les fameuses lois de mai 1813 dont le triste honneur revient en partie à M. Falk, le trop zélé collaborateur de M. de Bismarck.

^ Il fut décidé qu'aucun membre du clergé protestant ou du clergé catholique ne pourrait recevoir d'emploi sans avoir passé trois années dans une université de TËtat, et sans avoir subi un examen scientifique Ait Examen d'Etat prescrit et r^é par le gouvernement, — qu'aucune nomination à un emploi ne pourrait être faite sans que le candidat eût été désigné au président supérieur de la pro-

vince, qui aurait trente jours pour s'opposer à la nomination.

En d'autres termes, tout ecclésiastique avant son entrée en fonctions, sera interrogé sur la philosophie allemande, sur la littérature allemande et sur rhistoire par des examinateurs choisis par le ministre. Ces juges contrôleront les doctrines des candidats et leur refuseront l'accès du sacerdoce s'ils n'ont pas adopté les théories ministérielles. De plus, l'administration pourra refuser la nomination d'un candidat qui ne lui sera pas agréable.

— Il fut décidé qu'une cour royale, composée de onze conseillers nommés par le roi de Prusse, jugerait en appel sur toutes les affaires ecclésiastiques. Par là l'autorité civile peut maintenir en place un prêtre frappé de censure par son évoque, déclarer coupable un autre prêtre qui n'a subi aucune réprimande, blâmer les évêques pour l'exercice de leurs devoirs épiscopaux, annuler leurs jugements, leur imposer des amendes, les incarcérer, les destituer même.

— On interdit en outre à TEglise et aux ordres religieux d'appliquer leur droit pénal spécial.

Ainsi un évêque juge convenable d'éloigner un prêtre d'une cure qu'il lui a confiée; ce curé pourra en appeler à la cour suprême, l'évêque comparaîtra

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eJt l'autorité civile pourra réintégrer le curé dans sa paroisse, tandis que l'évoque, s'il n'accepte pas cette décision, pourra être condamné à l'amende, à la prison ou être destitué. C'est la ruine de la discipline ecclésiastique qui maintenait l'unité de la fol et le respect de la hiérarchie.

Engagé dans cette voie, le parlement prussien vota tout ce qui lui fut proposé. Le Docteur Falk, ministre des cultes, était lui-même plus passionné que le prince de Bismarck ; il voulut tout prévoir et tout réglementer. Une loi du 14 mai 1873 détermina dans quelles conditions on pouvait se séparer d'une église et se dégager des charges contractées vis-à-vis d'elle. Les autres lois concernent : la prestation de serment par les évêques (6 décembre IS13) — l'administration des évôchés catholiques (20 mai 1 874) — la suppression de la subvention donnée par l'Etat aux évêques et aux curés (22 avril Ig^ô) — les congrégations autorisées et non autorisées (31 mai 1875) — l'administration des communautés religieuses catholiques et le droit de surveillance de l'Etat sur cette administration (20 juin et 27 septembre 1875), les droits des vieux catholiques sur les biens ecclésiastiques (4 juillet 1875) — la surveillance de TEtat sur l'administration des biens des diocèses catholiques (7 juin 1876), les mesures de rigueur que les administrateurs des biens

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des diocèses yacants peuvent employer. (13 féTrier

Tootes ces lois n*ont été faites que pour le territoire prussien ; mais en face de la résistance de répiscopat, il fallait trouver un moyen de coercition plus énergique. En vertu d'une loi qui s'appliquait cette fois à tout Tempire d'Allemagne (4 mai 18*74), on interdit aux prêtres révoqués Texercice de leur ministère, la police reçut le droit de les expulser ou de leur assigner une résidence fixe. Le droit à rindigénat put aussi leur être retiré.

