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PULVÉRISATION DES SOLS

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Modification des propriétés physiques des terres.

La grosseur des particules terreuses influe beaucoup sur les propriétés physiques des terres. Les opérations culturales en agriculture ont le plus souvent pour but l’émiettement et la pulvérisation du sol. En horticulture, ces divers travaux peuvent être exécutés avec une perfection et une précision encore plus grande, les masses de terres à travailler étant beaucoup plus facilement accessibles et de volumes généralement moindres. Il y à toujours avantage évident à obtenir une pulvérisation aussi parfaite que possible, et à assurer une perméabilité très grande du sol. Il faudra pour les terrains en place opérer des défoncements aussi importants qu'on peut le faire. Dans ce cas, éviter de mélanger les couches profondes aux couches superficielles du sol et opérer un brassage complet des parties moyennes. Cest à ce moment qu'il convient d'exécuter les travaux de drainage ; à ce propos, plus le sol est meuble, plus les drains doivent être enfoncés. On aura un avantage très réel, en créant un jardin potager, à construire une citerne dont les dimensions soient en rapport avec la surface arrosée. Cette citerne sera . placée à la partie la plus basse du jardin. Le collecteur de tous les drains y aboutira. L’eau de la citerne servira avec les plus grands avantages aux arrosements. La perte des matières fertilisantes (azote nitrique 152 fr. par hectare et par an) par entrainement dans le sous-sol sera ainsi de beaucoup diminuée et la plus-value des produits obtenus fournira amplement l'intérêt des sommes engagées dans des travaux de ce genre qui sont quelquefois nécessaires,

même en dehors de ces considérations, quand le sous-sol est peu perméable par exemple.

Sablages.

Quand les terres sont argileuses ou simplement le sous-sol argileux, il est peu utile de procéder à des défoncements, car après peu de temps la terre redevient compacte ; il ya grand avantage à y introduire un corps inerte pulvérulent comme du sable siliceux. L'apport de sable, dans ce cas, augmente la perméabilité, diminue le retrait et la cohésion facilitant ainsi les opérations culturales. Il faut pour obtenir un résultat utile que le sable soit introduit en proportions considérables, de 5 à 15 0/0 du poids du sol. En agriculture, l'opération du sablage est impossible à effectuer à cause de son prix de revient qui est très élevé; mais, en petite culture, il ne faut pas hésiter à l’entreprendre quand on se livre à la production de légumes ou de fruits.

Une opération de ce genre ne peut être utilement entreprise qu'au moment de la création d’un jardin dans un sol argileux, elle devra précéder le drainage. Il faut estimer la profondeur de la couche active et productrice du sol. Soit un terrain de 100 mètres carrés, d'une profondeur utile de 40 centimètres.

La terre pèse 1.100 kilos par mètre cube, donc 6.800 kilos. Pour sabler à 10 0/0 il faudra # mètres cube de sable à 1.400 kilos, soit 5.600 kilos. Pour incorporer le sable, on ouvrira une jauge de 2 mètres de largeur sur toute la longueur du terrain avec une profondeur de 20 centimètres ; cette terre sera rejetée en tas en arrière et on incorporera le sable au soussol d’abord en rejetant la couche supérieure à sa

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place, on la mélangera de sable, et ainsi de suite. Les labours ultérieurs rendront le mélange plus homogène.

Dans certains cas, on peut disposer d’escarbilles de foyers, de grosses cendres pierreuses et de mâchefers concassés; on peut les utiliser avec de grands avantages quand le prix de revient en est faible.

Ces opérations qui sont possibles seulement sur de petites surfaces sont parfois très avantageuses. Quelquefois, on se trouve en présence de terres essentiellement siliceuses. Ces sols, brülants en été, froids en hiver, trop perméables et très peu doués de cohésion, sont difficiles à cultiver ; on peut les améliorer en leur ajoutant en grande quantité de l’'humus; on pourrait leur ajouter de l'argile, mais la dissémination de cet élément est difficile. I vaut mieux alors épandre une marne si toutefois les cultures que l’on désire y entreprendre n'ont pas à redouter l'apport de calcaire. Nous nous étendrons un peu plus loin sur l'apport de la marne.

