‹ Soirées de Walter Scott à ParisChapitre 8 sur 19 · LES DRAGÉES. S5S · texte numérisé non relu

LES DRAGÉES. S5S

dent qu'il élait, passant devant rhotol de Bcaufremont, toque au front, manteau sur l'épaule et sarbacane en main, salua bien amoureusement madame sa maîtresse qui ne fit pas semblant de voir; et, piqué de cela, écrivit de gentils reproches sur un papier qu'il roula dans une pâte odoraule, nonobstant les signes de la dame; il visa si juste' avec sa sarbacane que la dragée tomba dans Tappartement, au grand eiïroi de madame de Bcaufremont, dont le mari aussitôt avança la tête à la croisée pour observer qui c'était. Mais bien que la colère apparût sur tous ses traits, il ne dit rien et ne fit rien non plus, sinon que le lendemain, ayant été au Louvre, il se plaignit au roi de l'audace du mignon, sans qu'on lui promit droit et justice. Le soir même, il se posta près des Tuileries et attendit Camille qui s'en allait en mascarade : a Monseigneur, lui dit-il si tranquillement qu'il semblait de bonne humeur, hier n'envoyâtesvous pas chez moi une dragée? » Et comme l'autre hésitait à répondre, il ajouta : a Je ne suis pus homme à vous en faire tort, et veux vous la rendre. » A ces mots, il lui tira à bout portant un coup de pistolet qui retendit mort, de sorte que le sourire lui restait encore à la bouche. Le roi laissa cette aflairc s'assoupir d'elle-même, crainte des suites.

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