Dans le grand^uché de Posen, où la persécution fut plus violente que dans toute autre partie dé la Prusse, le clergé eut Tattitude la plus digne et la plus terme. L*archevêque de Posen, Mgr Ledochowski, qui pourtant ne passait pas pour être favorable aux tendances nationales des Polonais, comprit qu'il y avait dans tout cela plus qu'une guerre de race, et que la foi catholique était enjeu; il s'abrita sous l'autorité du Saint-Siège. C'est ce qui pouvait être le plus désagréable au chancelier de l'Empire, car le Pape était pour lui l'ennemi irréconciliable. L'archevêque de Posen refusa de désigner les prêtres qu'il choisissait pour les cures. La Cour royale le destitua et il passa deux années e^ prison. C'est alors qu'il fut nommé cardinal;' depuis il s'est réfugié à Rome. Un grand nombre de

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prêtres {agirent comme lui le chemin de VexU. U y cul quelques défections, mais elles furent rares. I.es curés qui préférèrent leurs plaees à leur devoli* furent considérés par le peuple comme des traitreâ. Tout le monde en sait tes noms même dans les campagnes et on a vu comparaître devant la justice des paysans qui avaient cru laire œuvre pie en injuriant et en battant ces renégats. Je fais grâce au lecteur des noms de ces apostats. Un grand nombre 4e paroisses restèrent sans pasteurs, et, comme en France au temps de la Terreur, lep prêtres venaient clandestinement dans les villages pour administrer les Sacrements. Les , paysans lez cachaient dans leurs maisons et dès que les poUcters étaient signalés, ils les aidaient à se sauver- De 1814 à 1878 la situation fut intolérable.

Le système de laïcisation à outrance poursuivi par M. Falk enveloppait TÉglise évangélique aussi bien que TÉglise catholique. Les conservateurs protestants comprirent qu'en définitive leur propne église et leur propre parti souffriraient peut-^trc plus de cette lutte que 1 Église catholique ellemême. Le socialisme s'affirmait chaque jour avec plus d'audace. (ju*allaient devenir en face de cette nouvelle puissance la religion d'État et le principe monarchique? L'attentat dont Tempereur Guillaume £ailUt être la victime en 1878 ât réfléchir M. de

Bismarck. Le cléricalisme ne sembla plus offrir de danger immédiat, il fallait désormais tourner tous les efforts contre le socialisme. Le chancelier comprit enfin qu'affaiblir FÉglise catholique, qui est la grande école du respect de toute autorité légitime, n'était pas le plus sûr moyen d'enrayer le mouvement révolutionnaire.

Le gouvernement se départit un peu de sa première rigueur. Cette chasse au prêtre avait provoqué des résistances dans toute l'Allemagne catholique, de leur côté les Polonais avaient senti que se soumettre eût été abdiquer leur nationalité. En face de la persécution, les catholiques allemands et polonais s'étaient rapprochés pour la défense de la liberté' de conscience. M. de Bismarck en voulant unifier . le pays avait divisé les Allemands. Il avait luî-môme créé une coalition qui pouvait devenir menaçante aux prochaines élections.

Le rapprochement entre la Cour de Berlin et le Saint-Siège aurait eu sans doute lieu plus tôt, si le gouvernement toujours préoccupé de l'attitude des Polonais n'avait pas craint que la rentrée du clergé dans les provinces polonaises ne fût un nouvel obstacle à la germanisation du pays. Ce rapprochement est devenu une nécessité de premier ordre, surtout depuis que les dernières élections ont donné au parti catholique une force numérique si consi-

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dérable qu'il est impossible de gouverner sans son appui. Si tous les catholiques étalent Allemands, la paix religieuse eût été faite déjà depuis longtemps et eût été complète ; mais les Polonais, qui n'ont pas moins de dix-huit députés dans le Landtag prussien, compliquent la question. C'est pour pouvoir agir contre eux suivant les circonstances, que le gouvernement tient à se faire donner par le par-; lement des pouvoirs discrétionnaires. On ne peut pas être plus explicite que ne Ta été le ministre des cultes, M. de Gossler dans une de ses récentes déclarations : « Le gouvernement doit avoir à sa disposition des pouvoirs discrétionnaires, à cause des provinces qui ont une population polonaise. De la sorte le gouvernement pourra agir suivant la situation politique de ces provinces. »

