ACTE DEUXIÈME
plus douce, la plus jolie, la plus suave de toutes !... N'estce pas, mes amis ? vous avez voulu lui dire cela, lui dire qu'elle est comme leur petite reine blanche?... Il fallait, aujourd'hui, que son peuple vint au-devant d'elle, et c'est pourquoi ma maison tout entière a fleuri comme un printemps !... Je suis bien heureux, mes amis, et je me sens venir au cœur la jeunesse de ce printemps qu'elle fait naître autour d'elle et que vous avez mis sous ses pas... (a smiiis.) Tu ne leur parles pas, toi?...
SHILIS.
Toutes ces choses que vous dites me rendent un peu confuse, et je ne sais plus que dire moi-même pour les remercier. Vous parlez toujours si bien ! et aujourd'hui mieux que jamais!
l'OFFICîER, à part.
Je crois vraiment qu'elle a de l'amour pour lui !...
Tout le monde ici m'a gâtée : je ne le méritais pas !... (a une dame.) Oh! madame, comme je vous remercie!... J'avais bien pensé que les camélias blancs venaient de votre serre !
RICHARD, entouré de plusieurs de ses amis.
Une fois encore, tes vieux compagnons d'armes veulent serrer ta main et dire aux deux époux leurs souhaits de bonheur... Elle est toute nouvelle, la vie où vous entrez ! Beau temps, bonne brise, heureux voyage !
Uamiral serre la main à tons, puis retient celle de Richard. — Les autres officiers sortent.
l'amiral.
Toi, je voulais presser ta main juste à ce moment ; je suis à l'apogée de la joie : mon cœur éclate !
RICHARD
Cher ami!... Mais je ne t'ai pas féhcité du cadeau de
noces que t*a fait notre ami, le ministre : préfet maritime à Toulon!... Es-tu content?...
Smilis surtout est ravie d'aller en Provence. Tu connais, près de Toulon, notre villa de Sainte-Marguerite?... Nous vivrons là une partie de l'année... Après le service, j'y retrouverai tous les soirs ma petite Smilis... Quelle bonne vie nous allons mener 1 N'est-ce pas, ma mignonne ?
SMlLlS.
Oh 1 oui !... J'aime tant le beau soleil et la mer, et les pins qui descendent jusqu'au bord de l'eau!... Oui, je serai contente ! (a Georges.) Vous savez qu'il y a là-bas comme en Grèce des lauriers-roses sauvages, dans le lit des torrents !... Aimez- vous la Provence, monsieur?
GEORGES
Comme votre pays, comme la Grèce, où j'ai passé plusieurs mois.
Gomme la Grèce ! Vous y avez vécu ?... Parlez-m'en !...
Elle s'éloigne un peu en causant avec lai.
RICHARD
Et à présent^ amiral-préfet, que vas-tu faire pour mon neveu ?
l'amiral.
J'y ai pensé au moment même où le ministre m'a annoncé ma nomination. Je l'ai demandé comme officier de choix et l'un de mes aides de camp à la Préfecture. C'est toi qui le lui annonceras... si tu crois qu'il consente !
Georges se rapproche d'eux. » Smilis est retenue dans un groupe dé femmes.
RICHARD, à Georges.
Georges, remercie l'amiral-préfet, tu es son aide de camp !