Un très bon procédé d'amélioration est dans ce cas le colmatage, il faut disposer d'eaux limoneuses que l’on laisse filtrer ou séjourner sur le sol. Il se dépose un limon fertilisant des plus propices à la modification des propriétés physiques du sol. En effet, le . limon contient en général de l'humus, mais ce mode opératoire ne peut être suivi que dans quelques cas

très particuliers. | |

CHAULAGES, MARNAGES

Quand on a à cultiver un terrain argilo-siliceux, on a grand avantage dans la plupart des cas à y incorporer du calcaire. On peut procéder de différentes façons. Si la terre est très argileuse, on doit apporter

de la chaux; si elle est plutôt siliceuse, il vaut mieux amener de la marne. Dans le premier cas, on peut utiliser aussi les sables coquilliers calcaires, les faluns, les tangues et avantageusement parfois aussi le plâtre.

Nous considérons donc : 1° le cas d'une terre silicoargileuse, riche en matières organiques. Nous emploierons la marne dans ce cas et une marne siliceuse autant que possible. La quantité de marne à épandre varie avec la proportion initiale de calcaire contenue dans la terre. Plus la terre est siliceuse, moins il faudra mettre de marne; de même la dose sera d'autant plus élevée qu'on dosera plus d’'humus et surtout d'argile dans le sol. Il semble que les terres sableuses contiennent assez de calcaire quand elles dosent 1/100; par contre, quand le sol est argilosiliceux, il y a avantage à amener la teneur en carbonate de chaux à 5 et 60/0.

Il est bon de procéder à un dosage initial de la quantité de carbonate de chaux contenu dans la marne utilisée. Soit une marne contenant 70 0/0 de carbonate de chaux, nous sommes en présence d’une terre qui contient 0,08 0/0 de calcaire et nous désirons élever sa teneur à 2 0/0, la profondeur du sol cultivé est de 35 centimètres. Il faudra en ajouter 0 m.c. 370 par are.

Le marnage est dans un très grand nombre de cas une opération excellente et souvent peu coûteuse ; le prix de la marne varie de 1 fr. 50 à 3 francs le mètre. Toutes les fois que le sol contient beaucoup d'humus, il faut avoir recours au marnage au lieu du chaulage qui agit chimiquement avec une grande rapidité et peut être nuisible dans beaucoup de cas. Le carbonate de chaux contenu dans la marne agit

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au point de vue physique grâce à sa solubilité dans l’eau chargée d'acide carbonique pour coaguler l'argile, la fixer et la maintenir au contact des particules de sable.

La présence du calcaire active l'oxydation de l'humus et l'acide carbonique produit de cette oxydation dissout le carbonate de chaux. |

Quand le sol est essentiellement argileux et cependant riche en matières organiques, on a intérêt à le marner avec des calcaires durs, les faluns ou les tangues coquillières calcaires rendent le sol plus perméable. Les matières organiques ne sont pas rapidement décomposées et la pénétration de l’eau est rendue plus facile.

En présence d'une terre essentiellement argileuse, il ne faut pas hésiter à employer oula chaux vive ou la chaux éteinte. La chaux permet la coagulation de l'argile, ce qui à une influence très grande. En effet, les particules argileuses coagulées ne sont plus aptes à être en suspension dans l’eau et à s'opposer ainsi à la perméabilité ; le sol devient ainsi plus facilement aéré et les racines peuvent y respirer. La plasticité de l'argile est détruite et la cohésion de la terre diminue; son travail est dès lors beaucoup plus facile. Le retrait y devient aussi moins énergique et la désagrégation des matières organiques par suite de l’aération rapide est de beaucoup activée, les ferments aérobies pouvant y vivre.

Nous avons dit que l'on peut apporter la chaux à l'état de chaux éteinte ou de chaux vive; il semble particulièrement avantageux souvent de disposer sur le terrain des blocs de chaux vive et de les recouvrir de terre. La chaux se délite peu à peu; on recoupe les tas en les mélangeant de plus en plus de

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terre, puis on épand à la pelle et on mélange par un labour.

Pour une terre très forte, on peut chauler à raison de 15 à 25 litres par are; sur une terre argileuse très riche en humus, jusqu’à 35 litres par are.

Il faut se rappeler en chaulant le vieil adage : la chaux enrichit le père, mais peut ruiner les enfants.

En effet, la chaux mobilise rapidement tout le stock des matériaux fertilisants et appauvrit beaucoup la terre en matières organiques. Sion ne prend garde, l'effet de chaulages successifs peut être désastreux.

Dans nombre de cas, quand il faut chauler une terre argileuse, 1l y a grand avantage à apporter une certaine quantité de chaux sous forme de plâtre. Le plâtre détermine des réactions chimiques qui ont pour effet de mettre en liberté une partie de la potasse contenue dans les silicates qui constituent l'argile. Nous nous en occuperons particulièrement en étudiant les propriétés chimiques des terres.

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