L EMIGRATION
cipales causes d'une aussi forte émigration. De 1815 à 1880 rémigration a été moindre et la population s'est accrue de 94,800 âmes, soit l,n pour cent par an, tandis que l'accroissement dans toute la Prusse n'a été que de 1,14 pour cent.
Bien que le paysan soit très pauvre et que la population soit très dense dans la Silésie supérieure, il n'y a qu'un bien petit nombre d'émigrants. Ce ne sont pas d'ailleurs les plus pauvres qui peuvent émigrer, il faut avoir quelques ressources pour aller tenter la fortune en Amérique. En outre, les populations de la Silésie supérieure trouvent facilement du travail dans les industries du district de Beuthen et les ouvriers qui vont travailler aux mines dans d'autres parties de l'Allemagne reviennent toujours à leurs villages.
Le gouvernement paraît dans ces régions assez indifférent à la propagande des courtiers d'agences d'émigration, car le départ des Polonais seconde singulièrement ses plans. La place laissée libre peut être aussitôt prise par des colons allemands.
Les Polonais d'Autriche n'émigrent que bien rarement. C'est dans les districts de Pilzno. Tarnow et Bochnia qu'on constate le plus de départs, et si les compagnies n'avaient pas des agents juifs et polonais dans ces localités, le paysan ne penserait pas à s'expatrier. U s'en va parce que la terre est très
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morcelée, que le prix en e«t reîatîvemwt cher, et qu*il espère avec la somme qu*il retirera de cette Tente taire de belles opérations en Amérique.
Beaucoup de Polonais de la Posnanie et de la Prusse occidentale vont chercher du travail sur le sol allemand. On peut évaluer cette population flottante à une centaine de mille ouvrier». A Berlin, il y en a plus de trente mille; le reste, remplit les usines de Westphalie et de la province Rhénane. A Essen, Bochum, Dortmund, Gelsenkirchen on les compte par milliers. On en trouve aussi beaucoup dans la province de Saxe, dans le Hanovre et dans les ports de la Baltique. Ce» ouvriers polonais, bien qu'ils soient privés dans ces provinces allemandes de prêtres sachant leur langue et qu'ils soient tout à fait dépajrsés, ne 9e trompent pas aux élections et savent bien voter pour le candidat allemand catholique. C'est grâce à leurs voix, de l'aveu môme des journaux catholiques allemands, que plusieurs députés du centre ont été élus dernièrement, et même dafts des circonscriptions qui n'avaient eu jusque là que des députés libéraux non catholiques C'est à ces ouvriers polonais que Tillustre baron de Schorletner-Alst, chef du parti catholique, doit son élection.