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LA SOBRIÉTÉ EST LE GAGE DU SUCCÉS DANS LES AFFAIRES

La tempérance constitue dans tous les états de la vie le certificat indispensable d'honnèteté et la condition sine qua non de l'obtention de tout emploi responsable, dans les institutions financières et dans les chemins de fer etc., etc.

Il y a quelques mois, il m'était donné de constater d’une facon éloquente combien l'alcool est Ë incompatible avec le travail intellectuel, les calculs î de la finance, les agitations de la bourse et les res- | ponsabilités des grandes entreprises. Mon ami, | Mr James Greenshields, conseil du Roi, avec sa } |

générosité accouiumée, m'avait invité à prendre ie

lunch au Club Canada, dans Ja bâtisse du Stock Exchange, à Montréal. Là, dans Ja grande salle à diner, il Y avait trois cents convives qui se recrulaient parmi les marchands, les manufacturiers el Jes banquiers de Ja métropole Canadienne,

Greenshields me dit: Vous Yoyez ici des gens qui représentent au-delà de $75,000,000, Regardez et vous n'en Yerrez pas cinq qui boivent du vin pendant ou après le diner.

Cette remarque piqua ma Curiosité, et je promenai un regard circulaire Pour juger de l'exactitude de l'affirmation de mon ami. En effet, tous ces gens riches et Quasi-millionnaires s'abstenaient de vin et de bière, ne buvant que des eaux gazeuses, du lait, du thé ou du calé, Pourtant, l'argent ne leur faisait Pas défaut, et ils auraient pu aisément se donner le luxe des vins les plus riches et les plus généreux.

Mais non, ces hommes Pratiques Comprenaient que, pour réussir en affaires, on ne Saurait avoir trop de lucidité d'esprit, et que le vin, au lieu de fortifier le jugement, ne fait qu'endormir l'énergie et les facultés mentales,

Dans un autre ordre d'idées, Yoyez cette jeune fille, intéressante, belle, gentille, aimable : elle va unir son sort, dans quelques jours, à un jeune homme,

te a ———enn

Est-il riche, demandera-t-on ?—Non, mais, par contre, il est sobre.

Alors, ajoutera-t-on, ce jeune homme fera son chemin, 1} sera un bon mari, sa femme sera heureuse !

D'un autre côté, si cette jeune fille doit épouser un jeune homme riche, mais adonné à l'usage des boissons, on ne manquera pas de dire: Pauvre jeune fille! son bonheur sera de courte durée et, avant longtemps, elle versera des larmes !

J'ai connu deux jeunes filles accomplies et dont l'éducation avait été surveillée par une mère chrétienne, toutes deux charmantes et fort recherchées, car elle jelaient un vif éclat daus les cercles qu'elles fréquentaient.

Toutes deux se marièrent, à une semaine d'intervalle, l'une à un jeune homme appartenant à une riche famille. Le mariage fut brillant, les cadeaux nombreux et les invités recrutés parmi les membres de la plus haute société.

Pour certains esprits, cet éclat et celte richesse constituent des gages de bonheur, mais il n'en devait pas être ainsi.

Le mari était un clubiste invétéré, un sportman à la mode, un noceur, menant la vie à grandes guides, au milieu des compagnies douteuses et surtout dans les festins.

La douceur, les prières et la bonté de la jeune épouse n'eurent pas raison des malheureuses

habitudes du mari.

L'autre sœur fit une modeste alliance : elle épousa un jeune Professionnel APparlenant à une humble famille; mais C'était un laborieux, un ambitieux, doué de grands talents, Surtout d'une sobriété exemplaire,

En peu d'années, i] devint une célébrité judiciaire et acquit une jolie fortune, qui fut employée à faire le bonheur de son épouse et de ses enfants.

Vingt ans après,— c'était à Ja v ille de Noël, — je renContrai une femme bien mise chez laquelle tout dénotait Ja santé et l'aisance : elle se dirigeait, l'air inquiet et SOuCieux vers u Carlée de la ville, dans une v rgée. Tout

bien qu'on » Mais on leur is, le Bon Jésus UX pour y remplir Jes bas » dans une chambre à peine mme déjà vieille, dans de sombres pensées.

on et les chauds baisers de la réveiller. C'était | sœur de l'homn:e sobre qui, jouant ait apporter à la issipateur et de l'ivrogne, des aliments, des Consolations et tout ce qu'il fallait pour égayer cette triste demeure et lui

donner l'apparance d'un beau et joyeux jour de Noël.

L'ivrogne, voyez-vous, avait mangé tous son bien, où plutôt il avait bu sa fortune.

Enfin, les grandes et légitimes ambitions, celles des députés et des hommes d'État de servir loyalement leur pays, de le grandir aux yeux de l'étranger, et de le développer par de gigantesques conceptions, ne se sont réalisées qu'en autant que la sobriété et la tempérance ont été les acolytes de ces ambitions.

Citons quelques exemples, à l'honneur du Dominion du Canada !

Je voudrais que le peuple Canadien assistât à une séance tourmentée de Ja (Chambre des Communes à Ottawa. Vous y verriez, au milieu de la députation agitée, un homme qui a dépassé depuis longtemps le méridien de la vie. Il se tient là à sa banquette, digne, calme, serein. Il ne paraît pas préoccupé. Pourtant c'est à lui qu'écheoient les plus grandes responsabilités.

À 20 ans, la santé de cet homme était tellement précaire, qu'elle inspirait des inquiétudes à ses amis.

A 40 ans, les compagnies d'assurance sur la vie refusaient de l’assure:.

A 50 et quelques années, il était chef de parti, et depuis, vous le savez, Sir Wilfrid Laurier est devenu le Premier Ministre vénéré du Canada.

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