‹ Sols, terres et composts utilisés par l'horticultureChapitre 148 sur 173 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Arrivé au terme de ces études, notre premier devoir sera de remercier le lecteur attentif qui a voulu malgré l’aridité du sujet nous suivre jusqu à la fin, et, nous nous estimerons particulièrement heureux, Si nous avons pu, Saper en passant quelques-unes de ces souches de préjugés qui entravent la route du progrès etsurtout attirer l'attention de nos confrères sur ces questions qui seront certainement prises eu haute considération par l'Horticulture de l'avenir.

Quand nous examinons le faible bagage des connaissances acquises ; nous restons effrayé devant la masse d’études et de recherches à entreprendre avant de voir poindre le flambeau de la vérité.

La chimie horticole, notre science, est encore dans l'enfance et combien de générations de chercheurs seront-elles nécessaires pour seulement déblayer le terrain des idées surannées et reposer nos idées de vie végétale sur des bases solides. L’Agronomie à fait faire assez de progrès à l'Agriculture depuis quarante ans pour que nous voyions l'avenir couleur de rose.

Les idées nouvelles qui ont changé les procédés de culture, amélioré les rendements, favorisé des commerces comme celui des engrais, dont les tran-

sactions annuelles se chiffrent par dizaines de mil-

lions et ont eu pour conséquence d'accroître le patrimoine National, nous semblent plus faciles à appliquer à l'horticulture et à la culture maraîchère qu'à la grande culture des champs. Les conditions de culture, de milieu, le prix élevé des produits, tout favorise l'horticulteur.

L'enseignement des agronomes, nos maîtres, produira de fécondes semences qui commencent çà et là à germer au milieu de la jachère; au plus grand profit de nous tous horticulteurs, qui devons voir dans leurs idées comme autant de fanions autour desquels nous nous réunirons pour lutter contre les préjugés et sortir de la routine.

Malheureusement, quand on vient à examiner les recherches à tenter et l'immense somme de travail à produire avant d’avoir des idées exactes sur la vie, même d’un nombre très limité de plantes, on reste effrayé. Et, on se rend bien vite compte quel'initiative individuelle est impuissante à vaincre de pareilles difficultés. Les recherches sont trop longues et demandent de trop précises analyses, qui ne peuvent être exécutées que par des chimistes exercés, pourvus d’un bon laboratoire, puis de lentes expériences pour passer de la théorie à la pratique, expériences qui nécessitent des connaissances horticoles étendues.

Ce n’est pas au praticien qu’il faut demander des recherches scientifiques supplémentaires à son

œuvre journalière; pas plus qu'au commerçant absorbé par ses affaires.

Comme. nous n'avons malheureusement pas, en France, comme en Amérique, de généreux Mécènes qui mettent leurs millions au service de la science;

nous ne pouvons demander qu’au gouvernement de soutenir notre jeune science et faciliter son développement.

Il y arriverait rapidement en modifiant tout d’abord l’enseignement officiel actuel de l'Horticulture.

Le niveau des études à l'Ecole Nationale de Versailles devrait être élevé ou tout au moins une section d'enseignement supérieur pourrait y être créée.

Les élèves qui sortiraient de cette section, après y avoir étudié à fond les sciences naturelles, physiques et chimiques et abordé les divers problèmes de la physiologie végétale, de la chimie agricole et horticole diffuseraient rapidement les notions acquises et les étendraient rapidement à leur tour. Si l’on pouvait ajouter à cela la création de plusieurs stations analogues aux stations agronomiques, mais spécialement affectées aux études horticoles, on ferait un grand pas. Nous avons bien le laboratoire de recherches de l'École de Versailles; mais, il y est actuellement difficile paraît-il, malgré le zèle déployé, d'y faire des recherches, faute... de crédits ou de personnel. Peut-être un jour les Sociétés d'Horticulture s'unissant en une ligue, imiteront-elles les Sociétés d'Agriculture en créant des laboratoires techniques qui, dirigés par des savants éminents, seront appelés à étudier nombre de questions touchant à la vie et aux ennemis des plantes et répandront la lumière scientifique par leurs travaux et leurs publications.

Le jour où ces diverses améliorations seront un fait accompli, l'Horticulture Nationale, conseillée par la science, dominera la concurrence étrangère et puissamment productrice, accroîtra la richesse de la Nation.

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