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GïUSEPPE PïTf(Ê
Mîo earïstîmO)
A voler signîfieare la partecipaxione alla gioja dei novelli sposi è an'iuanza gentile dedicar loro qualehe serittura inedita o rara del buon seeolo délia nostra ^iogua, o di aatore illustre. Plainlendo di eaore a questa osania, t'offro pcl giorno délie tue nozze una înterpretaxione d'un passe di Dante ehe il nostro dotto ed illustre amico, G. F. Bergmann, m'ha fatto tenere, sebbenc da lui scritta in una lingoa straniera^ aflBnchè, pubblicandola) unisea ai miei i suoî augurj per la felieitA tua.
lo, ehe t'ho atuto sempre nel euore^ spero che gradirai e farai gradire alla tua Spo8a,alla quale non meno che a te auguro le maggiori eontentezze, il tenue dono in argomento di affetto, e vorrai sempre bene
rtoto^ 14 Aprile 1877.
Il tuo
MATTIA DI VARTINO
I. Soas la condaite de Virgile Dante est arrivé fiux abords de l'Enfer ou dans les Limbes. Il y entend d'horribles exclamations dans différents idiomes, des voix aiguës et des voix indistinctes [voci alte e floche], accompagnées da battement des mains s^entrechoqaant par désespoir. Ces bruits conftis produisent un tumulte qui, du fond de l'Enfer jusqu'en haut^ tourbillonne dans cette atmosphère éternellement rembrunie (senza tempo tinta), comme s'enroule la poussière de sable quand il vente en tourbillon (quando spira a tur-
bo). Dante qui par suite de ce tumulte a la tète enceinte ou pleine d'étourdissement (la testa cinta d'errer) demande à son guide quelles sont ici ces ombres qui poussent ces cris perçiants. D'après les paroles peu explicites de yirgile,'il compreùd que les unes de ces ombres sont celles des Payons qui dans leur vie ont manqué d'énergie de vo« lonté, pour le bien ou pour le mal, qui n'ont fait rien de remarquable ni en bien ni en mal, et ne méritent par conséquent que l'oubli, le dédain et le mépris, et que les autres ombres, mêlées à celles-là sont les âmes dés Chrétiens, qui, sans être méchants^ n'avaient pas la fois ferme, qui, comme dit l'Apocalypse, ne sont né chauds né froids, et qui, laps et relaps, ont renie le Saint Esprit et la Grâce divine. Virgile qui, comme payen, est dominé par l'idée de l'excellence de la gloire et éprouve un souverain mépris pour eux qui ont vécu sans renommée, a hâte de quitter le séjour de ces ombres, et dit à Dante de ne pas parler d'elles longtemps, de jeter sur elles un regard rapide et dédaigneux, et de pas*
ser outre (Non ragiontam di lor; ma guarda e passa).
IL^^VigHe regarde, sans d'abord bien compreû- ^ Xit44^ dre ce qu' il voit. Il voit une enseigne, c'est a dire une ombre qui, à la tète d'une grande troupe, porte une enseigne; il en conclut, à part soi, que cette ombre doit être celle d'un homme remarquable qui dans sa vie terrestre a été un guide^ un porte-drapeau, un chef de parti, un prince. Ce prince porte-drapeau courrait rapidement; Dante devait en conclure que cette course rapide, lui était ici énfligea comme punition de ce que, dans sa û» terrestre, il avait eu l'esprit L- ^^ toujours inquiet. De plus, en courrant, il se tournait sans cesse, sur lui*mème (correva girando): indiquant ainsi que, semblable à une girouette, il avait changé souvent d'avis, de parti, de foi, €t de conviction. Enfin ce tournoiement incessant était si rapide que celte ombre semblait se refuser vobnlaîrem^ty comme indigne d'elle, à toute fixité raisonnable (pareva ind^na d'ogni posa) lat.4ndignans omnem requiem).
/^ III. La foule innoml/able de gens qui suivait
le chef-girouette devait avoir eu dans la vie ter-
J£y restre évidemment le mèmjil défaut ou vice, mais à un degré moindre^que leur guide porte-drapeau; comme lui ces âmes devaient avoir manqué de fixité. Ces ombres étaient excessivement nombreuses; et effectivement, dans l'histoire de l'humanité, les âmes qui n'ont pas de foi politique et religieuse, qui ne savent pas agir, et qui, par conséquent, ne se sont signalés ni par la re-
/ L . nommé n^ par l'infamie, ont formé de tout temps la grande majorité des mortals. Ces ombres ne s'etant pas rendu coupables dans leur vie terrestre d'une aussi grande inconstance et variabilité comme leur chef-girouette, elles ne sont pas, non plus, ici punies aussi fortement que lui; elles ne tournent pas comme lui incessamment sur elles^ / UL. mêmes, elles courent siielement, dans une agitation continuelle, après leur chef tournoyant.
lY. Jusque là Dante, d'après l'indication sommaire de Virgile, et d'après ce qu'il vient de voir lui-même, n'est pas ancore arrivé à savoir
au jusle quelle est la personne du chef portedrapeau, ni de quelle espèce sont les âmes nombreuses qui le suivent; mais il devine, tout à coup, Tun et l'autre, à la suite d'une induction tirée de la reconnaissance que voici. Dans la foule il voit un individu qu' il connaissait et reconnaissait parfaitement (ebbi alcun riconosciulo); il savait combien cet individu avait le caractère indécis, vacillant, inconstant, combien il manquait de volonté ferme et de foi politique et religieuse. Il comprit aussitôt que cet individu expiait précisément, ici dans les Limbes, son défaut de ca* raclère; il sut en môme temps que la foule, dans laquelle cet homme se trouvait, avait les mêmes défauts que lui, et que par conséquent leur chef porte-drapeau avait été, plujf que les autres, dans /*' , sa vie, le type d'une girouette en politique et en religion. Se rappelant k l'instant le personnage qui dans Thisloire primitive de la chrétienté est signalé principalement comme un prince laps et relaps, manquant de foi solide, comme renégat et apostat de la foi chrétienne, il comprit, en
voyant maintenant le chef giroaette, qne était là Tombre de celui qui avait composé la fameuse réfutation, par suite de sa vile inconstance (per vil ta le).
Y. Si Dante ne prononce pas le nom de ce chef, auteur de la réfutation, il le fait, d'abord, parce qu' il suppose que tout esprit quelque peu instruit Taura divine aussi bien que lui même, et, ensuite, parce que, obéissant à la recommandation de Virgile de dédaigner les pécheurs qui sont en sa présence, il ne veut pas faire Phonneur à ce chef-girouelte de le nommer, ni contribuer, en le nommant, à sa renommée détestable. Mais malgré le silence de Dante, le nom de ce personnage n'est plus pour nous une énigme; nous savons que ce chef-girouette, qui a composé la fameuse réfutation n'est autre que l'Empereur Julien V Apostat, En effet, pendant son expédition contre la Perse en l'année 362-363 cet empereur a écrit et publié ses discours contre les Chrétiens (hoi kata ton Christianén logoi) en sept livres, dont les trois premiers portent le litre spécial de Rm-
versement (ou Réfalation) des Evangiles (Ânastrofô ton Evangeliôo). Dante, sans avoir la cet ouvrage le connaissait de réputation, et de même qu'eu parlant d'Averrhois (Ibn Ruscfad), il dit avec éloge (Inf.iy,144) < che il gran commente ("pour commentazione) feo, » il désigne ici, avec blâme, Tempereur Julien l'apostat, en disant c che fece per viltate il gran rifiuto » (pour rifiutazione). (Strasbourg, Août 1873).
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