Jaurès, Petite République , 13 novembre
raclion essentielle du socialisme, en attendant le millenium collectiviste, qu'on relègue volontiers dans Tombre '. »
C'est ainsi que déjà on promet de faire pour l'armée ce qu'on a proposé pour l'impôt; en réduire considérablement, sinon en supprimer absolument les charges. Le service militaire est lourd aux populations et il exige d'elles un admirable effort d'abnégation patriotique, auquel, depuis la guerre de 1870, elles ont vaillamment et généreusement consenti. Les orateurs du parti ouvrier, eux, n'ont pas hésité; ils abolissent le service militaire. La disparition des armées permanentes et leur remplacement par le « Peuple armé » forment l'article o de la partie politique du programme solennellement voté par les Congrès de Paris et de Saint-Quentin (1892) et colporté aux élections dans diverses circonscriptions. Des milices nationales seront seules chargées de la défense du territoire. Les simples socialistes opportunistes proposent « comme premier jalon » de réduire le temps de service, les uns à deux ans, les autres à un an, « en supprimant toutes les exemptions qui ne profitent qu'à la bourgeoisie. »
Ainsi soulagés de l'impôt et d'une bonne