‹ Smilis: drame en quatre actes, en proseChapitre 21 sur 69 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les Mêmes, SMILIS, et MARTIN, qai s'est rapproché.

SMILIS, entrant du fond.

Commandant Richard ! C'est une valse. Invitez-moi !

l'âhibal.

La voici! Eh bien! madame, je vais l'interroger.

RICHARD, bas, à Pamiral.

Ne mollissons pas, mordieu ! Taille dans le vif 1

l'amiral.

Smilis! Ma chère enfant, on te demande en mariage. M. Albert Nerval me demande ta main. Je ne veux exercer aucune influence stir ta décision. Consens-tu à le prendre pour époux?

M. Albert! 11 n'aura donc jamais fini de me taquiner! Il me tourmente toujours I Pour mari ? Nous serions mari et femme? Et, comme 'je l'ai entendu dire à madame, je devrais obéissance à mon mari, c'est-à-dire à M. Albert? Ma foi non !

MARTIN, à part.

Bon!

l'amiral.

Réfléchis, ma mignonne, consulte ton cœur.

Consulter mon cœur?

l'amiral.

Tu es à rage où Ton se marie, au bon âge. C'est peutêtre un peu triste pour les parents, pour moi; mais cela ne doit pas ^arrêter. Je ne suis pas un jeune homme, moi, je peux te manquer d'un moment à l'autre ; il te faut pour l'avenir un protecteur, un mari, un brave jeune homme comme M. Nerval, qui t'emmènera loin de moi, — pas trop loin,— où il voudra!... Vous aurez une maison. Tu auras une maison, tu seras maîtresse chez toi. Ici, tu n'es qu'une enfant: tu ne commandes pas... Nous sommes de vieilles gens, un peu grognons, Martin et moi ; il est juste que nous te laissions faire ta vie. Le bonheur, c'est le mariage, vois-tu ; un compagnon et une compagne, voilà la nature et la loi de Dieu. Le bonheur, ce sont les enfants qu'on a, qu'on soigne... tant qu'ils sont tout petits, tant qu'on les prend sur son cœur, dans ses bras; c'est la joie , je te dis, la joie de Dieu... jusqu'à ce qu'ils soient grands!

Une autre maison? Être la maîtresse? Grognons, Martin et vous ! Du bonheur, loin de vous deux 1 Avoir un mari, qui m'emmène... où il voudra! J'aime mieux vous obéir à vous,... comme je l'entends! Je suis très heureuse ici, quand vous n'avez pas une vilaine figure triste, comme en ce moment! Une autre maison?... J'aime trop la nôtre, et je ne veux pas d'autre mari — que vous!

Elle jette sa tète sur la poitrine de Tamiral qui la couvre de ses bras.

MARTIN, à part.

A la bonne heure !

MADAME NERVAL

Permettpz-moi de croire encore, amiral, que cette parole d'enfant n'est pas la ruine des espérances de mon fils; il en serait vraiment trop malheureux.

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