LA MORT PRÉMATURÉE
Que de soins et de préoccupalions pour recouvrer ou conserver ceite santé! On a recours à tous les moyens : hygiène, thérapeutique, voyages, vacances, repos, remèdes brc-etés, médecins éclairés, etc.
Le moindre malaise nous inquiète ; les maladies contagieuses nous effraient; les épidémies jettent l'épouvante.
Pour les écarter ou les conjurer, on se plie à toutes les ordonnances médicales, on nomme des officiers de santé, on ne regarde à aucun sacrifice ; l'argent ne compte pas, quand on est malade; les avares et les Harpagons même délient les cordons de leur bourse.
Et dire qu'il y a tant de millions de piastres dépensées pour acheter la maladie et la folie, tant de millions dépensées pour l'alcool et les boissons enivrantes, qui ruinent la santé, qui affaiblissent le corps, produisent la décrépitude et amènent toutes sortes d’infirmités !
Chaque année, il y a au Canada des milliers de victimes de l’intempérance, des milliers de personnes qui meurent d'excès alcooliques, ou qui vivent misérablement, par suite de l’ivrognerie.
N'est-ce pas là un fléau pire que la guerre et que les maladies les plus contagieuses ?
Si une maladie moissonnait chaque année, dans notre pays, des milliers de personnes, de suite il y aurait une agitation pour la réduire et en empêcher la propagation ; on verrait de toutes parts la science médicale s’ingénier à trouver des moyens efficaces pour enrayer le mal.
Mais la boisson! mais l'ivrognerie! qui assassine rend fou, qui est la cause de tant de malheurs laisse souvent bien des gens indifférents et ne Suscile pas toujours les énergies nécessaires pou lerrasser ce fléau.