‹ Sols, terres et composts utilisés par l'horticultureChapitre 105 sur 173 · FRUITIERS · texte numérisé non relu

FRUITIERS

Corylus avellana, Juglans regia.

nigra.

Gordonianus.

Quelques-uns peuvent contenir jusqu'à 90 0/0 de carbonate de chaux. Néanmoins, un sol peut présenter les propriétés d’une terre calcaire en ne contenant que 60 à 75 0/0 de carbonate. Au point de vue physique, on peuttrouver dans les sols calcaires des exemples de tous les différents aspects; rocheux, pierreux ou sableux. Ce sont des terres perméables en général, non susceptibles de retenir et d'absorber les eaux pluviales ; la capillarité peut y être active. Arides, brülantes et sèches en été, elles sont boueuses et froides en hiver, absorbent mal les rayons caloriques, sont souvent mobiles, poussiéreuses et peu agréables à cultiver.

Au point de vue chimique, elles sont généralement pauvres en azote et en potasse; l'acide phos-

phorique et la magnésie v font parfois défaut. Ce

sont des sols qui peuvent être améliorés surtout par des fumures organiques répétées, des apports de sels potassiques et des superphosphates.

Terrains calcaires rocheux. — On ne trouve pas de sols calcaires rocheux importants, avant l'étage du Lias qui fournit les roches calcaires bleuâtres et bon nombre de terrains argilo-calcaires. La formation Majocienne affleure à Alise-Sainte-Reine (Alésia) et a donné naissance à des sols difficilement eultivables, parsemés de blocs rocheux. On ne peut y constater qu'une maigre végétation de Graminées ; dans les fissures des roches se glissent les racines

de Chênes et de Hêtres. On a pu réussir sur des terrains identiques des plantations de Pins noirs d’Autriche et de Pins sylvestres dans les environs de Langres. Les sols calcaires rocheux de la Haute- Marne, qui, en grande partie appartiennent à l'étage Bathonien, se caractérisent par la présence du buis et du Cerasus Mahaleb.

Sur ces mêmes terres se voient dans la Meuse de maigres forêts de Chênes pédonculés qui sont presque tous couronnés avant d’avoir atteint leur entier développement.

Le Jura nous présente d'immenses collines ; énormes masses de calcaires appartenant à l’étage Corallien.

Dans les parties basses l’agriculture à soumis les quelques terres à éléments fins à la culture arable; on y voit quelques céréales et parfois du Maïs, les petites Légumineuses y abondent. Sur les pentes les Epicea et les Hêtres croissent dans les parties un peu humides.

Les roches calcaires Jurassiques du sud de, la France ont un aspect général grisàtre ; on y cultivait autrefois la Vigne avec succès de même que dans le Lot et dans l'Aveyron; mais malheureusement aujourd'hui les Thyms et les Lavandes garnissent seuls les champs désolés. Les calcaires rocheux de la Lozère, des gorges du Tarn, des environs de Montpellier et de la région des garrigues sont presque infertiles.

Terrains calcaires caillouteux. — Ils sont abondants dans beaucoup de parties de la France, et portent le nom générique de Champagnes. Ces terres manquent surtout de matières organiques et de po-

tasse et peuvent être heureusement modifiées par une agriculture entendue. Nous citerons la champagne du Berry et les plaines calcaires de la Marne. Sur beaucoup de points, la culture du seigle a disparu faisant place à celle du blé. Quand l’eau ne manque pas, on peut y établir avec succès des praiïries de Trèfle mélangées d'Anthyllide vulnéraire.

Dans une partie de la Haute-Marne, la culture de terres de cette nature est très difficile. On en trouve encore des exemples dans les Charentes; les anciens cépages qui pouvaient croître dans ces sols produisaient les cognacs les plus renommés, mais malheu reusement ils ont presque complètement disparu depuis les attaques du phylloxéra.

Terrains calcaires graveleux et sableux. — Ils Sont en général meubles, assez perméables et relativement faciles à cultiver. Cependant, ils se dessèchent très rapidement en été et forment après les grandes pluies des boues gluantes.

Sous n'importe quelle forme, il est toujours avantageux d'y incorporer de l'humus et très souvent aussi de la potasse.

Dans les formations Jurassiques, nous trouvons une partie de la champagne du Berri. Les terres y sont parfois très épaisses et assez bonnes en général; les luzernières y sont prospères et la végéta tion fort belle.

Sur l'Oolithe repose presque complètement la plaine de Caen, si remarquable par ses prairies artificielles; on y récolte en abondance le Trèfle, le Sainfoin et la Luzerne. On peut trouver en France du reste dans un grand nombre d'étages géologiques des formations calcaires sableuses, on peut y joindre

les amas coquilliers marins fossiles, les faluns communs en Touraine et à Grignon (Seine-et-Oise). Nous indiquerons quels sont les moyens d'améliorer ces terres ; elles ne sont souvent utilisables qu'au point de vue sylvicole. Pour l'horticulture proprement dite, elles sont peu agréables à rencontrer quoique leur amélioration soit possible, mais en général lente et coûteuse.

À titre d'exemple voici des analyses de sols calcaires des environs de Vitry (Seine) que nous devons à l’obligeance de M. Camille Defresne.

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