SCÈNE IV
MARTliN, SMILIS.
BMILISi entrant.
Mais qu'est-ce que tu fais là, Martin?... Je t'ai bien dit de ne jamais toucher à mes ouvrages!
H4RTIN.
Ça n*est pas les ouvrages, puisque c'est le fil. Au surplus ça va être fini... encore quelques tours...
Il chante.
Marin, vire, Tire, vire, Marin, vire au cabestan.
(Smilis fait un mouvement d'impatience.) On peut aller pluS vitc! Il tourne au pas de course en dévidant et en chantant.
Marin, vire, vire, vire, Vire, vire au cabestan !
Ça me connaît... ça me connaît!
Tu es insupportable, Martin... tu vas encore casser mon fil ! Laisse donc ça ! — Au lieu de tout déranger ici, tu ferais mieux d'aller voir si le maître d'hôtel fait bien les choses comme je les ai commandées.
Smilis va au piano et feuillette des cahiers de musique.
MARTIN, bourru.
Je lui ai dit ce que vous voulez... il n'était pas content...
Pas content?... Est-ce qu*il va faire comme toi, qui D*es plus jamais content? On te surprend toujours & parler seul tout haut, ou & gronder entre tes dents!
Martin, à part.
11 y a des choses qui font qu*on radote avant Tàge.
SMlLIS.
Enfin, qu'a-t-U dit, le maître d'hôtel?
MARTIN
11 a dit : « Le diner n'était donc pas bon hier soir? »
SMII^IS, revenant.
Mais hier soir, Martin, ce n'était pas un diner, puisque c'était le diner de tous les jours... on a gardé .le commandant Richard qui arrivait après une absence de six mois, mais on ne l'avait pas invité & l'avance... tandis qu'il faut aujourd'hui tuerie veau gras en son honneur, entends-tu?
MARTIN
J'entends bien, j'entends bien... (a part.) Et puis, M. l'aide de camp sera de la fête! (Haut.) Qu'est-ce qu'il faut dire au maître d'hôtel?
A son retour appelle-moi... J'irai lui parler... cela vaudra mieux.
MARTIN
Je n'ai donc plus assez d'esprit pour répéter les ordres qu'on me donne, moi?
Eh bien, qui est-ce qui commande à bord, Martin? Est-ce l'amiral ou le matelot?
Elle remonte et prélade au piano.
MARTIN
G*est bon, c'est bon... On obéira !