Le 30 mai 1882, le gouvernement a fait proroger jusqu'au l*^"^ avril 1884 les pouvoirs discrétionnaires que les chambres lui avaient reconnus une première fois le 14 juillet 1880. Le ministre d'État a ainsi la faculté de nommer à des évôchés des prélats qui n'auraient pas prêté le serment exigé par la loi de 1814. Il peut les dispenser des autres conditions prescrites, pourvu toutefois qu'ils soient sujets allemands. L'administration des évôchés vacants ne peut être établie ou supprimée qu'avec l'autorisation du ministre des cultes. Celui-ci a la faculté de

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rendre aux évôchés les subventions de l'État dont ils ont été privés...

Ces concessions avaient été imposées amc catho lîques ir y a deux ans, cette fois ils ont compris qu'il valait mieux s'associer au projet de proroga* tion: de ces lois discrétionnaires pour avoir le moyen de faire voter de nouvelles concessions. — Il a été décidé en eflTet que les évéques révoqués par juge^ ment pourraient rentrer dans leurs diocèses s*ite étaient graciés par le roi, et que, dans tous les cas, on rendrait moins rigoureux les effets de ces jugements. — Il y a encore quatre évéques qui ont été déposés, les deux archevêques de Gnesen-Posen et de Cologne et les évoques de Limbourg et de Maoftster. Il est peu probable, à moins de circonstances exceptionnelles, que le gouvernement fasse usage de cette faculté en leur faveur. En outre la loi dispense de l'examen d'Etat (culturexamen) les candidats à la prêtrise, qui ont passé l'examen de fin d'études dans un gymnase et qui ont suivi pendant trois ans les cours d'une université allemande ou d'un séminaire catholique prussien et spécialement les conférences de philosophie, d'histoire et de littérature allemandes. La concession la plus importante pour les Polonais et qui a été votée malgré l'opposition du ministre des cultes consiste à abroger deux dispositions de la loi de mai 1874 qui permet-

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tatent de pourvoir au , remplacement des prôtres' sans le concours de Tévêque pour les cures où des particuliers ou des communes ont le droit de présenter des titulaires. Le gouvernement avait trouvé par là le moyen d'introduire dans les paroisses un certain nombre de prêtres disposés à rendre à César môme ce qui appartient à Dieu. Ces intrus ont joui longtemps de toutes 'es complaisances de Tautorité qui exaltait jusque dans ces derniers temps leur caractère et leurs mérites. Quei sort va-t-il leur faire aujourd'hui?

Il ne s'agit dans tout ceci que du royaume de Prusse ; le Culturkampf ne s'est manifesté dans le reste de l'Allemagne que par les deux lois citées plus haut, celle de 1872 relative à l'expulsion des jésuites et celle du 4 mal 1874 sur l'exercice illicite du sacerdoce. Sur ces deux points, aucune concession n*a été faite. Il est assez singulier que ce soient tes socialistes-démocrates, qui par l'oigne d'un de leurs chefs, M. de Vollmar, aient demandé Tabroga^ tion de la loi contre lee jésoîles en même temps que la suppression de toutes les lois exceptionnelles. Quant à la loi sur l*exefcîce illicite du sacerdoce, une motion de H. Windthorst a été acceptée cette année mémepar leReiehstag à une grande majorité. Mais le gouvernement de l'Empire ne paraît pas se douter que èè vote ait eu lieu. De fait le gouverne-

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ment ne donne de concession que ce qu'on panrient à lui arracher. Les évéques ont les mains liées. Au régime de persécution a succédée le régime de l'arbitraire. L'administration se montre tolérante ou non, suivant qu*elle se trouve en face d'un parti fort ou faible, et môme si elle finissait quelque jour par se relâcher de cette rigueur, les catholiques du grand-duché de Posen et de la province de Prusse occidentale savent que ces pouvoirs discrétionnaires ayant été demandés non pour eux mais contre eux, ib n'ont rien à attendre du pouvoir jusqu'à ce que des complications de politique étrangère forcent le gouvernement à changer sa manière d'être vis-à-vis des Polonais.

