‹ Smilis: drame en quatre actes, en proseChapitre 32 sur 69 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

SU I LIS, gaiement.

Vous souvenez-vous qu6 Martin, à qui vous contiez cela le soir, pendant qu'il balançait mon hamac, se mit à se plaindre bien fort et réclama pour lui d'être appelé : nourrice!... £t pourtant, j'étais déjà grande, quand vous m'avez trouvée sur le bord de la mer... Mais je ne marchais guère, j'avais peur de vous et je ne pouvais pas vous fuir... Que de fois Martin m'a conté cela ! (Elle appaie sa tète sar la poitrine de Pamirai.) Je tremblais la fièvre, je frissonnais au vent de mer entre vos bras et vous me disiez : « Nous trouverons en France une petite sœur. » La petite sœur était morte; Je la remplace, n'est-ce pas? (L'amiral tressaille et pàlit,'comme frappé au cœur; il la détache de lui lentement.) Mais vous ne répondez pas! Et vous êtes tout pàlel C'est vrai... il est tard. Je bavarde et l'heure passe. Bonne

nuit, mon père 1 (Elle Inl tend son front à baiser et puis s'éloigne en se retournant pour lui sourire). Mon chcr père!

Elle sort. — Lui, immobile, le regard fixe, s'assied et demeure en proie à une sorte de stupeur. — > Martin entre.

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