En résumé, la nouvelle tactique du gouvernement à l'égard des catholiques ne peut tromper personne. Le chancelier aurait prouvé la sincérité de ses intentions, s'il avait proposé la révision des lois de mai. C'était demandé par les catholiques et réclamé parle Saint-Siège. Il s'est bien gardé d'agir ainsi, il a tenu à se faire donner des pouvoirs discrétionnaires. De la sorte, suivant les circonstances et suivant les localités, le gouvernement tolère ou interdit l'exercice du ministère par les prêtres non autorisés, il replace sur leurs sièges les évêques expulsés ^u il leur refuse l'accès de leurs diocèses, il rend au clergé les subventions de l'État ou il continue à les

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leur retirer. C'est l'arbitraire pur et simple. Et ces mesures ne sont jamais prises en vue d'un adoucissement aux souffrances des catholiques, mais seulement comme un moyen d'obtenir radhésioii de leur parti à. la politique du chancelier, celui -ci étant toujours à même de lui faire en échangé quelque concession sur le terrain religieux. Il faut donc s'attendre à ce que dans deux ans, quand le terme des pouvoirs discrétionnaires sera arrivé, le gouvernement demande une nouvelle prorogation toujours pour les mômes motif^. C'est un acheminement vers l'Église gouvernementale dont l'idéal est l'Église de Byzance et à la fin du siècle dernier l'Église d'Autriche sous Joseph II. La tactique de M. de Bismarck est aussi simple qu'habile : gagner le Vatican par des promesses et l'assurance des intentions les plus bienveillantes, et n'user des pouvoirs qu'il a obtenus que pour fortifier le gouvernement contre l'Église et contre les catholiques. C'est un armistice, mais il est tout entier au profit du gouvernement prussien; il consacre le régime de l'arbitraire pour la Cour de Berlin et impose la soumission à la Cour de Rome. Mieux vaudrait peutêtre une guerre ouverte, et il est plus d'un catholique en Prusse qui préférerait pour son pays la manière d'opérer de M. Jules Ferry ou de M. Paul Bert. La guerre acharnée aux prêtres telle qu'elle

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est pratiquée an France et le système qtii oonsiete à éiever les eafants en supprimant offlciellemeat toute notion de Die« ne peut du moim laisser auoim doute sur Uis inteationa du pouvoir. Le peuple ainai traité sait od on le conduit : à lui de résister s*M le

veut.

En privant las Polonais de leurs prêtres cntbo* ligues, le gouveraement prussien n*avait pas lintention de les laisser sans ministres d*un culte. L'indifférence en matière de religion n'est pas de mode en Allemagne et on croit, au delà du Rhin, qu'il n'est pas bon qu*un peuple vive sans Dieu. Or il existe en Prusse une société protestante, dite de Gustave -Adolphe, qui subventionne la propa* gande évangélique. C'est surtout dans les pays slaves et plus spécialement dans le grand-duché de Posen et dans la Prusse royale qu^elle exerce son action. Elle dispose de plus d\in million paf tsn et, i l'aide de ces ressources, elle fonde des églises et des écoles protestantes dans les localités où la population est trop pauvre et trop peu nombreuse pour en faire les^ frais. Les missionnaires protestants étant toujours dans ces pays les pionniers du germanisme, les plus hauts personnages ée la cenr de Berlin ont, depuis une dizaine d'années^ encM* ragé de leur patronage cette œuvre de prosélytisme. A a»esure fue la Gulturkampf paralysait le mini»-

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